Manifestation du M5S à Rome contre la loi électorale
reuters.com

Manifestation du m5s a rome contre la loi electorale
ALESSANDRO BIANCHI
reuters.com

Manifestation du m5s a rome contre la loi electorale
ALESSANDRO BIANCHI
par Gavin Jones et Steve Scherer
ROME (Reuters) - Quelque 2.000 partisans du Mouvement Cinq Etoiles (M5S) ont manifesté mercredi devant la Chambre des députés à Rome pour dénoncer le projet de nouvelle loi électorale qui pénalisera selon eux leur formation politique.
Le gouvernement a engagé sa responsabilité sur le nouveau texte. Deux votes de confiance étaient prévus mercredi et le gouvernement, comme attendu, les a remportés tous les deux avec une confortable majorité. Les élus M5S ont boycotté ce vote pour marquer leur désaccord.
Un troisième vote sera organisé jeudi. Pour terminer, un scrutin à bulletins secrets aura lieu avant la fin de la semaine. Si comme prévu le projet gouvernemental est approuvé, le texte sera transmis pour examen au Sénat.
La nouvelle législation, qui sera appliquée pour les élections législatives prévues au plus tard en mai prochain, a le soutien du Parti démocrate (PD) de centre gauche, au pouvoir, et des autres partis traditionnels Forza Italia et Ligue du Nord mais elle est vivement combattue par le M5S, mouvement anti-système.
Le texte proposé autorisera, contrairement au système actuel, la formation de larges coalitions avant une élection, alors que le M5S a toujours refusé de participer à des alliances.
"MAGOUILLEURS"
"Ils veulent nous empêcher de choisir librement", a déclaré Nicola Zuppa, un manifestant venu tout spécialement de Padoue, dans le nord du pays, pour manifester devant le palais de Montecitorio.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Sur son blog, le fondateur du M5S, Beppe Grillo, affirme que la nouvelle législation a été voulue et préparée par "les magouilleurs qui veulent garder leur place".
Pour Ettore Rosato, qui préside le groupe du Parti démocrate à la Chambre et a présenté le projet de loi, celui-ci ne cherche nullement à pénaliser les candidats du M5S. "Personne ne les empêche de conclure des alliances s'ils le veulent", a-t-il dit. "S'ils ne veulent pas faire des alliances, qu'ils restent un parti isolé !"
Les gouvernements ont régulièrement recours en Italie au vote de confiance pour faire passer un texte de loi sujet à controverse.
Le chef de l'Etat, Sergio Mattarella, seule personne habilitée à dissoudre le parlement, a réclamé l'élaboration d'une nouvelle loi électorale en estimant qu'actuellement des différences trop grandes prévalaient entre les modes d'élection des deux chambres du parlement.
DEUX TIERS DES SIÈGES À LA PROPORTIONNELLE
Le projet prévoit de répartir les deux tiers des sièges du Parlement à la proportionnelle, les sièges restants étant désignés au scrutin majoritaire.
Les coalitions devraient obtenir 10% des voix au niveau national pour entrer au Parlement, le seuil étant fixé à 3% pour les partis seuls.
Avant les élections de l'an prochain, les sondages placent le Parti démocrate (PD) de l'ancien président du Conseil Matteo Renzi et le M5S, dirigé par le jeune Luigi Di Maio, 31 ans, au coude-à-coude en tête des intentions de vote.
Mais si le PD avait la possibilité de s'allier en amont d'une élection avec de plus petites formations du centre et de la gauche, il dépasserait très probablement le M5S.
A droite, la nouvelle loi pourrait également profiter à Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, et à la Ligue du Nord, car les enquêtes d'opinion montrent que les deux formations seraient en mesure de remporter les élections en cas d'alliance.
Toujours selon les sondages cependant, ni le centre gauche de Renzi ni la droite de Berlusconi n'obtiendraient aujourd'hui suffisamment de voix pour gouverner seuls.
Le M5S, qui dit vouloir sortir l'Italie des griffes d'un système politique corrompu et prône la démocratie directe, a effectué une entrée spectaculaire au Parlement en raflant en 2013 un quart des suffrages nationaux mais il peine depuis lors à élargir son assise.
(Guy Kerivel pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
reuters.com