Aléna: Washington abat ses cartes sur l'automobile
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par David Ljunggren
WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis ont officiellement présenté vendredi au Canada et au Mexique leurs propositions sur un des dossiers clefs de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna): les "seuils de provenance" qui s'appliquent au secteur de l'automobile, a-t-on appris selon trois sources au fait des négociations.
En vertu des règles actuelle de l'Aléna, au moins 62,5% des composants d'un véhicule doivent provenir d'Amérique du Nord pour profiter des tarifs douaniers préférentiels.
Washington propose de porter ce seuil à 85% pour les camions, les automobiles et les moteurs de forte cylindrée, avec une clause secondaire de 50% de composants provenant spécifiquement des Etats-Unis, a précisé une de ces sources.
Le Mexique et le Canada ont exprimé leur opposition à ce projet.
Le relèvement du seuil se ferait progressivement sur un certain nombre d'années, poursuivent ces sources. La clause secondaire, portant sur les composants "Made in US", s'appliquerait dans la première année de mise en oeuvre du traité renégocié.
Les négociateurs de l'administration Trump demandent également que soit imposée l'utilisation d'acier, d'aluminium, de cuivre et de résines de plastique nord-américains, des matériaux qui ne figurent pas actuellement sur la liste de l'Aléna servant à vérifier que les seuils de provenance sont respectés.
"L'ALÉNA NE S'EFFONDRERA PAS"
Le ministre mexicain de l'Economie, Ildefonso Guajardo, et le ministre canadien du Commerce international, François-Philippe Champagne, réunis à Mexico, ont réaffirmé vendredi leur refus d'une autre demande de Washington: l'introduction d'une "sunset clause" qui contraindrait à une renégociation mécanique de l'Aléna tous les cinq ans.
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Si elle était mise en oeuvre, cette clause de résiliation signifierait un démantèlement de l'accord à moins que les trois pays ne décident de le renouveler.
"Nous n'avons pas besoin d'une clause de résiliation, nous avons besoin d'adopter une vision à long terme", a dit François-Philippe Champagne lors d'une émission de télévision à laquelle Ildefonso Guajardo participait également.
Le ministre mexicain a pour sa part annoncé que même si les Etats-Unis s'en retiraient, l'Aléna serait maintenu entre le Mexique et le Canada.
"L'Aléna, en lui-même, ne s'effondrera pas", a-t-il dit. "La possibilité existe que les Etats-Unis quittent le traité, mais le traité continuerait alors de réguler les relations entre le Canada et le Mexique", a ajouté le ministre mexicain.
Trump a réclamé et obtenu une renégociation de ce traité de libre-échange associant depuis 1994 les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, qu'il classe parmi les causes des destructions d'emploi dans l'économie américaine.
Une quatrième session de négociations tripartites a débuté mercredi à Arlington, en Virginie, et devrait se poursuivre jusqu'au 17 octobre.
(avec Dave Graham à Washington et Daina Beth Solomon à Mexico; Henri-Pierre André pour le service français)
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