Les partis allemands contre un budget commun à la zone euro
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Les partis allemands contre un budget commun a la zone euro
Fabrizio Bensch
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Les partis allemands contre un budget commun a la zone euro
Fabrizio Bensch
par Noah Barkin et Andreas Rinke
BERLIN (Reuters) - Aucun des partis impliqués dans les négociations en vue de former une coalition gouvernementale en Allemagne ne soutient l'idée d'un budget spécifique à la zone euro, avancée par Emmanuel Macron, a déclaré mercredi un négociateur des Verts.
Le parti écologiste allemand était considéré comme le plus apte à soutenir l'idée d'un budget commun, émise par le président français dans un discours prononcé deux jours après les élections législatives allemandes du 24 septembre, le Parti libéral-démocrate (FDP) et les conservateurs CDU-CSU d'Angela Merkel ayant déjà fait savoir qu'ils y étaient hostiles.
Les Verts se sont donc semble-t-il pliés à l'exigence de discipline budgétaire prônée par leurs partenaires de négociation.
Dans un document conjoint mis au point mardi soir, les trois partis en négociation ont déclaré qu'ils étaient tous d'accord avec l'idée d'un budget équilibré. En outre, ils se sont dits opposés à l'idée d'Emmanuel Macron d'un budget spécifique à la zone euro, a précisé un dirigeant des Verts qui a participé à ces discussions nocturnes.
"Aucun des partis impliqués ne soutient un budget de la zone euro", a déclaré l'eurodéputé écologiste Reinhard Bütikofer.
Les Grünen appuient l'idée d'une augmentation des investissements dans les infrastructures, mais dans le cadre du budget existant de l'Union européenne, a-t-il dit.
Les trois partis de la future coalition "Jamaïque" (aux couleurs du drapeau jamaïcain: noir pour la CDU-CSU, jaune pour le FDP, vert pour les Grünen), doivent se revoir jeudi pour mettre la dernière main à un document commun sur l'Europe.
Dans le document relatif à la politique budgétaire approuvé mardi soir, figure la promesse de respecter le "frein à l'endettement", disposition inscrite dans la Constitution depuis 2009 et qui contraint le gouvernement fédéral à quasiment supprimer les déficits structurels en les limitant à 0,35% du Produit intérieur brut (PIB).
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CONCESSION
Les partis prévoient aussi une baisse de la fiscalité pour les familles modestes. Ils évoquent aussi la suppression de la "taxe de solidarité" mise en place pour aider les Länder d'Allemagne orientale après la réunification du pays et qui doit expirer en 2019.
Des incitations financières pour mieux isoler les logements sont également prévues.
Avant les discussions, les Verts se disaient opposés à l'idée de parvenir à un budget à l'équilibre à tout prix. Ils semblent avoir fait cette concession en échange de cette promesse de subvention énergétique.
Cem Ozdemir, coprésident des Verts, a toutefois souligné mercredi matin à l'issue de ces discussions qu'un accord de coalition était encore loin d'être à portée de main, évoquant la persistance de nombreux obstacles.
Sur le site internet des Grünen, Ozdemir déclare que les partenaires potentiels d'une coalition se sont entendus pour ne pas augmenter le budget de la défense, une hausse pourtant promise par Angela Merkel au printemps dernier.
Ce possible futur ministre des Affaire étrangères a également déclaré que la nouvelle coalition devrait fournir une réponse "pro-européenne" aux propositions d'Emmanuel Macron et du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sur les thèmes du renforcement de la coopération pour les questions budgétaires, militaires et relatives aux réfugiés.
"Il y a beaucoup de divergences à surmonter. Mais j'espère qu'il y aura un engagement net envers l'Europe", a déclaré Cem Ozdemir dans une vidéo mise en ligne sur el site des Verts.
Un membre du FDP ayant participé aux discussions a suggéré que les Verts ont peut-être trop cédé dans les discussions de mardi soir. Il a dit craindre que la direction du parti écologiste ne soit contrainte par sa base en colère à changer de tactique dans les jours à venir.
L'ancien chancelier allemand social-démocrate Gerhard Schröder, qui a été au pouvoir avec les Verts pendant sept ans, a accusé les écologistes de vouloir à tout prix revenir aux affaires et d'ainsi "faire le lit de Mme Merkel".
La question de l'immigration pourrait aussi être un point difficile des négociations tripartites. La question des réfugiés sera discutée jeudi.
(Gernot Heller, Hans-Edzard Busemsann, Matthias Sobolewski; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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