L'étoile montante de la droite autrichienne aux portes du pouvoir
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L'etoile montante de la droite autrichienne aux portes du pouvoir
LEONHARD FOEGER
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L'etoile montante de la droite autrichienne aux portes du pouvoir
LEONHARD FOEGER
par Francois Murphy
VIENNE (Reuters) - L'Autriche pourrait se doter du plus jeune dirigeant de l'Union européenne à la faveur des élections législatives qui se tiennent dimanche dans le pays.
L'actuel ministre des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, 31 ans, fait figure de favori pour occuper le poste de chancelier.
Mais au-delà de son âge, ce sont les thèmes qu'il défend, certains proches de l'extrême droite, qui retiennent l'attention.
La formation qu'il dirige depuis le mois de mai dernier, l'ÖVP (Parti populaire autrichien, conservateur), est nettement en tête des intentions de vote. Elle devance d'environ huit points les sociaux-démocrates (SPÖ) du chancelier Christian Kern qui sont au coude à coude avec le Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite).
Le FPÖ est crédité d'environ 25% des intentions de vote - il en avait obtenu 20,5% lors des précédentes législatives, en 2013 - et paraît en mesure de rejoindre l'ÖVP dans une coalition gouvernementale, s'il y est invité.
Sebastian Kurz, outre qu'il a singulièrement rajeuni l'image de l'ÖVP, a adopté une ligne ferme sur l'immigration, un thème devenu central à chaque campagne électorale en Autriche.
Ce qui a été encore le cas cette fois-ci.
Des dizaines de milliers de migrants et de réfugiés venus du Moyen-Orient, d'Afghanistan et d'Afrique sont arrivés en Autriche au cours des deux dernières années.
Cet afflux a entraîné une hausse des dépenses publiques en matière d'allocations sociales et bénéficié aux dirigeants politiques, comme Kurz, qui préconisent de mettre un frein à l'immigration.
Ce dernier propose de réduire et de plafonner les allocations versées aux migrants.
USURE DU POUVOIR
Une victoire de l'ÖVP, prédite par les sondages, n'est pourtant pas assurée, estiment certains politologues.
"Il n'est pas encore certain que la stratégie de Kurz le mène à la victoire", dit ainsi le politologue et sondeur Christoph Hofinger, qui présente les projections de voix les plus regardées les soirs d'élection.
"A mon avis, ça reste ouvert pour la première place, il faudra voir ce que donneront les changements de dernière minute."
D'après les sondages, plus d'un quart des électeurs n'avaient pas encore arrêté leur choix une semaine avant la date du scrutin.
L'usure du pouvoir des deux grandes formations parlementaires autrichiennes pourrait en outre profiter au FPÖ.
Le SPÖ et l'ÖVP ont gouverné ensemble durant quarante-quatre ans depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Et pendant dix-sept autres années, l'un ou l'autre des deux partis a été seul aux affaires.
La formation d'extrême droite a beau jeu, donc, un peu comme l'a fait le Front national en France, de dénoncer la prédominance à ses yeux néfaste des deux partis de gouvernement.
S'il s'alliait avec Sebastian Kurz, le FPÖ, aujourd'hui dirigé par Heinz-Christian Strache, se retrouverait dans la même situation qu'en l'an 2000. Il avait alors à sa tête Jörg Haider, décédé en 2008 dans un accident de voiture.
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La présence au gouvernement autrichien de ce parti populiste et nationaliste avait provoqué des manifestations de rue dans le pays et entraîné des sanctions de l'Union européenne.
(Avec Shadia Nasralla, Gilles Trequesser pour le service français)
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