Le Bangladesh doit défricher pour faire face à l'afflux de Rohingyas
reuters.com

Le bangladesh doit defricher pour faire face a l'afflux de rohingyas
CATHAL MCNAUGHTON
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Le bangladesh doit defricher pour faire face a l'afflux de rohingyas
CATHAL MCNAUGHTON
DACCA (Reuters) - Face à l'afflux de réfugiés Rohingyas, les autorités du Bangladesh se préparent à défricher de nouveaux espaces pour agrandir leurs capacités d'accueil et d'hébergement.
"Le gouvernement a alloué 800 hectares quand le nombre de réfugiés était proche des 400.000. A présent que ces chiffres ont augmenté de plus de 100.000 et que des gens continuent d'arriver, le gouvernement va devoir allouer 400 hectares (supplémentaires) de terres forestières", a expliqué jeudi à Reuters le secrétaire d'Etat chargé de la gestion des crises et de l'aide, Mohammad Shah Kamal.
Lorsque les arbres auront été abattus et que ces terres auront été défrichées, quelque 150.000 abris bâchés seront installés pour accueillir de nouveaux réfugiés.
Depuis le 25 août, date à laquelle des rebelles musulmans Rohingyas ont attaqué des installations des forces de sécurité birmanes dans l'Etat d'Arakan (Rakhine), on estime à 507.000 au moins le nombre de Rohingyas ayant fui au Bangladesh la répression menée par les autorités birmanes.
Accusée de "nettoyage ethnique" par l'Onu, la Birmanie réfute ces allégations et affirme que ces opérations sont nécessaires pour combattre les "terroristes" qui ont tué des civils et incendié des villages.
Ce nouvel exode a accentué la pression sur le Bangladesh, où d'autres Rohingyas s'étaient déjà réfugiés à la suite de précédentes flambées de violences dans l'Arakan, il y a un an ou plus loin dans le passé, au début des années 1990 notamment.
Les agences de l'Onu estiment que le Bangladesh compte aujourd'hui jusqu'à 1,2 million de réfugiés Rohingyas sur son sol. Des ONG ont évalué à 434 millions de dollars (370 millions d'euros) la somme nécessaire pour leur venir en aide pendant les six prochains mois.
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"On voit un nombre alarmant d'enfants arriver au Bangladesh désespérément affamés et mal nourris après avoir fui leurs foyers du nord de l'Etat de Rakhine", note Unni Krishnan, directeur des services de santé d'urgence de l'ONG Save the Children.
"Ils sont alors exposés à des conditions de vie lugubres dans des camps où ils n'ont pas accès à une bonne hygiène, où l'eau contaminée est partout et où ils n'ont d'autre choix que de se rabattre sur des rations alimentaires pour survivre".
"En plus de vingt ans de travail dans l'humanitaire, je n'ai jamais vu une situation comme celle-ci", ajoute-t-il dans un communiqué diffusé jeudi.
Le Bangladesh et la Birmanie se sont mis d'accord en début de semaine pour créer un "groupe de travail" censé préparer le retour des Rohingyas.
(Ruma Paul, Henri-Pierre André pour le service français)
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