Les conservateurs en tête des législatives en Autriche
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Les conservateurs en tete des legislatives en autriche
LEONHARD FOEGER
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Les conservateurs en tete des legislatives en autriche
LEONHARD FOEGER
par Shadia Nasralla et Kirsti Knolle
VIENNE (Reuters) - Le Parti populaire autrichien (ÖVP, conservateur) est arrivé en tête des élections législatives de dimanche et devra sans doute s'allier à l'extrême droite pour former un gouvernement, selon plusieurs projections réalisées pour les médias.
Le parti dirigé par le ministre des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, 31 ans, aurait recueilli 31,6% des suffrages après une campagne centrée sur la lutte contre l'immigration.
Il devancerait le Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite), qui obtiendrait 26% des voix et avait accusé Kurz de plagiat dans ses thèmes de campagne. Les deux formations améliorent leurs scores par rapport à 2013.
Les sociaux-démocrates (SPÖ) du chancelier Christian Kern sont crédités de 26,9% des suffrages après dépouillement de 86% des bulletins.
La tenue de ces élections législatives anticipées a été précipitée par Sebastian Kurz qui a réclamé après son arrivée à la tête de l'ÖVP en mai la suspension de la coalition de gouvernement entre les conservateurs et les sociaux-démocrates.
Le jeune dirigeant, qui devrait logiquement se tourner vers l'extrême droite pour former une coalition, a toutefois pris soin de conserver toutes ses options, n'excluant pas de travailler avec les sociaux démocrates si Christian Kern est remplacé à la tête du SPÖ par le ministre de la Défense Peter Doskozil.
Dans une intervention sur l'ORF, Kurz a indiqué qu'il entendait former un gouvernement stable mais qu'il existait plusieurs options.
LES EFFETS DE LA CRISE MIGRATOIRE
La crise migratoire de 2015 a conduit l'Autriche à accueillir des réfugiés qui représentent environ 1% de sa population, estimée à 8,6 millions d'habitants, soit un des taux les plus élevés en Europe.
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Nombre d'électeurs autrichiens estiment que leur pays est envahi et Sebastian Kurz a joué sur ce sentiment lors de sa campagne électorale.
Heinz-Christian Strache, leader du FPÖ qui a accusé son jeune rival de lui voler ses idées, n'a pas souhaité se prononcer sur le partenaire que son parti entend privilégier.
"Tout est possible", a-t-il dit sur la chaîne ORF. "Nous sommes contents de ce grand succès et une chose est claire : près de 60% de la population autrichienne a voté pour le programme du FPÖ".
Ce dernier ne réussit toutefois pas à battre son meilleur score qui était de 26,9% en 1999.
Les sociaux démocrates avaient également envisagé une alliance avec le FPÖ, ce qui place de fait la formation anti-immigration dans la position d'arbitre. Elle pourrait jouer un parti contre l'autre lors de la phase de négociations.
Toutefois, il semble très peu probable que le SPÖ cherchera à s'associer à l'extrême droite si les sociaux démocrates sont seulement troisièmes de ces élections.
Interrogé sur les conséquences de cette élection sur sa carrière politique, Christian Kern a affirmé qu'il n'avait pas l'intention de quitter la tête du SPÖ. "J'ai dit que j'entendais rester en politique pendant dix ans et il en reste encore neuf", a-t-il déclaré.
(François Murphy; Tangi Salaün pour le service français)
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