La Russie pas captivée par le feuilleton permanent à la Maison blanche
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La russie pas captivee par le feuilleton permanent a la maison blanche
MAXIM SHEMETOV
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La russie pas captivee par le feuilleton permanent a la maison blanche
MAXIM SHEMETOV
par Oksana Kobzeva et Polina Nikolskaya
MOSCOU (Reuters) - Les rebondissements incessants qui agitent la vie de la Maison blanche sous Donald Trump, dignes d'une série télévisée avec disgrâces soudaines, intrigues en coulisses et enquêtes officielles, ne suscitent plus en Russie que haussements d'épaules.
L'élite politique russe s'était pourtant ostensiblement réjouie de l'élection de Donald Trump en novembre à la présidence des Etats-Unis, espérant un dégel des relations entre les deux pays. Les attentes se sont désormais en grande partie évanouies, au point qu'à Moscou, on ne relève pratiquement plus les signes réguliers de dysfonctionnements au sein de l'administration américaine.
"Plus personne ne prête attention ni n'attend la moindre amélioration", dit un proche du gouvernement russe. "Les chiens aboient, la caravane passe."
Durant la campagne électorale, Donald Trump s'était engagé à rétablir des relations amicales avec Moscou et à réexaminer les sanctions économiques frappant la Russie. C'est pourquoi les députés russes avaient spontanément applaudi à l'annonce de son élection.
Plus de six mois après son arrivée à la Maison blanche, l'action du nouveau président américain à l'égard de la Russie reste cependant paralysée par les soupçons selon lesquels Moscou aurait interféré dans la campagne électorale américaine pour favoriser son arrivée au pouvoir. Pire, sous l'impulsion du Congrès, les Etats-Unis ont imposé la semaine dernière de nouvelles sanctions à la Russie.
SPECTACLE EXOTIQUE
Dans le même temps, les têtes ne cessent de valser à la Maison blanche. Ce sont d'abord le conseiller à la sécurité nationale et le directeur du FBI qui ont rapidement été remplacés, emportés par le feuilleton sur les liens supposés entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump. Le mouvement s'est accéléré ces dernières semaines avec les limogeages successifs du porte-parole, du secrétaire général et du directeur de la communication de la présidence.
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Ce tourbillon contraste avec la stabilité prévalant au Kremlin. Le président russe Vladimir Poutine dispose du même porte-parole depuis neuf ans tandis que celui qui est de facto son directeur de la communication travaille à ses côtés depuis qu'il est devenu président pour la première fois il y a 17 ans.
Pourtant, les responsables russes et leurs proches disent en privé qu'ils perçoivent désormais les événements à Washington davantage comme un spectacle exotique que comme une source de risques.
"Il me semble que personne à Moscou ne s'intéresse plus particulièrement aux changements de personnel à Washington", dit un ancien responsable russe resté proche de la direction du pays.
La raison, ajoute-t-il, est que quelles que soient les personnes nommées par Donald Trump, elles n'auront probablement aucune capacité d'influer sur l'évolution des relations entre les Etats-Unis et la Russie, qui échappe au contrôle du nouveau président américain.
Pour les responsables russes, l'élite politique à Washington exploite les soupçons de collusion entre Moscou et l'entourage de Donald Trump pour empêcher ce dernier de mettre en oeuvre un rapprochement avec la Russie.
POUTINE A DÉCIDÉ DE MÉNAGER TRUMP
Un dirigeant russe a récemment déclaré que la position de Donald Trump vis-à-vis de la Russie était à la fois triste et, d'une certaine manière, amusante.
S'exprimant avant une rencontre entre les deux présidents le mois dernier, cette source a rapporté que Donald Trump tenait des propos favorables au sujet de Vladimir Poutine mais que, bien que dirigeant la première puissance du monde, ses mains étaient liées par son entourage.
Le Kremlin n'exprime publiquement aucune exaspération à l'égard de la Maison blanche. Vladimir Poutine s'est efforcé de nouer des relations personnelles avec Donald Trump et, selon des analystes, il souhaite persévérer au cas où cela puisse lui être utile ultérieurement.
Le président russe n'a ainsi rien dit lorsque son homologue américain a promulgué la semaine dernière, après les avoir pourtant critiquées, les nouvelles mesures votées par le Congrès des Etats-Unis contre la Russie.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a simplement observé: "Nous constatons une certaine contradiction dans les déclarations émanant de la Maison blanche."
La télévision publique russe, qui se délecte habituellement avec mépris du moindre signe de désordre aux Etats-Unis, s'est contentée fin juillet de mentionner rapidement le limogeage en l'espace de quatre jours du secrétaire général et du directeur de la communication de la Maison blanche.
Une personne proche d'un ministère russe de premier rang et qui assiste souvent aux réunions gouvernementales a dit ne plus vraiment se soucier de l'absence de réchauffement effectif entre les Etats-Unis et la Russie.
"Je n'ai jamais eu la moindre illusion", a dit cette personne. "Le président est un bouffon, un pantin. D'autres personnes déterminent la politique."
(Avec Polina Devitt, Olesya Astakhova et Denis Pinchuk; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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