L'OIAC juge Damas responsable de l'attaque chimique d'avril
reuters.com

L'oiac juge damas responsable de l'attaque chimique d'avril
Carlo Allegri
reuters.com

L'oiac juge damas responsable de l'attaque chimique d'avril
Carlo Allegri
NATIONS UNIES (Reuters) - Les Nations unies et l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) ont conclu à la responsabilité du gouvernement syrien dans l'attaque au gaz qui a fait des dizaines de morts en avril dernier dans la ville de Khan Cheikhoune.
"La République arabe syrienne est responsable de la propagation de (gaz) sarin à Khan Cheikhoune le 4 avril 2017", déclare le Mécanisme d'enquête conjoint (JIM) créé par l'Onu et l'OIAC dans un rapport envoyé jeudi au Conseil de sécurité.
Dans la foulée de cette attaque à l'arme chimique qui a fait plus de 80 morts dont de nombreux enfants, les Etats-Unis avaient mené des tirs de missile sur une base aérienne syrienne, considérée par Washington comme point de départ de l'offensive.
"Encore et encore, nous recevons des confirmations indépendantes de l'usage d'armes chimiques par le régime d'Assad", a déclaré l'émissaire américaine aux Nations unies, Nikki Haley.
"Le Conseil de sécurité doit envoyer un message clair, l'utilisation d'armes chimiques par quiconque ne sera pas tolérée, et doit appuyer pleinement le travail des enquêteurs impartiaux", a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Dans son rapport, le JIM conclut en outre à la responsabilité de l'Etat islamique (EI) dans l'utilisation de gaz moutarde dans la ville syrienne d'Oumm Haouche les 15 et 16 septembre 2016.
L'AVENIR DE L'ENQUÊTE EN QUESTION
Le JIM, créé en 2015 à l'unanimité des quinze membres du Conseil de sécurité, puis renouvelé en 2016 pour un an, mais voit son mandat expirer mi-novembre.
Mardi, la Russie a bloqué une résolution présentée au Conseil de sécurité de l'Onu qui visait à prolonger son travail.
L'ambassadeur russe aux Nations unies, Vassili Nebenzia, a déclaré cette semaine qu'une extension du mandat d'enquête pourrait être envisagée une fois le rapport de jeudi discuté.
"La poursuite de l'usage d'armes chimiques, y compris par des acteurs non étatiques, est profondément inquiétante", estime le rapport conjoint.
"Si un tel usage, en dépit de l'interdiction de la communauté internationale, n'est pas enrayé maintenant, l'absence de conséquences va sans doute encourager d'autres (acteurs) à faire de même", poursuit le texte.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Damas a "rejeté dans la forme et le fond ce qui est indiqué dans le rapport", a rapporté l'agence officielle syrienne Sana, citant un responsable du ministère des Affaires étrangères.
Ce dernier a déclaré que le rapport avait été compilé sur instruction des Etats-Unis et d'autres pays occidentaux afin d'exercer "davantage de pressions politiques" sur le gouvernement syrien.
"(Damas) condamne le fait que le JIM se soit appuyé sur des paroles des criminels qui ont commis cet acte immoral à Khan Cheikhoune et sur celles de témoins suspects ainsi que sur de soi-disant sources ouvertes", a déclaré le responsable.
Le mécanisme d'enquête conjoint a déjà conclu à la responsabilité du régime syrien dans trois attaques au chlore en 2014 et 2015.
Le gouvernement de Bachar al Assad a accepté en 2013 de détruire ses armes chimiques en vertu d'un accord conclu sous la houlette de la Russie et des Etats-Unis. Les autorités syriennes n'ont cessé de nier l'usage de ces armes au cours des six années de conflit.
(Rodrigo Campos; Jean-Stéphane Brosse et Julie Carriat pour le service français)
reuters.com