Au Venezuela, affrontement Maduro-opposition dans les urnes
reuters.com

Au venezuela, affrontement maduro-opposition dans les urnes
RICARDO MORAES
reuters.com

Au venezuela, affrontement maduro-opposition dans les urnes
RICARDO MORAES
par Diego Oré
CARACAS (Reuters) - Un nouvel épisode de l'affrontement entre le président Nicolas Maduro et l'opposition se joue dimanche au Venezuela à l'occasion de l'élection des gouverneurs régionaux.
Le scrutin intervient après des mois de manifestations de rue quasi quotidiennes, des troubles émaillés de graves violences qui ont fait jusqu'en juillet au moins 125 morts.
Le Venezuela, bien que riche en hydrocarbures, traverse depuis des années une profonde crise politique et sociale mais surtout économique, avec pénurie de biens de première nécessité et hyperinflation.
Le Parti socialiste du président Maduro détient 20 des 23 Etats, depuis les dernières élections régionales il y a quatre ans. Les trois gouverneurs restants appartiennent à la coalition d'opposition, la Table pour l'unité démocratique (MUD).
L'opposition compte sur la forte impopularité du régime pour obtenir une bonne dizaine de postes de gouverneur, voire plus.
Selon une récente enquête d'opinion de l'institut Datanalisis, elle recueillerait 44,7% des suffrages exprimés contre 21,1% pour le parti au pouvoir.
Le taux d'abstention toutefois devrait être élevé, ce qui handicaperait a priori les candidats de l'opposition.
"DICTATURE"
Un bon résultat pour une opposition qui peine à s'unir, dit-on dans les milieux politiques à Caracas, lui fournirait néanmoins un levier pour amener le président Maduro à accepter un processus de négociation sérieux.
Des discussions pour trouver une solution politique à la crise ont débuté fin septembre à Saint-Domingue mais elles en étaient au stade exploratoire et sont pour l'instant gelées.
Le chef de l'Etat, en attendant, souffle le chaud et le froid et semble peu enclin à faire des concessions.
Il cherche notamment, dit-on de même source, à confirmer par ce scrutin régional la primauté de l'Assemblée constituante, élue fin juillet et décriée par l'opposition et la majeure partie de la communauté internationale.
Les futurs gouverneurs, a-t-il ainsi prévenu, devront "prêter serment et se soumettre" à l'Assemblée constituante, au risque d'être destitués.
L'opposition, elle, espère obtenir autant de "têtes de pont" que possible, pour reprendre l'expression du député Juan Requesens. Et souhaite que le vote contribue à affaiblir ce qu'elle appelle "la dictature de Maduro".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Le président vénézuélien, qui est au pouvoir depuis 2013 et la mort de son mentor, Hugo Chavez, veut voir dans le vote le meilleur moyen d'avancer vers la paix sociale dans le pays.
"Dimanche, le peuple vénézuélien va voter pour la paix et pour dire à Donald Trump, avec chaque bulletin de vote, de ne pas se mêler des affaires du Venezuela, parce que les affaires du Venezuela, nous nous en occupons entre Vénézuéliens", a-t-il déclaré il y a quelques jours.
(Gilles Trequesser pour le service français)
reuters.com