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Iran: Trump fait vaciller l'accord de Vienne, au risque de s'isoler

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Publié le 13 octobre 2017 à 13:43 - Mis à jour le 13 octobre 2017 à 21:10

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par Steve Holland et Yara Bayoumy

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a porté un coup sévère à l'accord international sur le programme nucléaire iranien en annonçant vendredi son refus de certifier que Téhéran le respecte, au risque de s'isoler des autres signataires.

Dans un revirement stratégique attendu, le président des Etats-Unis a en outre annoncé son intention d'adopter une attitude globalement beaucoup plus ferme à l'égard de la République islamique.

Lui reprochant de ne pas respecter l'esprit du Plan global d'action conjoint (PGAC), dénomination officielle de l'accord de Vienne, l'hôte de la Maison blanche a promis de tout faire pour qu'elle ne puisse jamais acquérir la maîtrise du feu nucléaire.

"Nous n'allons pas poursuivre sur une voie dont l'issue prévisible est plus de violence, plus de terrorisme et le risque très réel d'un Iran nucléarisé", a-t-il promis, laissant entendre que les ingénieurs iraniens coopéraient avec la Corée du Nord, ce qui n'a pas été démontré.

Sa décision ne revient pas à dénoncer l'accord de Vienne, mais laisse 60 jours au Congrès pour décider s'il y a lieu de rétablir les sanctions levées dans le cadre de sa mise en oeuvre, ce qui violerait les termes du PGAC et scellerait probablement son arrêt de mort.

"Si nous ne parvenons pas à trouver une solution viable avec le Congrès et nos alliés, l'accord sera dénoncé", a promis Donald Trump. "Nous espérons que les nouvelles mesures prises à l'encontre de la dictature iranienne vont contraindre le gouvernement à réévaluer la poursuite de ses activités terroristes aux dépens de son peuple."

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Réagissant à ses propos, son homologue iranien a assuré que Téhéran continuerait à respecter le PGAC tant qu'il répondrait aux intérêts nationaux, mais a également annoncé de nouveaux efforts dans le domaine balistique, en dépit des pressions américaines.

"L'IRAN ET L'ACCORD SONT PLUS FORTS QUE JAMAIS"

"La nation iranienne n'a jamais cédé à une pression étrangère et ne le fera jamais (...) L'Iran et l'accord sont plus forts que jamais (...) Le corps des gardiens de la Révolution va continuer le combat contre le terrorisme régional", a-t-il affirmé, lors d'une allocution télévisée.

La décision de Donald Trump le met en porte-à-faux avec les autres signataires du PGAC, à savoir France, Grand-Bretagne, Allemagne, Chine et Russie, qui ont tous réaffirmé leur attachement au respect de l'accord.

Après le discours de Trump, Paris, Londres et Berlin ont exprimé leur préoccupation et ont mis les Etats-Unis en garde contre les risques qu'induirait le rétablissement des sanctions.

Dans un communiqué commun, le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May disent toutefois partager les inquiétudes de Washington sur le programme balistique de la République islamique comme sur ses activités déstabilisatrices au Proche-Orient et se déclarent prêts à prendre "de nouvelles mesures" pour y répondre.

L'Elysée fait par ailleurs savoir qu'Emmanuel Macron a eu un entretien téléphonique avec Hassan Rohani et a plaidé pour le strict respect des disposition du PGAC. Le chef de l'Etat a aussi prôné "le dialogue et les progrès sur des sujets" qui n'en relèvent pas "mais qui sont fondamentaux dans le contexte stratégique actuel". Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian se rendra à Téhéran "dans les prochaine semaines", ajoute la présidence.

SATISFECIT ISRAÉLIEN

Federica Mogherini, porte-parole de la diplomatie européenne qui coordonné la dernière phase des négociations de Vienne, a quant à elle rappelé que l'accord ne pouvait être remis en cause unilatéralement. "Cet accord n'est pas une entente bilatérale (...) La communauté internationale, comme l'Union européenne, a clairement indiqué que l'accord reste et restera en vigueur", a-t-elle souligné. Et d'ajouter : "Nous, la communauté internationale, ne pouvons nous permettre de démanteler un accord qui fonctionne".

A Vienne, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a rappelé que l'Iran faisait l'objet du "régime de vérification nucléaire le plus solide" et respectait l'accord sur son programme. "Les engagements dans le domaine nucléaire pris par l'Iran dans le cadre du PGAC sont appliqués", a réaffirmé Yukiya Amano.

A Jérusalem, le Premier ministre israélien s'est réjoui que Donald Trump ait décidé d'"affronter le régime terroriste iranien avec audace". Son discours "offre une chance de corriger ce mauvais accord, de faire face à l'agression iranienne et de combattre son soutien criminel au terrorisme", poursuit Benjamin Netanyahu, dans une vidéo diffusée sur Facebook.

Son ministre du Renseignement Israel Katz a quant à lui estimé qu'il pourrait ouvrir la voie à un conflit armé. "L'Iran est la nouvelle Corée du Nord. On voit comment les choses évoluent", a-t-il ajouté.

L'armée américaine annonce de son côté avoir entamé une révision "intégrale" de ses programmes de coopération, du déploiement de ses forces et de ses plans d'actions dans le cadre de la nouvelle stratégie annoncé par le président.

"Nous identifions de nouveaux domaines dans lesquels nous allons coopérer avec nos alliés pour faire pression sur le régime iranien, neutraliser ses influences perturbantes et contenir ses projections de forces agressives, en particulier son soutien à des organisations terroristes et à des activistes", a déclaré le commandant Adrian Rankine-Galloway, porte-parole du Pentagone.

(Avec James Oliphant, Phil Stewart, Makini Brice, Patricia Zengerle, Jonathan Landay, Justin Mitchell, Tim Ahmann et Arshad Mohammed à Washington, John Irish et Yann Le Guernigou à Paris, Parisa Hafezi à Ankara et Dan Williams à Jerusalem; Jean-Philippe Lefief pour le service français)

reuters.com

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