L'Allemagne va-t-elle reconnaître un troisième sexe ?
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BERLIN (Reuters) - La Cour constitutionnelle allemande s'est prononcée mercredi pour l'introduction dans les documents officiels d'une troisième catégorie d'identité sexuelle à côté des mentions "masculin" ou "féminin".
Il s'agit de répondre aux demandes des personnes qui ne se considèrent ni homme ni femme ou qui sont nées avec une anatomie sexuelle ambiguë.
La Cour constitutionnelle demande aux députés allemands de voter d'ici la fin 2018 une loi afin d'officialiser cette notion de "troisième sexe".
Il y a quatre ans, l'Allemagne a été le premier pays européen à autoriser que la mention du sexe ne soit pas indiquée sur les actes de naissance.
En 2016, la Cour fédérale de justice a cependant refusé de reconnaître l'existence juridique d'un troisième sexe, comme le réclamait une personne intersexuée, Vanja, qui avait finalement décidé de se tourner vers la Cour constitutionnelle.
Celle-ci juge que "l'assignation au sexe masculin ou féminin interfère avec le droit général à la vie privée, car elle oblige la personne à s'intégrer dans un système binaire qui ne correspond pas à son propre sens de l'identité".
En conséquence, la Cour invite les députés à introduire dans les documents concernés une mention telle que "inter", "divers" ou toute autre "désignation positive du sexe".
Le gouvernement allemand estimait en 2013 que les personnes intersexuées étaient entre 8.000 et 10.000 en Allemagne mais certaines associations pensent que le chiffre pourrait être dix fois plus élevé.
(Riham Alkousaa, Guy Kerivel pour le service français)
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