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Emmerson Mnangagwa promet le début d'une nouvelle démocratie

reuters.com

Publié le 22 novembre 2017 à 11:21 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:40

Emmerson mnangagwa sera investi president vendredi au zimbabwe

Emmerson mnangagwa sera investi president vendredi au zimbabwe

Philimon Bulawayo

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18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par MacDonald Dzirutwe

HARARE (Reuters) - L'ancien vice-président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, qui sera investi chef de l'Etat vendredi, a promis mercredi que son accession à la tête du Zimbabwe allait marquer "le début d'une nouvelle démocratie" après 37 ans de règne de Robert Mugabe.

Devant plusieurs milliers de partisans réunis au quartier général du parti au pouvoir, la Zanu-PF, à Harare, Mnangagwa a estimé que le Zimbabwe entrait dans une nouvelle étape de son histoire.

"Le peuple a parlé. La voix du peuple est la voix de Dieu", a-t-il lancé. "Aujourd'hui nous assistons au début d'une démocratie nouvelle et émergente", a-t-il ajouté tout en saluant le rôle joué par l'armée de manière pacifique dans ce processus de transition politique.

De retour dans la capitale zimbabwéenne qu'il avait fuie après son limogeage par Mugabe il y a deux semaines, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a également évoqué la préoccupation centrale de la population: la situation économique du pays.

"Nous voulons la croissance de notre économie, nous voulons la paix, nous voulons des emplois, des emplois et des emplois", a-t-il scandé. Le futur chef de l'Etat a également souhaité une coopération de la communauté internationale, affirmant être "prêt à recevoir ce soutien".

Démis dimanche de la présidence du parti, Robert Mugabe, 93 ans, a accepté mardi de démissionner de la présidence de la République, près d'une semaine après l'intervention de l'armée.

L'annonce de son départ a donné lieu à des scènes de liesse à Harare, où certains habitants brandissaient des photos d'Emmerson Mnangagwa et du chef d'état-major de l'armée, Constantino Chiwenga.

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Reste que l'état de grâce pourrait ne pas durer longtemps pour l'ancien vice-président, surnommé "le Crocodile", étroitement associé pendant des décennies à la politique répressive du régime Mugabe.

Mnangagwa, rappellent les organisations de défense des droits de l'homme, était chef de la sécurité intérieure du pays au milieu des années 1980, lorsqu'une brigade entraînée en Corée du Nord avait été déployée contre des rebelles de l'ouest du pays pendant un conflit qui a fait au moins 20.000 morts parmi la population civile.

D'UN TYRAN À L'AUTRE?

"Ce passé sombre ne va pas disparaître. Cela va le poursuivre comme un chewing-gum collé sous une semelle", prévient Piers Pigou, consultant de l'International Crisis Group en Afrique australe.

"S'il veut être jugé positivement, il (Mnangagwa) va devoir mener des politiques qui ébranlent les structures de pouvoir de la Zanu-PF, en introduisant un vrai pluralisme politique et en séparant le parti et l'Etat", souligne-t-il.

Dans les rues d'Harare, nombre d'habitants ne cachent pas leur scepticisme.

"Mugabe est parti mais je ne vois pas Mnangagwa agir différemment. Ce n'est pas le changement que j'espérais mais laissons du temps au temps", philosophe Edgar Mapuranga, garde de sécurité dans une banque dont les distributeurs automatiques sont vides.

Le représentant personnel de la chancelière allemande Angela Merkel pour l'Afrique, Günther Nooke, s'est montré encore plus direct, estimant sur la chaîne SWR2 que la prise du pouvoir par Mnangagwa était une victoire de la "vieille élite" avec l'appui de la Chine.

"Il va se faire élire en utilisant la peur et des coups tordus, et un tyran succédera à l'autre", a-t-il asséné.

L'ancienne puissance coloniale, la Grande-Bretagne, veut en revanche croire que le futur président zimbabwéen saura redonner à son pays sa place au sein de la communauté internationale, a déclaré la Première ministre Theresa May.

Pour susciter l'adhésion des Zimbabwéens et attirer les investissements étrangers, le futur chef de l'Etat a appelé à l'unité et promis de relancer une économie à l'agonie, dans un pays où inflation élevée, pénuries chroniques et chômage record ont poussé un grand nombre des 16 millions d'habitants sous le seuil de pauvreté.

S'il parvient à enrayer ce déclin économique d'un des pays d'Afrique autrefois les plus prometteurs et à renouer les liens avec les pays occidentaux, Mnangagwa aura fait une partie du chemin, veulent croire les milieux économiques.

(Danielle Rouquié et Tangi Salaün pour le service français)

reuters.com

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