L'UE valide l'élection au Kenya, Odinga dénonce l'usage de faux
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Pas de signe de fraude electorale au kenya
Baz Ratner
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Pas de signe de fraude electorale au kenya
Baz Ratner
par George Obulutsa et Andrew Njuguna
NAIROBI (Reuters) - L'Union européenne a délivré jeudi un satisfecit aux autorités kényanes pour l'organisation de l'élection présidentielle qui a vu la victoire du chef de l'Etat sortant Uhuru Kenyatta, une appréciation dénoncée par l'opposant Raila Odinga qui a évoqué des fraudes "massives" et l'usage de faux documents.
Dans une évaluation préliminaire, la mission européenne d'observation électorale a déclaré n'avoir détecté aucun signe de "manipulation centralisée ou locale" lors du scrutin de mardi.
Marietje Schaake, la président de la mission, a précisé qu'un rapport final évaluerait ultérieurement le processus de comptabilisation des bulletins.
L'opposant Raila Odinga a contesté l'appréciation faite par l'instance européenne, affirmant que les feuilles de résultats de la plupart des 20.000 bureaux de vote mises en ligne sur le site de la commission électorale sont des faux.
Dans une déclaration à Reuters, Odinga a précisé que la plupart de ces feuilles de résultats avaient été remplies par des agents du gouvernement dans un hôtel à Nairobi.
Raila Odinga a rejeté le résultat du scrutin en le disant entaché d'une fraude "massive et généralisée", sans toutefois fournir d'éléments concrets à l'appui de ses affirmations.
De son côté, l'opposition a réclamé jeudi qu'Odinga soit déclaré vainqueur de ce scrutin, un haut responsable de la coalition opposée à Uhuru Kenyatta affirmant devant la presse savoir de "source confidentielle" qu'Odinga l'a emporté avec 300.000 voix d'avance.
Des centaines de ses partisans, principalement des jeunes gens, sont descendus dans les rues de la ville de Kisumu, fief de l'opposition, suivis par des policiers anti-émeutes, a constaté un journaliste de Reuters.
La police a procédé à ces tirs à balles réelles et a fait usage de gaz lacrymogènes contre des partisans de l'opposition dans un quartier de Nairobi bien que le reste de la capitale et du pays soit calme pour l'instant après la mort de quatre personnes dans des violences mercredi.
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TENTATIVE DE PIRATAGE
Les accusations d'Odinga ont été démenties par la commission électorale kényane dont le président, Wafula Chebukati, a néanmoins reconnu jeudi que le système informatique et les bases de données avaient été l'objet d'une tentative de piratage qui a, selon lui, été déjouée. Il avait dans un premier temps démenti cette information.
"Il y a eu une tentative de piratage mais elle n'a pas réussi", a déclaré Wafula Chebukati pendant une conférence de presse, sans fournir de précisions.
L'ancien secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui présidait une mission d'observation du Centre Carter, a estimé pour sa part que le système utilisant des bulletins de vote restait fiable et a appelé tous les camps à attendre les estimations électroniques pour procéder à des recoupements de données.
"La procédure mise en place a démontré pour le moment sa valeur. Le Kenya a effectué une remarquable démonstration de sa démocratie à l'adresse de l'Afrique et du monde. Ne laissons personne gâcher cela", a dit John Kerry.
Les résultats provisoires fournis par la commission électorale donnent 54,3% des voix pour Kenyatta et 44,8% pour Odinga, soit 1,4 million de voix d'avance, après dépouillement de 97% des bulletins. Les résultats devraient être tous centralisés vendredi en milieu de journée et la proclamation devrait intervenir peu après.
En 2007, Raila Odinga avait aussi contesté le résultat de la présidentielle - remportée par Mwai Kibaki - et appelé à des manifestations. Plus de 1.200 personnes avaient trouvé la mort dans les affrontements ethniques qui s'étaient ensuivis.
En 2013, la contestation était restée pacifique, l'opposant choisissant cette fois la voie des tribunaux.
(Ed Cropley, Katharine Houreld et David Lewis; Tangi Salaün et Pierre Sérisier pour le service français)
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