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Le Liban pense que Hariri est détenu en Arabie saoudite

reuters.com

Publié le 09 novembre 2017 à 10:17 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:43

Le liban considere que hariri est detenu en arabie saoudite

Le liban considere que hariri est detenu en arabie saoudite

Omar Ibrahim

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Laila Bassam et Tom Perry

BEYROUTH (Reuters) - Le Liban considère que Saad Hariri, qui a annoncé samedi de Ryad sa démission du poste de Premier ministre, est virtuellement en état d'arrestation en Arabie saoudite, a-t-on appris jeudi de deux sources gouvernementales autorisées à Beyrouth.

Selon une troisième source, proche de Saad Hariri, les Saoudiens ont ordonné au dirigeant libanais de présenter sa démission et l'ont placé en résidence surveillée.

Les autorités libanaises, ajoute-t-on, veulent prendre contact avec des pays étrangers pour obtenir le retour de Saad Hariri au Liban.

"Le Liban s'apprête à demander à des pays étrangers et arabes d'exercer une pression sur les Saoudiens afin qu'ils libèrent le Premier ministre Saad Hariri", a déclaré une des sources gouvernementales.

"Restreindre la liberté de Saad Hariri à Ryad est une atteinte à la souveraineté libanaise (...). Nous allons oeuvrer avec les Etats (étrangers) pour qu'il revienne à Beyrouth."

Le Courant du futur, la formation politique de Saad Hariri, a également exigé jeudi son retour, jugé nécessaire au maintien de l'équilibre institutionnel du pays.

L'Arabie saoudite, qui a demandé jeudi à ses ressortissants d'éviter de se rendre au Liban et a invité ceux qui s'y trouvent à partir, a démenti que Hariri soit assigné à résidence mais le responsable libanais n'a publié lui-même aucun communiqué.

"TOUJOURS PREMIER MINISTRE"

En annonçant sa démission samedi dans une allocution télévisée enregistrée à Ryad, Hariri a dit craindre pour sa vie et a accusé l'Iran et le Hezbollah chiite de semer la discorde dans la région.

"Lorsqu'il s'est rendu en Arabie saoudite, il lui a été demandé d'y rester et on lui a ordonné de démissionner. Ils lui ont ordonné de lire cette déclaration de démission et il est depuis assigné à résidence", dit-on de source proche de Saad Hariri.

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Selon une quatrième source au Liban, Ryad voulait que Hariri adopte une attitude plus ferme envers le Hezbollah, ce qu'il n'a pas fait et a conduit à sa démission forcée.

Saad Hariri, ajoute-t-on de sources politiques libanaises, est toujours considéré comme le Premier ministre, la présidence n'ayant à ce jour reçu aucune lettre de démission.

Le président libanais, Michel Aoun, semble adopter une approche plus diplomatique afin de "dévoiler le mystère qui plane autour de la démission d'Hariri", a rapporté pour sa part Al Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah.

Avant de prendre la moindre décision, l'ancien général souhaite que Saad Hariri revienne au Liban et s'explique sur les raisons l'ayant poussé à démissionner.

Les services de Hariri ont fait savoir que ce dernier avait reçu jeudi l'ambassadeur de France en Arabie saoudite. La veille, il avait rencontré le chef de la mission de l'Union européenne dans le royaume et mardi l'ambassadeur britannique et le chargé d'affaires américain.

LE HEZBOLLAH DÉNONCE LES "INGÉRENCES" SAOUDIENNES

Deux responsables américains, pour leur part, ont déclaré que les Saoudiens avaient "encouragé" Hariri à se démettre.

Le groupe parlementaire du Hezbollah a réclamé la fin des "ingérences" saoudiennes dans les affaires intérieures libanaises.

La démission de Saad Hariri est perçue comme un nouvel élément de la lutte engagée depuis plusieurs années entre la monarchie wahhabite et la République islamique d'Iran, entre sunnites et chiites, en Irak, en Syrie ou encore au Yémen.

Ryad affirme que le Hezbollah, membre de la coalition que conduisait Saad Hariri, a pris en otage la vie politique libanaise.

La démission de Saad Hariri, homme d'affaires très présent en Arabie saoudite, a coïncidé avec la spectaculaire purge menée par les autorités du royaume contre les plus hauts cercles du pouvoir et des milieux d'affaires sur des accusations de corruption.

Beaucoup d'observateurs disent toutefois que cette campagne n'a d'autre but que celui de renforcer la mainmise du prince héritier Mohamed ben Salman sur les affaires du royaume.

(Avec Ellen Francis et Samia Nakhoul; Gilles Trequesser, Nicolas Delame et Guy Kerivel pour le service français)

reuters.com

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