Coup d'envoi des prochaines réformes sociales de Macron
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Coup d'envoi des prochaines reformes sociales de macron
Benoit Tessier
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Coup d'envoi des prochaines reformes sociales de macron
Benoit Tessier
par Caroline Pailliez
PARIS (Reuters) - Le Premier ministre a présenté mercredi la feuille de route des réformes de l'apprentissage, de la formation professionnelle et de l'assurance chômage, prochains grands chantiers du quinquennat d'Emmanuel Macron après celui du Code du travail.
"J'avais indiqué que notre objectif, c'était de nous attaquer au chômage de masse, en l'attaquant par tous les côtés", a dit Edouard Philippe lors d'une conférence de presse, avec à ses côtés les ministres du Travail et de l'Education nationale, Muriel Pénicaud et Jean-Michel Blanquer.
"C'est le sens de cet acte deux de la réforme du marché du travail dont le but est (...) d'offrir de nouvelles protections et de vraies garanties aux actifs", a-t-il ajouté.
La remise à plat de la formation professionnelle et de l'apprentissage devra garantir une meilleure qualité des formations dispensées et un accès plus facile.
Le gouvernement souhaite également ouvrir le système de l'assurance chômage aux indépendants et, une fois tous les cinq ans, aux démissionnaires. Il veut aussi jouer un rôle accru dans la gouvernance du régime.
"Beaucoup d'études montrent qu'environ 50% des emplois seront profondément transformés dans les dix ans qui viennent", a expliqué Muriel Pénicaud. "Par rapport à ce défi immense, nous avons besoin de plus de simplicité, plus de rapidité".
Edouard Philippe souhaite que le projet de loi soit adopté en conseil des Ministres avant le printemps 2018 pour être débattu dans la foulée au Parlement. Il avait auparavant dit viser une entrée en vigueur en janvier 2019.
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FEUILLE DE ROUTE
Une concertation sur la réforme de l'apprentissage impliquera tous les acteurs, comme pour la réforme du Code du travail. Des groupes de travail mis sur pied à partir de début novembre devront proposer des orientations d'ici janvier 2018.
Muriel Pénicaud veut notamment améliorer l'articulation entre lycées professionnels et centres d'apprentissage, revoir la carte des formations en fonction des besoins des branches et des entreprises et simplifier le mode de financement.
La formation professionnelle devrait être l'objet d'une négociation interprofessionnelle, comme le souhaitent les partenaires sociaux. Patronat et syndicats devront donc s'entendre sur les modalités d'application de la réforme.
Ils recevront une lettre de cadrage du gouvernement leur indiquant les grandes orientations dans une quinzaine de jours, pour que les discussions démarrent à la mi-novembre.
Le gouvernement mènera en parallèle des concertations avec les régions sur ce sujet.
Les discussions sur la réforme de l'assurance chômage, qui devraient débuter fin novembre pour se terminer en janvier, commenceront par une rencontre multilatérale, conformément au souhait des partenaires sociaux.
Mais il n'est pas possible à ce stade, selon le gouvernement de préciser si la suite prendra la forme de négociations ou de concertations. "Sur l'assurance chômage, on est sur un terrain plus nouveau (...) Il faut d'abord qu'on pose des hypothèses, un diagnostic", a expliqué Muriel Pénicaud.
En plus de l'ouverture du régime aux indépendants et démissionnaires, elle entend lutter contre le travail précaire par un système de type bonus-malus pour décourager l'abus de contrats courts et encourager les contrats à durée indéterminée (CDI). Elle dit aussi vouloir améliorer le contrôle de la recherche d'emploi.
CLIMAT SOCIAL TENDU
La plupart des organisations syndicales, tenues partiellement au courant du format des futures rencontres, s'étaient montrées satisfaites.
"Si ça se passe comme on nous l'a dit, ça devrait mieux se passer que la dernière fois", avait dit le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre, la ministre du Travail et le ministre de l'Education.
Mais ces réformes arrivent dans un climat social tendu. La CGT, Solidaires et des syndicats étudiants, suivis cette fois par Force ouvrière, ont annoncé mardi une nouvelle journée de mobilisation contre la politique "libérale" d'Emmanuel Macron.
CFDT, CFTC, Unsa et Fage ont, elles, envoyé une mise en garde au gouvernement, l'exhortant à "prendre en compte les inquiétudes, alimentées par certaines mesures" comme la baisse des aides au logement ou la réforme de l'impôt sur la fortune.
Pour ces syndicats, les "futures réformes de l'assurance chômage et de la formation professionnelle doivent rééquilibrer les souplesses accordées aux entreprises" par les ordonnances sur la réforme du droit du travail.
(Edité par Emmanuel Jarry)
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