L'Onu doit se prononcer sur la suite de l'enquête sur les armes chimiques en Syrie
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L'onu doit se prononcer sur la suite de l'enquete sur les armes chimiques en syrie
Yiannis Kourtoglou
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L'onu doit se prononcer sur la suite de l'enquete sur les armes chimiques en syrie
Yiannis Kourtoglou
par Michelle Nichols
NEW YORK (Reuters) - Le Conseil de sécurité des Nations unies doit trancher ce jeudi entre les propositions américaine et russe concernant le renouvellement du mandat de la commission d'enquête sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, ont dit des diplomates.
Le mandat de la commission d'enquête de l'Onu et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OAIC), appelée Mécanisme d'enquête conjoint (Joint Investigative Mechanism, Jim), expire vendredi à 05H00 GMT.
Un rapport de cette instance envoyé le 26 octobre a imputé au gouvernement syrien l'utilisation de gaz sarin sur Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib, une attaque qui a fait plus de 80 morts le 4 avril dernier.
Les Etats-Unis ont été les premiers à demander un vote, faisant circuler le 3 novembre un projet de résolution, avant que la Russie ne fasse rapidement de même.
Les Etats-Unis souhaitent une prolongation de deux ans du mandat du Jim.
La Russie, qui a opposé fin octobre son veto à une telle mesure, préfère une extension du travail du Jim pour six mois avec possibilité de le renouveler.
Un nouveau veto russe, qui serait le dixième relatif à une action contre le gouvernement syrien, n'est pas à exclure.
La semaine dernière le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, faisait part de la défiance de la Russie concernant le projet de renouvellement de cette enquête.
"Je souligne que nous ne posons en aucune façon la question de la fin des activités de cette structure. Nous sommes favorables à leur poursuite, mais sur une base différente", avait-il déclaré auprès de l'agence de presse russe RIA.
Le Mécanisme d'enquête conjoint a été créé à l'unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité en 2015 et prolongé d'un an en 2016.
Une résolution doit obtenir neuf votes favorables et ne pas se voir opposer le veto de l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Russie, Grande-Bretagne, Chine) pour être adoptée.
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Selon les diplomates, le projet de résolution de la Russie ne dispose que de peu de soutien auprès des autres membres du Conseil de sécurité.
La proposition de la Russie vise à "corriger les défaillances du système" d'enquête, selon Vassily Nebenzia, l'ambassadeur russe auprès des Nations unies.
Depuis le début du conflit en 2011, la Russie a utilisé à neuf reprises son droit de veto pour bloquer l'action internationale en Syrie.
"Les Etats-Unis espèrent que le Conseil de sécurité se montrera uni face à l'utilisation d'armes chimiques sur des civils et prolongera le travail de cette commission cruciale", explique un communiqué diffusé mercredi par la mission américaine auprès de l'Onu.
"Ne pas le faire reviendrait à donner son assentiment à de telles atrocités et à laisser tomber de manière tragique le peuple syrien qui a souffert de ces actes répugnants", ajoute le communiqué américain.
Un porte-parole de la mission américaine auprès des Nations unies a affirmé mercredi que la Russie avait refusé de s'impliquer dans des négociations sur le projet de résolution des Etats-Unis.
Selon des diplomates, les Etats-Unis auraient modifié ce projet de résolution afin de tenter d'obtenir l'adhésion de la Russie.
L'ambassadeur britannique auprès des Nations unies, Matthew Rycroft, a prévenu mercredi que si l'enquête venait à prendre fin "les seuls vainqueurs seraient ceux qui veulent utiliser des armes chimiques en Syrie, soit le régime de Bashar al-Assad et l'Etat islamique."
"Tous les membres du Conseil de sécurité se tireraient eux-même une balle dans le pied en laissant cela arriver", souligne Matthew Rycroft.
La mission russe auprès des Nations unies ne s'est pas exprimée mercredi à l'approche du vote.
Vassily Nebenzia, l'ambassadeur russe auprès des Nations unies, affirmait lundi que si le mandat de la commission d'enquête n'était pas prolongé, "cela pourrait envoyer un mauvais signal mais la manière dont l'enquête a été menée envoie un signal encore plus mauvais."
La Syrie avait accepté de détruire ses armes chimiques en 2013 suite à un accord négocié par la Russie et les Etats-Unis.
(Jean Terzian pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)
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