Brexit: L'UE pourrait tendre la main à Theresa May
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Brexit: l'ue pourrait tendre la main a theresa may
PETER NICHOLLS
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Brexit: l'ue pourrait tendre la main a theresa may
PETER NICHOLLS
par Gabriela Baczynska et Alastair Macdonald
LUXEMBOURG/BRUXELLES (Reuters) - Les pays de l'Union européenne s'interrogeaient vendredi sur l'idée de faire un geste à l'adresse de la Première ministre britannique Theresa May pour tenter de sortir les négociations sur le Brexit de l'impasse.
Certains, comme l'Allemagne, craignent qu'un tel geste n'incite Londres à traîner encore plus les pieds dans les discussions sur le prix à payer pour solder le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE.
Theresa May, pour sa part, a fait savoir qu'elle pourrait avoir de nouvelles déclarations à faire sur le règlement financier du Brexit lors du Conseil européen des 19 et 20 octobre à Bruxelles.
"Sur le règlement financier en général, la Première ministre a été claire depuis le début sur le fait que nous devons parvenir à un accord et que nous honorerons nos engagements", a déclaré sa porte-parole.
"La Première ministre sera à Bruxelles la semaine prochaine où elle s'entretiendra avec les dirigeants européens au Conseil européen et je suis donc convaincue qu'il y aura davantage à dire."
Pour débloquer la situation, les dirigeants de l'UE, qui se réunissent les 19 et 20 octobre en sommet à Bruxelles, pourraient inviter leurs négociateurs à commencer à travailler de leur côté sur ce que pourrait être le futur cadre des relations entre Londres et l'UE, notamment sur une période de transition de deux ans suivant le Brexit, programmé pour fin mars 2019.
"UN GRAND GESTE"
"Le Conseil européen invite le Conseil (Art. 50) et le négociateur de l'Union (Michel Barnier) à entamer les discussions internes préparatoires", propose une première version du projet de conclusions élaboré par le président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'intention des gouvernements de l'Union, Grande-Bretagne exceptée, en vue du sommet de la semaine prochaine.
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Rendez-vous serait fixé ensuite pour le sommet européen des 14 et 15 décembre. Si, à ce stade, les négociations sur les termes du divorce ont progressé, la seconde phase du processus pourra alors être lancée sans attendre.
"C'est un grand geste en direction de la Grande-Bretagne, peut-être trop grand", a dit un diplomate européen avant une réunion vendredi destinée à étudier le document présenté par Donald Tusk.
Un autre diplomate a évoqué une "mission de sauvetage" pour aider Theresa May, un troisième une tentative pour éviter "un désastre". "Certains pays ne sont pas contents mais que pouvons-nous faire d'autre ?", a-t-il dit.
L'Allemagne défend une ligne dure, craignant qu'un geste vis-à-vis de Londres ne fasse que compliquer les discussions.
Il appartient à la Grande-Bretagne de débloquer les négociations, a estimé vendredi le gouvernement allemand, ajoutant que "le temps commençait à manquer".
Londres, a ajouté le porte-parole du gouvernement allemand, doit agir avant le dernier sommet européen de l'année, en décembre. "Cela signifie que savoir s'il y aura suffisamment de progrès pour lancer la seconde phase des négociations est toujours entre les mains de la Grande-Bretagne", a poursuivi Steffen Seibert.
"ILS DOIVENT PAYER"
Selon les principes de la négociation fixés par les Européens, il faut d'abord que les deux parties enregistrent des "progrès suffisants" sur les modalités du divorce avant de lancer dans un deuxième temps les discussions sur les relations futures entre Londres et l'UE.
Clôturant jeudi la cinquième session de négociations avec les Britanniques, Michel Barnier, le chef des négociateurs européens, a déclaré que les discussions étaient "dans une impasse" sur la question de la facture du divorce dont Londres devra s'acquitter.
"Ils (les Britanniques) doivent payer. Ils doivent payer", a insisté pour sa part, vendredi à Luxembourg, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.
Michel Barnier avait ajouté qu'il ne pourrait pas proposer aux chefs d'Etat et de gouvernement de lancer la deuxième phase des discussions, portant sur le futur cadre des relations commerciales.
Il a toutefois indiqué que l'Union était disposée à poursuivre le dialogue afin d'éviter le "hard Brexit". Selon le Handelsblatt, cela pourrait passer par un accord de transition de deux ans.
Depuis le départ, les Européens réclament des "progrès suffisants" sur les principaux contentieux du divorce (facture du Brexit, droits des ressortissants européens au Royaume-Uni et britanniques dans l'UE, frontière nord-irlandaise) avant de lancer les négociations sur une éventuelle période de transition et des futures relations commerciales. Or, Londres aimerait mener les deux phases de concert.
(Avec Andreas Rinke, Noah Barkin, Peter Maushagen et Paul Sandle; Nicolas Delame, Pierre Serisier, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)
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