Jour de vote meurtrier au Venezuela, la participation contestée
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Journee meurtriere au venezuela ou les electeurs ont boude les urnes
Carlos Garcia Rawlins
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Journee meurtriere au venezuela ou les electeurs ont boude les urnes
Carlos Garcia Rawlins
par Alexandra Ulmer et Anggy Polaco
CARACAS (Reuters) - Le Venezuela a une fois de plus traversé une journée meurtrière alors que les électeurs étaient appelés à élire Assemblée constituante qui devrait octroyer des pouvoirs élargis à l'impopulaire président Nicolas Maduro.
Le pays d'Amérique du Sud, plongé dans une grave crise économique, est ébranlé depuis début avril par un large mouvement de contestation du pouvoir socialiste en place qui a fait plus environ 120 morts.
Les autorités affirment que dix personnes ont péri dimanche lors de manifestations émaillées de violences tandis que l'opposition affirme que le bilan est d'environ 12 morts, un niveau sans précédent depuis le début en avril de la campagne de manifestations.
Les autorités ont confirmé le décès au cours du week-end de deux adolescents et d'un candidat à l'Assemblée constituante, tué à son domicile dans l'Etat de Bolivar.
Sept policiers ont été blessés dans une explosion à Caracas lors d'une manifestation, ont annoncé les autorités. Plus de 230.000 soldats ont été déployés pour protéger les bureaux de vote.
Maduro, qui a voté dès 06h00 du matin, présente ce scrutin comme le meilleur moyen d'apaiser ce pays de 30 millions d'habitants, et de mettre fin à ce qu'il appelle une "insurrection armée".
Pour l'opposition, qui boycotte le vote, il n'est que la dernière étape en date de la mise en place d'une dictature. Selon ses estimations, la participation n'a été que de 12% mais le gouvernement s'apprêterait à annoncer près de 8,5 millions de votants, soit une participation de plus de 40%.
Les employés du secteur public, au nombre de 2,8 millions, ont subi de fortes pressions pour aller voter.
Des employés de la compagnie pétrolière publique PDVSA ont reçu des textos leur demandant d'envoyer leur numéro d'identification une fois leur devoir électoral accompli, ont rapporté deux sources.
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CONDAMNATIONS RÉGIONALES
La Constituante, prédit l'opposition, permettra à Nicolas Maduro de dissoudre l'Assemblée nationale, où les opposants sont majoritaires depuis les élections législatives de décembre 2015, de retarder la tenue de prochaines élections et de réécrire la loi électorale afin de se maintenir au pouvoir.
Le scrutin, qui fait suite au report d'élections régionales et au refus répété du chef de l'Etat de tenir compte des décisions du Parlement, a été condamné par de nombreux pays.
Les Etats-Unis, premier marché pour l'industrie pétrolière du Venezuela, ont sanctionné cette semaine 13 responsables de Caracas et promettent d'autres mesures de rétorsion économiques, notamment sur ce secteur. et
L'émissaire américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a qualifié sur Twitter l'élection de "mascarade", et jugé qu'elle représentait une "nouvelle étape vers une dictature". Le département d'Etat américain a promis des "mesures fortes et rapides contre les architectes de l'autoritarisme".
La Colombie voisine a prévenu qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats du scrutin, tout comme l'Argentine. Le Pérou, le Brésil et le Chili ont appelé à un retour au dialogue pour restaurer la démocratie.
"D'ici demain, il sera clair que ce n'est pas seulement une fraude constitutionnelle mais aussi la plus grande erreur historique commise par Maduro et sa bande", a déclaré samedi Freddy Guevara, l'un des chefs de l'opposition.
Nicolas Maduro, qui a succédé au fondateur de la "Révolution bolivarienne" Hugo Chavez, mort en 2013, se dit victime d'un complot international de la droite, sur laquelle il rejette la responsabilité de la grave crise économique que connaît le pays, confronté à une inflation galopante et à une pénurie de nourriture et de médicaments.
"METTRE FIN AU SABOTAGE DU CONGRÈS BOURGEOIS"
Les Vénézuéliens sont appelés à choisir les 545 membres de l'Assemblée constituante parmi les quelque 6.120 candidats, qui appartiennent tous au Parti socialiste et ses alliés.
La création de cette Constituante a été rejetée par plus de sept millions de Vénézuéliens le 16 juillet dernier à l'occasion d'un référendum officieux et l'opposition a appelé à descendre dans les rues pour empêcher le déroulement du scrutin.
La nouvelle Assemblée constituante doit siéger dans les 72 heures suivant la proclamation officielle des résultats.
Les responsables du gouvernement ont laissé entendre que la Constituante prendrait rapidement des mesures contre la procureure en chef Luisa Ortega, ancienne chaviste devenue critique du régime, et contre l'Assemblée nationale.
"Avec l'Assemblée constituante, nous mettrons fin au sabotage du (Congrès) bourgeois", a déclaré le numéro deux du Parti socialiste, Diosdado Cabello, lors d'un meeting de campagne.
La dernière Constitution du Venezuela a été écrite sous la présidence d'Hugo Chavez. Elle a renforcé le pouvoir exécutif et gravé dans le marbre le droit à la santé ou à l'éducation.
Mais contrairement à Maduro, Hugo Chavez avait au préalable obtenu par référendum l'assentiment de la population pour réécrire la loi fondamentale.
(Brian Ellsworth, avec Fabian Cambero et Francisco Aguilar à Barinas; Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Julie Carriat pour le service français)
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