A Moscou, le roi Salman défend l'intégrité de l'Irak et la Syrie
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A moscou, le roi salman defend l'integrite de l'irak et la syrie
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MOSCOU (Reuters) - Le roi Salman d'Arabie saoudite a plaidé pour le respect de l'intégrité territoriale de l'Irak et de la Syrie, jeudi à Moscou, à l'occasion de la première visite d'un monarque saoudien en Russie.
Lors de propos liminaires retransmis à la télévision russe avant un entretien avec Vladimir Poutine, le roi a souligné la nécessité de trouver une solution politique au conflit syrien qui évite une partition du pays, actuellement divisé entre forces gouvernementales, rebelles sunnites au nord-ouest et miliciens kurdes au nord.
Il a aussi marqué son opposition à une partition de l'Irak, où les Kurdes veulent obtenir l'indépendance après un référendum d'autodétermination il y a dix jours.
Sans surprise, le monarque saoudien a aussi demandé à son grand rival régional, l'Iran, de cesser de s'ingérer dans les affaires proche-orientales.
Plus tard, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue Adel al Djoubeïr, a précisé que le souverain saoudien et le président russe avaient souligné la nécessité de combattre le terrorisme et de trouver une solution pacifique aux conflits au Proche-Orient.
Le monarque saoudien a salué le processus d'Astana qui associe la Russie, la Turquie et l'Iran et vise à mettre fin à la guerre en Syrie, a poursuivi Sergueï Lavrov, qui a ajouté que Moscou appuyait les efforts de Ryad en vue d'unir l'opposition syrienne afin que celle-ci puisse participer aux discussions de paix.
Téhéran et Ryad s'affrontent par alliés interposés dans plusieurs pays, du Yémen où l'Iran arme les miliciens chiites houthis face aux forces du président Abd-Rabbo Mansour Hadi appuyées par une coalition formée par l'Arabie saoudite, à la Syrie, où Téhéran soutient le gouvernement de Bachar al Assad que Ryad a tenté de faire tomber.
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En Russie, l'autre grand allié du président syrien, le roi Salman espère convaincre Vladimir Poutine de l'intérêt d'une solution négociée prévoyant une transition politique à Damas, hypothèse catégoriquement rejetée par l'Iran.
FONDS D'INVESTISSEMENT CONJOINT
Il a aussi invité Moscou à exercer son influence auprès de Téhéran pour parvenir à trouver une solution au conflit yéménite, dans lequel l'Arabie saoudite est embourbée.
"Nous insistons sur le fait que la sécurité et la stabilité du Golfe et du Proche-Orient est une condition nécessaire pour rétablir la stabilité et la sécurité au Yémen", a déclaré le monarque, selon des propos rapportés par l'agence de presse russe Interfax.
"Cela nécessite que l'Iran cesse d'interférer dans les affaires internes de la région et renonce aux actes qui déstabilisent la région", a-t-il ajouté.
La chaîne de télévision Al Arabiya rapporte par ailleurs que l'Arabie saoudite et la Russie ont conclu un protocole d'accord aux termes duquel Ryad allait acquérir des systèmes russes de défense aérienne S-400.
Outre les conflits régionaux, la coopération en matière de pétrole est au coeur des échanges entre les dirigeants des deux plus gros exportateurs de brut de la planète.
"La Russie et l'Arabie saoudite vont continuer à travailler à la stabilisation des marchés pétroliers" après l'effondrement des cours du brut l'an dernier, a assuré le roi Salman avant de s'entretenir avec Vladimir Poutine.
En janvier dernier, les deux pays ont joué un rôle moteur dans la conclusion d'un accord entre pays membres et non membres de l'Opep pour réduire la production afin de relever les cours du pétrole sur le marché mondial.
Le monarque saoudien s'est par ailleurs dit convaincu de la possibilité de "diversifier la coopération économique" entre la Russie et l'Arabie saoudite.
Moscou et Ryad ont annoncé à cette fin la constitution d'un fonds d'investissement conjoint d'un milliard de dollars pour investir dans des projets énergétiques.
Plusieurs accords ou protocoles d'accord commerciaux ont en outre été signés entre des sociétés russes et saoudiennes dans le domaine du gaz naturel et de la pétrochimie.
(Andrew Osborn et Vladimir Soldatkin; Tangi Salaün et Guy Kerivel pour le service français, édité par Henri-Pierre André)
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