La Cour des comptes fustige la gestion des enseignants
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La cour des comptes fustige la gestion des enseignants
Charles Platiau
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La cour des comptes fustige la gestion des enseignants
Charles Platiau
PARIS (Reuters) - Professeurs insuffisamment formés, mal affectés, remplacements non assurés : la Cour des comptes fustige la gestion des 875.000 enseignants de France dans un rapport et propose une réforme "structurelle" pour améliorer l'efficacité du système scolaire.
Réagissant à ce rapport publié mercredi, le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES) lui reproche de présenter "un certain nombre de poncifs habituels de la pensée libérale (...) sans jamais faire le moindre cas des réalités d'un métier complexe".
L'enseignement scolaire à destination des 12 millions d'élèves français est le premier poste de dépenses du budget de l'État (68,4 milliards d'euros) mais, indique la Cour des comptes, il y un "décalage" entre les résultats obtenus par les élèves et "l'ampleur des moyens consacrés au système scolaire".
Parmi les "leviers" envisagés pour améliorer le niveau de réussite des élèves dans les classements internationaux, la Cour préconise d'améliorer la gestion du corps enseignant.
Elle suggère que les enseignants aient un entretien annuel de formation et que la formation continue soit développée. Selon elle, environ un tiers des convoqués à une session de formation continue ne se présentent pas.
"Aucune conséquence n'est tirée de ces défauts d'assiduité", souligne la Cour.
ÉVALUATIONS ATYPIQUES
La Cour regrette aussi que l'ancienneté soit le facteur principal de hausse des salaires dans la fonction publique et que les notes données aux enseignants par les inspecteurs de l'éducation jouent peu dans le système de rémunération.
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"Le système d'évaluation des enseignants demeure atypique au plan international. Contrairement à ce qui se pratique dans de nombreux pays, il reste un dispositif administratif qui n'incorpore aucun paramètre tenant aux résultats des élèves, et n'associe pas les membres de la communauté éducative (parents d'élèves, élèves eux-mêmes)", dit la Cour.
"S'agissant des rémunérations, les écarts de traitement en fonction des performances sont faibles. Ils sont insignifiants les 15 premières années de carrière, à une période où les incitations financières sont pourtant le plus susceptibles d'avoir un effet", dit la Cour.
Si les enseignants doivent davantage être rémunérés en fonction de leurs résultats effectifs, suggère la Cour en filigrane, ils doivent pouvoir aussi effectuer un nombre d'heures plus élevé devant leurs élèves.
"Si les obligations réglementaires de service, actuellement de 15 heures par semaine pour un agrégé et de 18 heures pour un certifié, étaient par exemple augmentées d'un volume annuel équivalent à une heure par semaine cela se traduirait, en termes annuels, par 540 heures pour un agrégé et 648 heures pour un certifié, rapprochant le temps de travail devant élèves des enseignants du second degré de la moyenne de l'OCDE."
RIGIDITÉS
Le rapport déplore aussi une "moindre sélectivité" dans le recrutement des enseignants, en raison d'une moindre attractivité du métier conjuguée à l'augmentation des postes ouverts - 60.000 postes d'enseignants ont été créés depuis 2013.
"L'augmentation des taux de réussite aux concours à compter de 2010 et 2011 n'est pas tant due à une meilleure réussite des candidats qu'à un effondrement de leur nombre: de 5,6 candidats pour un poste ouvert en 2008 au CAPES à 2,7 candidats" aujourd'hui, lit-on dans le rapport.
Dans la série des rigidités, la Cour des comptes soulève le problème de l'absentéisme, notamment "la difficulté chronique pour couvrir les remplacements de courte durée dans le second degré, alors, estime-t-elle, qu'une organisation "plus flexible" du temps de travail des enseignants pourrait y remédier.
Les absences des enseignants de l'enseignement public ont représenté 13,6 millions de journées en 2014-2015.
Pour y remédier, il faut augmenter les embauches, estime le SNES.
"Au lieu de se focaliser sur les remplacements de courte durée, la Cour des comptes ferait bien de s'inquiéter de l'insuffisance de recrutements qui appauvrit de fait le vivier des remplaçants de moyenne et longue durée", déclare le SNES.
La Cour des comptes regrette aussi que les élèves ne soient finalement pas moins nombreux dans les classes en zones dites prioritaires malgré ce qu'affirment les pouvoirs publics.
"Le nombre d'élèves par classe en 2016 pour l'ensemble de l'éducation prioritaire est de 22,5 élèves, par rapport à une moyenne nationale de 24,6", souligne la Cour qui indique que dans plusieurs départements, ce nombre est même "plus important".
(Danielle Rouquié, édité par Yves Clarisse)
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