Grande manifestation des unionistes espagnols à Barcelone
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par Sonya Dowsett et Paul Day
BARCELONE (Reuters) - Plusieurs centaines de milliers de partisans de l'unité espagnole se sont rassemblés dimanche dans les rues de Barcelone dans l'une des plus grandes démonstrations de force des adversaires à l'indépendance de la Catalogne dont les dirigeants refusent de se soumettre aux injonctions de Madrid.
Cette manifestation intervient alors qu'un sondage publié dans la journée par le quotidien madrilène El Mundo montre que partisans et adversaires de l'indépendance catalane sont au coude-à-coude en vue des élections régionales.
Les tenants de l'union avec l'Espagne conservent une courte avance selon cette enquête réalisée par l'institut Sigma Dos auprès de 1.000 personnes entre lundi et jeudi, avant l'adoption par le Parlement catalan d'une déclaration d'indépendance et la mise sous tutelle de la région par le gouvernement central espagnol, qui a convoqué des élections pour le 21 décembre.
Elle pronostique une courte victoire des partis anti-indépendantistes, avec 43,4% des voix contre 42,5% des voix aux partis indépendantistes, actuellement majoritaires au Parlement catalan.
El Mundo est hostile à l'indépendance de la Catalogne.
Selon le sondage du quotidien, le parti de gauche radicale CUP (Candidature d'unité populaire, séparatiste), obtiendrait sept sièges contre dix dans le Parlement sortant, dissous vendredi par Madrid. Le CUP a déclaré qu'il ne participerait à aucune élection organisée par Madrid.
La coalition indépendantiste Junts el Si (Ensemble pour le oui), qui détenait auparavant 62 sièges, obtiendrait entre 44 et 58 sièges. L'alliance est composée des partis PDeCat et ERC, qui ont été séparés pour les besoins de l'enquête, car il est peu probable qu'ils se présentent sous le même programme.
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Cette crise politique sans précédent depuis 40 ans en Espagne a convaincu les partisans de l'union de se mobiliser dimanche. "Je suis ici pour défendre l'unité de l'Espagne et le droit", a déclaré Alfonso Machado, un commerçant de 55 ans, brandissant un drapeau de l'Espagne en compagnie de sa petite fille.
"Sachant qu'au final il n'y aura pas d'indépendance, je suis désolé pour tous ces gens auxquels on a fait croire que ce serait possible et pour les divisions qui traversent la société catalane", a-t-il ajouté.
APPEL À LA MOBILISATION
Dans un discours prononcé lors de la manifestation de dimanche, l'ancien président du parlement européen, Josep Borrell, a appelé les électeurs à se mobiliser en masse le 21 décembre pour vaincre les partisans de l'indépendance.
"Peut-être que nous en sommes là parce que nombre d'entre nous ne sont pas allés voter aux élections. Nous avons désormais une opportunité unique. Cette fois, personne ne doit rester chez lui", a lancé Josep Borrell à la foule.
Dans une lettre ouverte adressée dimanche aux Mossos d'Esquadra, la police catalane, le ministre espagnol de l'Intérieur, Juan Ignacio Zoido, les a appelés à accepter l'autorité de la nouvelle structure administrative.
Cette force de l'ordre qui compte environ 17.000 membres est divisée sur la question de l'indépendance et leur chef Josep Lluis Trapero a été démis de ses fonctions par le gouvernement central.
Samedi, le président déchu de la Catalogne, Carles Puigdemont, avait appelé les partisans de l'indépendance à s'opposer démocratiquement à l'administration directe de la région par le pouvoir central.
"Nous continuons à persévérer dans la seule attitude qui peut nous faire gagner. Sans violence, sans insultes, (...) en respectant les gens et les symboles, et aussi en respectant les protestations des Catalans qui ne sont pas d'accord avec ce qu'a décidé la majorité parlementaire", a-t-il dit.
Carles Puigdemont a signé la déclaration en d'indépendance tant que président de la Catalogne, montrant ainsi qu'il n'acceptait pas son éviction.
La vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz Santamaria, a été chargée de superviser le processus de reprise en main de la région par le pouvoir central.
Mais cette administration directe de la région par le pouvoir madrilène pourrait se révéler compliquée dans les prochains jours.
(Paul Day; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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