Election inachevée au Kenya, où la tension reste forte
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Election inachevee au kenya, ou la tension reste forte
SIEGFRIED MODOLA
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Election inachevee au kenya, ou la tension reste forte
SIEGFRIED MODOLA
par Maggie Fick
KISUMU, Kenya,n (Reuters) - Le report à une date indéterminée de l'élection présidentielle kényane dans les bastions de l'opposition éloigne le spectre de nouvelles violences mais pose la question de la validité du scrutin de jeudi: le président sortant Uhuru Kenyatta peut-il être déclaré vainqueur alors que plus de 20 circonscriptions sur 290 n'ont pas pris part au vote ?
Le chef de l'Etat a remporté plus de 97% des suffrages exprimés, d'après les décomptes effectués samedi par les médias de Nairobi. Mais avec un taux de participation inférieur à 35% et face à un pays profondément divisé, son espoir d'obtenir un mandat clair pour diriger la première économie d'Afrique de l'Est s'est évanoui.
L'élection du 26 octobre devait remplacer celle du 8 août, remportée par Uhuru Kenyatta mais invalidée le 1er septembre par la Cour suprême pour cause d'irrégularités.
Mais le chef de l'opposition Raila Odinga a appelé au boycott de ce nouveau scrutin pour protester contre l'absence de garanties d'équité. Il avait remporté 44,7% des voix lors de l'élection du mois d'août, marqué par un taux de participation de près de 80%.
Dans un tweet posté samedi, le vice-président kényan a cherché à revendiquer la victoire et à discréditer l'opposition. "La nouvelle élection confirme que LE PEUPLE EST SUPRÊME."
Ni les deux grands partis du pays, l'alliance Jubilee d'Uhuru Kenyatta et la National Super Alliance de Raila Odinga, ni la commission électorale ne prévoient de s'exprimer ce samedi, alors qu'un premier recours a été déposé dès vendredi par un militant pour faire annuler l'élection.
DÉCONNECTÉS
Les Kényans redoutent une répétition des violences interethniques de 2007 qui avaient fait plus de 1.200 morts et 600.000 déplacés après le refus d'Odinga de reconnaître sa défaite à la présidentielle face au prédécesseur d'Uhuru Kenyatta, Mwai Kibaki.
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Comme en 2007 et 2013, les partisans d'Odinga, membre de l'ethnie Luo, ont le sentiment de s'être fait voler l'élection par les Kikuyu, l'ethnie qui a fourni trois des quatre chefs de l'Etat depuis l'indépendance en 1963, dont Uhuru Kenyatta.
La colère gronde dans les bastions de l'opposition situés dans l'ouest du pays autour de Kisumu, ainsi que dans les bidonvilles de Nairobi et la ville côtière de Mombasa.
"Les gens de cette région (l'Ouest, NDLR) se sentent isolés du reste du pays", a déclaré Eric Chitayi, un garde de sécurité travaillant à Kisumu. "On se sent déconnectés."
Au moins cinq personnes sont mortes depuis le nouveau scrutin de jeudi. Dans les jours qui avaient suivi l'élection du 8 août, au moins 45 personnes avaient péri dans des affrontements avec la police.
Vendredi soir, dans le bidonville de Kawangware à Nairobi, un journaliste de Reuters a pu voir une centaine de jeunes armés de machettes portant des tee-shirts rouges - aux couleurs du parti au pouvoir - alors qu'un groupe de partisans de l'opposition se heurtait aux forces de l'ordre.
Dans la ville de Migori, autre théâtre de violences dans l'ouest du pays, un journaliste local a dit avoir été agressé samedi matin par la police.
"Ils m'ont expulsé de mon domicile. J'ai montré ma carte de presse, ils m'on giflé et frappé avec un bâton", a déclaré Caleb Kingwara, qui est photographe pour le journal The Standard.
"Il est impératif que les forces de sécurité assurent la protection de tous les citoyens et évitent l'usage excessif de la force", a déclaré l'Union européenne dans un communiqué.
(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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