La Syrie proclame sa victoire sur l'Etat islamique
reuters.com
reuters.com
par Angus McDowall et Sarah Dadouch
BEYROUTH (Reuters) - L'armée syrienne a proclamé jeudi sa victoire sur l'Etat islamique (EI) après la prise de la ville d'Albou Kamal, dernier bastion urbain du groupe djihadiste en Syrie.
Les soldats gouvernementaux et leurs alliés poursuivent cependant leurs opérations contre l'EI dans des zones désertiques proches d'Albou Kamal, derniers réduits djihadistes dans l'est du pays, près de la frontière irakienne.
La reconquête de la ville a notamment été menée par des centaines de combattants du Hezbollah libanais et des Unités de mobilisation populaire, puissante milice chiite irakienne armée et entraînée par l'Iran.
La prise d'Albou Kamal marque "l'effondrement du projet de l'organisation terroriste Daech", affirme dans un communiqué l'armée syrienne, utilisant l'acronyme arabe qui désigne l'EI.
Le sort des derniers chefs de l'EI est incertain - tués dans les bombardements ou les combats, capturés mais non identifiés, ou bien réfugiés dans des caches préparées de longue date ?
Le dernier signe de vie du calife autoproclamé de l'EI, Abou Bakr al Baghdadi, est un enregistrement audio rendu public en septembre.
La défaite du groupe djihadiste ne marque cependant la fin du conflit en Syrie et le président Bachar al Assad a promis la reconquête de l'ensemble du territoire.
REPRENDRE LE CONTRÔLE DE TOUTE LA SYRIE
Les forces gouvernementales syriennes, également appuyées par l'aviation russe, ont désormais face à elles plusieurs groupes armés soutenus par les Etats-Unis et la Turquie, notamment les Forces démocratiques syriennes (FDS) qui contrôlent plus d'un quart du pays.
En visite mercredi dans la ville syrienne d'Alep, le dirigeant iranien Ali Akbar Velayati, principal conseiller du guide suprême de la République islamique, a promis la reconquête de la province d'Idlib tenue par les rebelles syriens, tout en vantant les succès des alliés de Téhéran dans l'ensemble du Proche-Orient.
Lors de ce déplacement aux allures de provocation envers l'Arabie saoudite, qui vient de dénoncer la déstabilisation régionale dont se rendrait coupable, selon elle, l'Iran, Ali Akbar Velayati a indiqué que Téhéran aiderait les forces du président Assad à reprendre le contrôle de l'ensemble du territoire syrien.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"Nous aurons bientôt nettoyé l'est de la Syrie, puis ce sera au tour de la région d'Idlib dans l'Ouest", a dit le bras droit de l'ayatollah Ali Khamenei.
La reconquête d'Alep-Est à la fin de l'année dernière a marqué un tournant décisif dans le conflit syrien et l'Iran, principal soutien du régime d'Assad avec la Russie, affiche depuis de plus en plus ostensiblement son engagement sur le front syrien.
"ARC CHIITE"
Ali Akbar Velayati est le deuxième dirigeant iranien de premier plan à se rendre en Syrie depuis deux semaines et ses déclarations vantant les succès des alliés de Téhéran au Proche-Orient sont de nature à exacerber un peu plus la crise qui couve avec l'Arabie saoudite.
Selon des propos rapportés par un organe de propagande du Hezbollah libanais, le conseiller du guide suprême iranien a évoqué devant des miliciens chiites venus combattre en Syrie une "ligne de résistance" allant de Téhéran à Beyrouth, le fameux "arc chiite" redouté de longue date par les puissances sunnites de la région.
"La ligne de résistance part de Téhéran et traverse Bagdad, Damas et Beyrouth pour atteindre la Palestine", a-t-il dit.
Outre le régime de Bachar al Assad et le Hezbollah, l'Iran arme et finance d'influentes milices en Irak et le Hamas dans la bande de Gaza.
Téhéran appuie également les miliciens chiites houthis au Yémen, où l'Arabie saoudite et ses alliés sont entrés en guerre il y a deux ans pour soutenir les forces du président Abd-Rabbo Mansour Hadi. L'interception près de Ryad, samedi, d'un missile tiré par les Houthis a été qualifié par l'Arabie saoudite de "déclaration de guerre" iranienne.
(Avec Lisa Barrington; Jean-Philippe Lefief, Gilles Trequesser, Tangi Salaün et Guy Kerivel pour le service français)
reuters.com