L'armée irakienne achève la reprise de Kirkouk, des combats signalés
reuters.com

Combats entre forces irakiennes et kurdes pres de kirkouk
AKO RASHEED
reuters.com

Combats entre forces irakiennes et kurdes pres de kirkouk
AKO RASHEED
BAGDAD/KIRKOUK, Irak (Reuters) - L'armée irakienne s'est emparée vendredi du dernier secteur de la province de Kirkouk où les peshmergas kurdes étaient présents après trois heures de combats, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité à Bagdad.
Le district d'Altoun Koupri, nommée Perde en kurde, se trouve sur la route entre Kirkouk et Erbil, capitale de la région autonome qui s'est prononcée pour son indépendance, le 25 septembre, dans le cadre d'un référendum jugé inconstitutionnel par Bagdad.
Des membres du Service irakien antiterroriste épaulés par des miliciens pro-iraniens des Unités de mobilisation populaire et des agents de la police fédérale ont pris la direction d'Altoun Koupri vers 07h30 (04h30 GMT), selon un porte-parole de l'armée. "Des détails seront communiqués ultérieurement", a-t-il ajouté.
Les peshmergas se sont retirés après avoir tenté de les repousser par des tirs de mitrailleuses, de mortiers et de lances-roquettes, dit-on de sources proches des services de sécurité. On ignore si l'accrochage, deuxième du genre depuis lundi, a fait des victimes.
L'armée, que Bagdad a chargée de restaurer l'autorité de l'Etat après le référendum, a repris au début de la semaine le secteur pétrolier de Kirkouk, dont les forces kurdes s'étaient retirées au préalable.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Le district d'Altoun Koupri, qui fait partie de la province de Kirkouk, se trouve à la limite de celle d'Erbil.
A Bagdad, le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, a exhorté le gouvernement central à protéger la population kurde dans le nord de l'Irak.
L'appel a été lancé lors de la prière du vendredi dans la ville sainte de Kerbala par l'un de ses représentants.
Des abus ont été signalés contre les Kurdes à Kirkouk et dans d'autres régions reprises depuis lundi par les forces irakiennes.
La France a exhorté vendredi le gouvernement irakien à "la retenue" et "à respecter pleinement les droits légitimes des Kurdes."
Dans la même perspective, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a précisé lors d'un point de presse que Paris demandait "au gouvernement régional du Kurdistan de dialoguer dans le cadre constitutionnel irakien".
"L'unité est indispensable parce que les terroristes islamistes se nourriront des divisions qui peuvent réapparaître", a déclaré pour sa part Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil européen, à Bruxelles.
Quelque cent mille civils kurdes ont fui depuis le début de la semaine l'avancée des forces gouvernementales, a affirmé jeudi le gouvernement régional du Kurdistan (GRK).
Les Nations unies ont exprimé jeudi leur inquiétude à la suite d'informations faisant état de déplacements forcés et de destruction d'habitations et de commerces appartenant à des Kurdes, principalement à Touz Khourmato, 75 kilomètres au sud-est de Kirkouk.
A Khanakine, près de la frontière irako-iranienne, un manifestant kurde a été tué et six autres ont été blessés par les forces de sécurité irakiennes alors qu'ils protestaient contre la prise de la ville par Bagdad, a déclaré le maire.
(Maher Chmaytelli, Jean-Baptiste Vey à Bruxelles, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
reuters.com