Le Kenya sous tension avant la proclamation du résultat électoral
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Le kenya sous tension avant la proclamation du resultat electoral
Goran Tomasevic
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Le kenya sous tension avant la proclamation du resultat electoral
Goran Tomasevic
par Ed Cropley et Maggie Fick
NAIROBI/KISUMU (Reuters) - La police kényane était en état d'alerte maximale vendredi à quelques heures de la possible proclamation du résultat de l'élection présidentielle qui aurait été remportée par le président sortant Uhuru Kenyatta, selon des décomptes partiels contestés par l'opposant Raila Odinga.
Des renforts ont notamment été déployés à Kisumu, bastion de l'opposition dans l'ouest du pays, en prévision de probables manifestations. En 2007, la contestation du résultat d'un précédent scrutin présidentiel par Raila Odinga avait plongé le Kenya dans un conflit ethnique meurtrier.
"Nous sécurisons l'aéroport pour que les gens puissent entrer et sortir (de Kisumu)", a déclaré à Reuters le commissaire de police Joseph Keitany. "Nous ne positionnons des véhicules que dans les secteurs considérés comme des points chauds."
La commission électorale pourrait annoncer dans l'après-midi le nom du vainqueur de l'élection présidentielle de mardi.
Uhuru Kenyatta, 55 ans, disposerait de 1,5 million de voix d'avance sur son rival, selon des résultats partiels portant sur la quasi-totalité des bulletins, et semble en passe de remporter un second et dernier mandat de cinq ans.
Mais Raila Odinga, 71 ans, conteste ces résultats dont il a affirmé à plusieurs reprises, sans apporter de preuve, qu'ils étaient faux. Son parti l'a déclaré vainqueur du scrutin jeudi en disant se baser sur des résultats transmis par une source secrète au sein de la commission électorale.
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MANIFESTATIONS LIMITÉES POUR L'INSTANT
Même s'ils continuent de dénoncer des fraudes, la plupart des alliés de Raila Odinga relaient les appels au calme.
"Nous appelons tous les Kenyans à rester calmes et vigilants alors que nous attendons une juste conclusion à cette procédure", a dit John Mbadi, un dirigeant de haut rang de l'opposition, dans un communiqué.
David Ongili, un jeune opposant récemment élu au parlement, s'est en revanche dit prêt à faire "tout ce qui est humainement possible" pour que Raila Odinga devienne président. "Mon seul regret est que je ne peux mourir qu'une fois", a-t-il dit à la presse.
Raila Odinga, issu de l'ethnie Luo majoritaire dans l'ouest du pays et qui se sent marginalisée par les Kikuyu de Kenyatta, a déjà été battu lors des élections présidentielles de 2007 et 2013. Il a à chaque fois contesté les résultats.
En 2007, l'opposant avait appelé ses partisans à manifester, provoquant des violences interethniques qui ont fait plus de 1.200 morts, alors qu'en 2013, il s'est contenté de contester - sans succès - l'issue du vote devant les tribunaux.
Quatre personnes ont été tuées mercredi au cours de brefs heurts, notamment à Nairobi, mais les manifestations sont dans l'ensemble restées limitées pour le moment dans l'attente de la proclamation officielle des résultats.
La commission électorale avait pratiquement terminé vendredi matin de réunir et de mettre en ligne les procès verbaux des 41.000 bureaux de vote signés par des représentants des différents partis. Odinga affirme que la plupart d'entre eux ont été falsifiés.
La mission d'observation de l'Union européenne a de son côté félicité Nairobi pour la qualité du processus électoral, tout en indiquant qu'elle évaluerait ultérieurement la comptabilisation des bulletins de vote.
(Maggie Fick, avec Noor Ali à Isiolo; Tangi Salaün et Bertrand Boucey pour le service français)
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