La piste familiale évoquée après la fusillade du Texas
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La piste familiale evoquee apres la fusillade du texas
JONATHAN BACHMAN
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La piste familiale evoquee apres la fusillade du texas
JONATHAN BACHMAN
par Lisa Maria Garza et Jon Herskovitz
SUTHERLAND SPRINGS, Texas (Reuters) - Les autorités texanes ont évoqué lundi la piste familiale au lendemain de la fusillade qui a fait 26 morts et 20 blessés dans une église baptiste de Sutherland Springs, un village de 400 habitants situé à une soixantaine de kilomètres à l'est de San Antonio.
L'armée de l'air a reconnu de son côté que le tueur, Devin Kelley, un homme blanc de 26 ans, avait servi dans ses rangs entre 2010 et 2014 et que son commandement avait omis de faire remonter au FBI des informations relatives à sa condamnation en 2012 par une cour martiale pour des violences domestiques sur sa première épouse et sur le bébé de cette dernière.
"Les premiers éléments indiquent que le délit de violence domestique commis par Kelley n'a pas été inscrit sur le registre du Centre d'information criminelle nationale par le bureau des enquêtes spéciales de la base aérienne d'Holloman", a déclaré lundi soir une porte-parole de l'armée de l'air.
Le FBI utilise ce registre pour vérifier les antécédents nécessaires à la vente d'une arme à feu. La législation fédérale interdit de vendre ou de procurer une arme à feu à une personnes reconnue coupable d'un crime impliquant des violences domestiques contre un conjoint ou un enfant.
Lorsque Kelley, par deux fois, s'est procuré des armes dans un magasin de San Antonio, la vérification de ses antécédents n'a rien révélé.
Le passé judiciaire du jeune homme de 26 ans, qui s'est suicidé après avoir été pris en chasse et blessé par des habitants, comporte d'autres faits de violence et de harcèlement présumé.
Son passage à l'acte, dimanche dans la petite communauté, semble lié à des problèmes avec sa belle-famille.
"Il y avait un problème dans la famille et la belle-famille. La belle-mère fréquentait l'église. Nous savons (...) qu'elle avait reçu des menaces de sa part", a déclaré Freeman Martin, porte-parole du département texan de la Sécurité publique.
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TRUMP: "CE N'EST PAS UNE QUESTION LIÉE AUX ARMES"
Devin Kelley, auteur de la pire fusillade de l'histoire du Texas, a ouvert le feu sur les fidèles qui étaient rassemblés à la First Baptist Church.
En sortant de l'église, il a été touché par un habitant qui a fait feu sur lui. Le tireur, qui portait un masque représentant une tête de mort, un gilet pare-balles et des vêtements militaires noirs, a laissé tomber son fusil d'assaut, un Ruger AR-556, et s'est enfui à bord de son véhicule.
Pris en chasse par deux habitants de la région, il a été retrouvé mort dans son véhicule. Les autorités estimaient lundi soir qu'il a été touché à deux reprises par l'un de ses poursuivants, à une jambe et au torse, mais qu'il s'est lui-même porté le coup fatal, se tirant une balle dans la tête.
"Nous avons affaire à la tuerie de masse la plus importante de l'histoire de notre Etat", a déploré le gouverneur du Texas Greg Abbott lors d'une conférence de presse.
"Le fait que la tragédie ait eu lieu dans une église, un lieu de prière, où ces personnes innocentes ont été abattues, aggrave naturellement cette tragédie", a-t-il poursuivi, précisant comme d'autres élus républicains que la tuerie n'influencerait pas son soutien au droit à porter une arme.
Du Japon, où il entamait lundi une tournée en Asie, Donald Trump a qualifié cette énième tuerie d'"acte maléfique", tout en écartant lui aussi le débat sur le contrôle des armes à feu.
"Ce n'est pas une question liée aux armes mais un problème de santé mentale", a dit le président américain. Le tireur était un "individu très dérangé, avec beaucoup de problèmes", a-t-il ajouté en citant les premiers éléments d'enquête. "Nous avons beaucoup de problèmes de santé mentale dans notre pays, comme en ont les autres pays. Mais ce n'est pas une question liée aux armes. Heureusement, quelqu'un d'autre avait une arme qui tirait dans la direction opposée."
Des élus démocrates ont pour leur part réclamé une nouvelle fois un durcissement de la loi sur les armes à feu. "Combien de gens encore devront mourir dans des églises, des concerts ou des écoles avant que nous cessions de laisser la National Rifle Association (ndlr, le lobby des armés à feu) contrôler les politiques relatives aux armes à feu de notre pays", s'est indignée sur Twitter la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.
Le bilan officiel de la tuerie est de 26 morts, dont une femme enceinte et son enfant à naître, intégré au nombre des victimes, a déclaré Freeman Martin. Le porte-parole du département texan de la Sécurité publique a ajouté que les autres victimes étaient âgées de dix-huit mois à 77 ans.
Quatorze enfants ont été tués, a dit sur NBC le shérif du comté de Wilson, Joe Tackitt. Des familles ont été décimées. Un couple, Joe et Claryce Holcombe, a dit au Washington Post avoir perdu huit membres de leur famille élargie.
La fille du pasteur de l'église, qui était âgée de 14 ans, a elle aussi péri.
Dix blessés étaient toujours dans un état critique lundi soir.
LONGUE SÉRIE
Le massacre de Sutherland Springs est le dernier en date d'une longue série aux Etats-Unis.
Il y a un peu plus d'un mois, le 1er octobre, les Etats-Unis ont été endeuillés par la tuerie la plus meurtrière de leur histoire. Cinquante-huit personnes qui assistaient à un concert de country music en plein air à Las Vegas ont été tuées par Stephen Paddock, un riche retraité de 64 ans.
En juin 2015, un suprémaciste blanc a tué neuf fidèles noirs dans un temple de l'Eglise épiscopale méthodiste de Charleston, en Caroline du Sud. Il a été jugé en début d'année et condamné à mort.
La tuerie de Sutherland Springs a eu lieu le jour du 8e anniversaire du massacre survenu le 5 novembre 2009 sur une base militaire à Fort Hood, au Texas, où 13 personnes ont été tuées. Un psychiatre de l'armée américaine a été condamné à mort pour ces faits et attend son exécution.
(Avec Bernie Woodall, Phil Stewart, Alex Dobuzinskis et Peter Szekely.; Jean-Stéphane Brosse, Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)
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