Les conservateurs en plein doute après le discours de May
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Les conservateurs en plein doute apres le discours de may
Phil Noble
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Les conservateurs en plein doute apres le discours de may
Phil Noble
par Guy Faulconbridge
LONDRES (Reuters) - Cela devait être le discours de la reconquête mais l'allocution prononcée par Theresa May mercredi en clôture du congrès du Parti conservateur à Manchester a tourné au fiasco, au point de mettre en péril ses chances de se maintenir à la tête du gouvernement britannique.
Déjà fragilisée par le cuisant revers des élections législatives anticipées qu'elle avait convoquées en juin, la Première ministre est apparue plus vulnérable que jamais lors de sa déclaration.
Un comédien est venu perturber son intervention en lui tendant un faux formulaire de licenciement affirmant qu'il avait été "signé" par Boris Johnson, puis des quintes de toux l'ont contrainte à s'interrompre pendant plusieurs minutes.
L'image renvoyée par Theresa May a été celle d'une dirigeante vulnérable, ayant perdu sa voix comme le notaient plusieurs titres de la presse britannique jeudi matin.
Le discours de Manchester a été l'un des plus étranges prononcés depuis une génération et si la salle comble a applaudi l'oratrice, si son mari Philip est, ensuite, venue la serrer dans ses bras, les observateurs ont été moins cléments.
Le commentaire le plus acerbe est à porter au crédit du tabloïd The Sun qui a comparé cet exercice à une célèbre comédie télévisée des années 70, "Fawlty Towers", qualifiant la prestation de la dirigeante de "farce tragi-comique".
Si Theresa May conserve son poste cela tient d'abord à l'absence d'un successeur évident, capable de rassembler les conservateurs autour d'une stratégie pour le Brexit et ensuite à la crainte que de nouvelles élections offre une victoire aux travaillistes de Jeremy Corbyn, en pleine renaissance.
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"Je ne pense pas que les gens souhaitent que May reste parce qu'ils veulent qu'elle soit Première ministre. Je pense que beaucoup de gens veulent qu'elle reste parce que le moment n'est pas opportun pour un changement", a commenté Anand Menon, professeur spécialiste des politiques européennes au King's College de Londres, qui assistait au congrès.
"En coulisses, on ne parlait que de savoir si elle devait rester ou partir et cela constitue une gigantesque perturbation au moment où le Royaume-Uni affronte le défi sans précédent du Brexit", a-t-il ajouté.
AUCUN SUCCESSEUR NE S'IMPOSE
Le ministre des Entreprises, Greg Clark, a salué le sang-froid des conservateurs et loué la prestation de Theresa May qui a fait preuve, selon lui, de maîtrise de ses nerfs et d'élégance.
A l'issue de ce congrès, aucun successeur ne s'est imposé comme une évidence, que ce soit le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, le ministre des Finances Philippe Hammond, la ministre de l'Intérieur Amber Rudd ou le ministre du Brexit David Davis.
Si Theresa May conserve ses fonctions, les négociations sur le Brexit seront menées par l'un des dirigeants les plus affaiblis dans l'histoire récente de la Grande-Bretagne. Mais si elle s'en va, c'est la porte ouverte à une nouvelle crise politique alors que le temps est compté avant l'échéance de mars 2019, quand le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne deviendra réalité.
Nombre de militants conservateurs craignent qu'une nouvelle guerre des chefs accentue les divisions qui minent déjà le parti sur la question de l'Europe, un sujet qui a déjà eu raison de trois chefs du gouvernement, Margaret Thatcher, John Major et David Cameron.
Un militant estimait qu'il y avait environ une chance sur trois pour que la question de la direction du parti soit posée d'ici la fin de l'année. Pour ce faire, 48 députés doivent demander par écrit au président de la Commission 1922 (nom du groupe conservateur à la Chambre des communes) la tenue d'un vote de confiance.
Les dirigeants d'entreprises britanniques et européennes commencent à s'inquiéter d'une sortie chaotique de l'UE car cela pénaliserait l'économie britannique, évaluée à 2.500 milliards de dollars, perturberait les marchés financiers et affaiblirait la position de Londres comme seul centre financier capable de rivaliser avec New York.
La livre était jeudi à son plus bas de trois semaines, en repli de 0,8%, à 1,3144 dollar.
"May a subi une humiliation hier", a commenté un diplomate européen. "Tout le pays s'est envolé et se trouve en orbite dans une autre galaxie. Comment peut-on rattraper ça ?", s'est-il interrogé.
(Pierre Sérisier pour le service français)
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