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Le Premier ministre cambodgien Hun Sen sera chassé du pouvoir, dit l'opposant Rainsy

reuters.com

Publié le 23 novembre 2017 à 18:28 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:39

Le premier ministre cambodgien hun sen sera chasse du pouvoir, selon l'opposant rainsy

Le premier ministre cambodgien hun sen sera chasse du pouvoir, selon l'opposant rainsy

Romeo Ranoco

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par John Irish

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre cambodgien Hun Sen, au pouvoir depuis 32 ans et sans rival depuis la dissolution récente de l'unique parti d'opposition, sera chassé du pouvoir comme le président zimbabwéen Robert Mugabe, a déclaré jeudi à Reuters l'opposant Sam Rainsy, qui presse les Occidentaux d'imposer des sanctions.

Sam Rainsy, 68 ans, avait démissionné en février dernier de la présidence du Parti du sauvetage national du Cambodge de crainte que le chef du gouvernement ne demande son interdiction. La Cour suprême a finalement prononcé la semaine dernière la dissolution du populaire CNRP, nouveau chapitre dans l'offensive répressive engagée par Hun Sen.

L'ancien chef de l'opposition, qui avait fui en France 2015 pour échapper à une peine de prison de deux ans pour diffamation, a annoncé le 15 novembre son retour en politique.

"Le Cambodge est à un point de rupture. Le peuple en a assez de Hun Sen et ce qui se passe au Zimbabwe est un motif d'inspiration", explique-t-il à Reuters.

Robert Mugabe, qui a démissionné mardi sous la pression de l'armée et du parti au pouvoir après 37 années à la tête du Zimbabwe, "est tombé, et ce sera bientôt le tour de Hun Sen, qui est d'un anachronisme inacceptable", affirme Sam Rainsy.

Le successeur de Rainsy à la tête du CNRP, Kem Sokha, a été arrêté le 3 septembre dernier et inculpé de trahison pour avoir présumément fomenté un coup d'Etat avec l'aide des Etats-Unis. Ses partisans affirment que l'homme fort du Cambodge, qui est âgé de 65 ans, s'emploie ainsi à éliminer toute opposition dans la perspective des élections de juillet 2018.

Pour Sam Rainsy, le bannissement annoncé du CNRP, qui a réussi une percée aux municipales de juin dernier et recueilli plus de 3 millions de voix lors des élections législatives de 2013, vaut seulement sur "le papier" et n'efface pas le "fort soutien" qu'il commence à recueillir au sein de la population.

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"IL FAUT DES SANCTIONS CIBLÉES"

"Ce qu'il est important de montrer, c'est que les actes de Hun Sen sont inacceptables. La communauté internationale ne peut pas faire comme si de rien n'était avec ce gouvernement. (...) Elle doit lui dire qu'elle ne reconnaîtra jamais un gouvernement issu de telles élections", souligne l'opposant en exil.

Selon l'enregistrement d'une adresse de Hun Sen à des responsables de la formation au pouvoir, le Parti du peuple cambodgien, qui a "fuité" jeudi sur internet, le Premier ministre redoute de perdre les élections. Il a enjoint à ses fidèles de redorer l'image du parti en mettant fin à leurs pratiques de corruption et d'extorsion. "Le peuple peut aussi nous dissoudre", dit-il notamment.

Les Etats-Unis et l'Union européenne, qui s'alarment d'une dérive autocratique, ont exigé de Hun Sen qu'il renonce à sa décision d'interdire le CNRP, des avertissements qui ont eu peu d'effet jusqu'à présent.

Washington a suspendu son aide au financement de l'élection de 2018 et Bruxelles a évoqué de possibles sanctions commerciales.

Sam Rainsy estime que les Américains et les Européens devraient aller plus loin en retirant intégralement leur aide au scrutin de 2018 et imposer des sanctions allant de l'interdiction de visas au gel d'avoirs.

"Il faut des sanctions ciblées et personnelles qui n'affectent pas le peuple, ce sont les dirigeants qui ont caché leur fortune illégale à l'étranger qui doivent être frappés".

La Chine, avec laquelle le régime de Phnom Penh entretient une relation privilégiée en Asie du Sud-Est, est son principal donateur.

Sam Rainsy considère que cette alliance fera long feu.

"La Chine voit plus loin que Hun Sen. Aucun gouvernement n'est assez stupide pour continuer à parier sur lui. Ce qui se passe au Cambodge rappelle l'ère des Khmers rouges. Pol Pot, qui était isolé, avait cru pouvoir compter sur la Chine. Quand elle n'a plus eu besoin de lui, elle s'en est débarrassée", analyse-t-il.

(Version française Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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