Des navires italiens dans les eaux libyennes d'ici fin août
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Des navires italiens dans les eaux libyennes d'ici fin aout
Stefano Rellandini
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Des navires italiens dans les eaux libyennes d'ici fin aout
Stefano Rellandini
ROME (Reuters) - L'Italie pense déployer plusieurs bâtiments dans les eaux libyennes d'ici la fin du mois prochain pour lutter contre les passeurs et endiguer le flot de migrants à destination de l'Union européenne, apprend-on jeudi dans l'entourage du gouvernement.
Le gouvernement doit approuver vendredi un plan en ce sens. Le Parlement devrait avaliser la mesure la semaine prochaine. La mission pourrait commencer "d'ici fin août", ajoute cette personne. La marine italienne n'a besoin que de "quelques heures" pour organiser le déploiement, fait-on valoir.
Selon le Corriere della Sera, la mission sera composée d'un vaisseau de commandement à la tête d'une flottille d'au minimum cinq bateaux, soit un total de 1.000 marins. Des avions, des hélicoptères et des drones seront également utilisés.
Le nombre exact de navires et de personnes participant à la mission n'est pas encore fixé, nuance-t-on dans l'entourage du gouvernement.
Les règles d'engagement, la zone côtière qui devra faire l'objet des patrouilles et la nature de la coopération avec les forces de sécurité libyennes ne sont pas non plus encore complètement établies, ajoute-t-on.
Le président du Conseil italien Paolo Gentiloni a eu jeudi une réunion ministre avec des responsables militaires et des ministres pour discuter "sécurité, immigration et de la situation en Libye", indique un communiqué du gouvernement.
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EN TOUTE IMPUNITÉ
Mercredi, Paolo Gentiloni avait indiqué que le gouvernement libyen d'union nationale (GNA) avait demandé à l'Italie de lui fournir un soutien naval pour lutter contre le trafic de migrants dans les eaux territoriales libyennes.
Tripoli refusé depuis 2015 l'accès à ses eaux à la mission Sophia de lutte contre le trafic humain de l'Union européenne, ce qui nuit à la lutte contre les passeurs et l'immigration clandestine.
En conséquence, quelque 600.000 migrants sont arrivés en Italie par la mer en provenance d'Afrique du Nord depuis 2014.
La plupart sont partis de Libye, où les passeurs opèrent en toute impunité compte tenu du chaos dans lequel est plongé le pays depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011.
Dans le cadre du nouveau plan, les migrants pris par les bâtiments italiens - au cas où la garde-côtes libyenne ne pourrait pas intervenir directement - seront renvoyés en Libye et non plus emmenés en Italie.
Actuellement, les migrants qui parviennent à atteindre les eaux internationales sont emmenés en Italie parce que la Libye n'est pas considérée comme un lieu sûr pour les réfugiés et les y renvoyer constituerait une violation du principe international de non refoulement.
Mais, parce que la garde-côtes libyenne renvoie les migrants dans des centres de détention où ils sont détenus indéfiniment dans des conditions "inhumaines", selon les Nations unies, l'Italie veut que les agences de l'Onu développent leur présence sur place et gèrent des camps de migrants qui respectent le droit humanitaire, explique-t-on dans l'entourage du gouvernement italien.
Le président français Emmanuel Macron a pour sa part déclaré jeudi que des "hot spots", des centres d'examen des situations des candidats à l'asile, seront créés dès cet été en Libye si les conditions de sécurité le permettent.
(Steve Scherer; Danielle Rouquié pour le service français)
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