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L'affaire de Villiers redonne des couleurs à l'opposition

reuters.com

Publié le 19 juillet 2017 à 16:31 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:10

L'affaire de villiers redonne des couleurs a l'opposition

L'affaire de villiers redonne des couleurs a l'opposition

POOL

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - L'opposition française de droite comme de gauche a profité mercredi des remous provoqués par la démission du chef d'état-major des armées pour reprendre de la vigueur face au président sur le thème du hiatus entre Emmanuel Macron et les militaires.

La crise liée à la baisse des dotations aux armées qui couvait depuis plusieurs jours entre le chef de l'Etat et Pierre de Villiers s'est soldée par la démission du général, en poste depuis 2014, et son remplacement par le général François Lecointre.

La droite républicaine, première force d'opposition à l'Assemblée sonnée par sa défaite à la présidentielle et aux législatives, a attaqué l'Elysée sur le double thème du budget de la Défense, jugé insuffisant pour faire à l'armée de mener à bien ses missions, et de l'autoritarisme du président.

"C'est une fracture forte avec l'armée, dont on n'a pas besoin en ce moment", a estimé devant la presse l'ancien ministre LR Eric Woerth. "C'est assez contradictoire avec l'image que veut donner de lui le président de la République qui est un jour dans un sous-marin, le lendemain dans un avion, et sur tous les théâtres internationaux en train de serrer la main des chefs d'Etat".

Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, a salué l'attitude de Pierre De Villiers, qui a agi selon lui "en homme d'honneur face à un président de la République qui, par ses décisions budgétaires, affaiblit l'Etat dans sa capacité à conduire ses missions régaliennes."

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Une fois n'est pas coutume, le président du groupe Nouvelle gauche, qui regroupe essentiellement des socialistes laminés lors des derniers scrutins, a fait applaudir le général par une grande partie de l'hémicycle, rangs de l'aile droitière des républicains compris, lors des questions au gouvernement.

Evoquant une "crise de confiance" doublée d'une "crise démocratique", le socialiste Olivier Faure a dénoncé le "pouvoir personnel" du président et "la violation des droits du Parlement" représentée selon lui par les fuites des propos tenus par Pierre de Villiers devant la commission de Défense de l'Assemblée, qui ont alimenté l'ire présidentielle.

DE VILLIERS "A FAIT SON DEVOIR", DIT CORBIÈRE

Même l'extrême gauche, pourtant de culture antimilitariste, a pris la défense de l'officier démissionnaire.

"Je considère que le général de Villiers a fait son devoir", a ainsi déclaré à Reuters Alexis Corbière, député de La France insoumise. "Son devoir, c'est de s'exprimer librement, sérieusement, précisément devant la représentation nationale et en l'occurrence la commission de la Défense."

A l'extrême droite, le député Front national Gilbert Collard a qualifié sur Twitter le départ de l'officier de "claque d'honneur dans la figure fixe et prétentieuse de Macron !"

Pour Marine Le Pen, "cette démission illustre les dérives très graves et les limites très inquiétantes de M. Macron, aussi bien dans son attitude que dans sa politique."

Même dans les rangs de La République en marche, la déception était perceptible chez Jean-Jacques Bridey, président de la commission de la Défense de l'Assemblée.

"Cette démission n'était pas prévue", a dit à Reuters l'ancien élu socialiste passé sous la bannière présidentielle. "Je regrette. Je l'ai dit plusieurs fois au général de Villiers que sa démission n'était pas envisageable, n'était pas d'actualité. Je n'ai pas été assez convaincant pour le persuader de rester."

Thierry Solère, député "constructif" de la droite, a tenté de ménager la chèvre et le chou en défendant à la fois l'attitude de l'Elysée et le choix de Pierre de Villiers.

Si ce dernier "est en désaccord avec ce que propose le pouvoir politique - le chef des armées qui est le président de la République - il en tire les conclusions, c'est son droit le plus légitime. Il l'a fait", a-t-il dit à la presse.

"Loin des polémiques, ce que je souhaite c'est que durablement notre pays consacre à la dépense militaire [des]moyens suffisants", a ajouté l'élu de droite "macron-compatible".

(Elizabeth Pineau, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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