Election maintenue ce jeudi au Kenya, Odinga appelle au boycott
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Pas de decision de la cour supreme du kenya sur l'election de jeudi
Thomas Mukoya
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Pas de decision de la cour supreme du kenya sur l'election de jeudi
Thomas Mukoya
par Katharine Houreld et George Obulutsa
NAIROBI (Reuters) - L'opposant kényan Raila Odinga a appelé mercredi ses partisans à boycotter l'élection présidentielle maintenue ce jeudi en dépit des violences et des controverses politiques qui ont émaillé la campagne.
"S'il n'y a pas de justice pour le peuple, qu'il n'y ait pas de paix pour le gouvernement", a-t-il dit à ses partisans, réunis à Nairobi peu après l'annonce du maintien du scrutin.
"Convainquez vos amis, vos voisins et tous les autres de ne pas participer", a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il ne fallait pas insulter ou agresser ceux qui soutenaient le président sortant Uhuru Kenyatta, mais plutôt leur ouvrir les yeux.
Quelques instants plus tôt, la Commission électorale avait confirmé que l'élection aurait bien lieu, tirant les conclusions de l'incapacité de la Cour suprême à prendre une décision sur un éventuel report du scrutin.
Seule la plus haute instance judiciaire du pays avait le pouvoir de retarder l'élection, dont les préparatifs ont été fortement perturbés par des controverses et des violences qui ont fait plusieurs dizaines de morts.
Mais le président de la Cour suprême, David Maraga, a expliqué en direct à la télévision que cinq magistrats manquaient à l'appel, empêchant la cour de trancher. L'un d'eux était indisponible pour des raisons de santé, un autre était à l'étranger et un troisième n'a pu se rendre à l'audience car son garde du corps avait été blessé par balles, a-t-il précisé. On ignore pour quels motifs les deux autres juges étaient absents.
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A Kisumu, fief de l'opposition dans l'ouest du pays, plusieurs centaines de manifestants ont allumé des feux dans les rues quelques minutes après l'annonce de la Cour suprême. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser.
A Nairobi, la capitale, les partisans d'Odinga ont convergé vers le Parc Uhuru, où l'opposant, qui a décidé de retirer sa candidature pour protester contre l'absence de changements au sein de la Commission électorale, leur a annoncé qu'il allait mener une campagne de désobéissance civile contre le gouvernement et a réclamé qu'un nouveau scrutin se tienne dans les 90 jours.
"Si le gouvernement subvertit la volonté souveraine du peuple (...), alors le peuple sera en droit de se rebeller contre ce gouvernement", a averti de son côté le gouverneur du comté de Kisumu, et partisan d'Odinga, Anang Nyong'o.
Le vice-président kényan, William Ruto, s'est félicité lui du maintien du scrutin. "Dieu est grand ! Les plans maléfiques visant à priver les Kényans du droit de voter demain (jeudi) ont échoué. Nous déciderons et nous ferons progresser notre pays", a-t-il réagi sur Twitter.
Uhuru Kenyatta a remporté la présidentielle qui s'est tenue le 8 août mais la Cour suprême du pays a annulé dans un arrêt rendu le 1er septembre les résultats de ce scrutin entachés, selon elle, d'irrégularités. La juridiction avait alors ordonné la tenue d'une nouvelle élection dans un délai de 60 jours.
Le Kenya redoute une répétition des violences post-électorales de 2007, quand des affrontements entre partisans de Mwai Kibaki, président sortant proclamé vainqueur, et de Raila Odinga, avaient fait 1.200 morts.
(Maggie Fick, David Lewis et John Ndiso, avec Baz Ratner à Kisumu; Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Arthur Connan pour le service français)
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