L'attaque d'une mosquée fait 235 morts dans le Nord-Sinaï
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L'attaque d'une mosquee fait 235 morts dans le nord-sinai
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L'attaque d'une mosquee fait 235 morts dans le nord-sinai
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par Ahmed Tolba et Patrick Markey
LE CAIRE (Reuters) - Au moins 235 personnes ont été tuées vendredi dans l'attaque d'une mosquée dans le nord du Sinaï en Egypte, a annoncé le parquet égyptien, cité par les médias publics.
Une quarantaine d'hommes armés ont fait sauter une bombe puis ouvert le feu sur les fidèles qui priaient dans la mosquée Al Raoudah de Bir al Abed, une commune proche d'Al Arich, la principale ville du nord de la péninsule.
Des témoins ont dit que les assaillants, arrivés à bord de quatre jeeps, s'étaient positionnés en divers endroits autour de la mosquée. En tentant de fuir leur lieu de culte, les victimes ont été prises sous des tirs croisés.
Il y a également au moins 109 blessés, selon le dernier bilan officiel en date.
Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. Le président Abdel Fattah al Sissi a convoqué un conseil ministériel restreint après l'attaque en présence des ministres de la Défense et de l'Intérieur et du chef des services de renseignement.
L'attaque, qui n'a pas été revendiquée, est la plus sanglante dans l'histoire récente de l'Egypte.
La télévision publique a montré les images de nombreux corps recouverts de couvertures à l'intérieur du lieu de culte, qui était comble pour le jour des grandes prières du vendredi.
"Ils tiraient sur les fidèles fuyant la mosquée. Ils tiraient aussi sur les ambulances", a déclaré un habitant dont plusieurs proches ont été témoins de la fusillade.
La chaîne d'information panarabe Al Arabia et plusieurs sources locales ont déclaré que certains des fidèles étaient des musulmans soufis, considérés par l'Etat islamique et d'autres groupes islamistes radicaux comme des apostats.
L'EI a diffusé cette année une vidéo montrant la décapitation dans le Nord-Sinaï de deux musulmans soufis accusés de pratiquer la sorcellerie.
"LES FORCES ARMÉES ET LA POLICE VENGERONT NOS MARTYRS"
Depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi, à l'été 2013, l'insurrection islamiste a gagné en intensité et fait des dizaines de morts dans les rangs de l'armée et de la police.
Les djihadistes du Sinaï ont ciblé les forces de sécurité au début de leur insurrection puis les tribus locales qui collaborent avec les forces armées.
En juillet dernier, 23 soldats au moins ont trouvé la mort dans des attentats suicide à la voiture piégée qui ont visé deux barrages militaires et que l'EI a revendiqués.
Ils ont également étendu leur lutte armée en dehors de la péninsule, commettant plusieurs attentats dans la région du Caire ou le sud de l'Egypte. Des attaques ont notamment visé la communauté copte. Ainsi, le 26 mai dernier, 29 coptes en pèlerinage dans un monastère du sud de l'Egypte ont péri dans une attaque menée par des hommes armés.
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Frapper une mosquée, s'il s'avère que les djihadistes du Sinaï sont à l'origine de cette nouvelle attaque, serait un changement de tactique.
Dans un communiqué, le président Sissi a condamné l'attentat et promis qu'il ne resterait "pas impuni". "Justice sera rendue contre ceux qui ont participé, contribué, soutenu, financé ou orchestré cette attaque lâche", a-t-il dit.
Intervenant par la suite à la télévision, il a annoncé que "les forces armées et la police vengeront nos martyrs et rétabliront la sécurité et la stabilité avec une force maximale".
"Ce qui est à l'oeuvre, c'est une tentative pour stopper nos efforts dans la lutte contre le terrorisme, pour détruire nos initiatives visant à faire cesser ce terrible plan criminel qui vise à détruire ce qui reste de notre région", a-t-il poursuivi.
Dans les heures qui ont suivi l'attaque, l'aviation égyptienne a lancé des raids de représailles se concentrant sur plusieurs zones montagneuses autour de Bir al Abed.
"ATTAQUE IGNOBLE"
Sur Twitter, le président américain Donald Trump a lui aussi dénoncé cette "horrible et lâche attaque terroriste" et ajouté que "le monde ne peut pas tolérer le terrorisme: nous devons le vaincre militairement et discréditer l'idéologie extrémiste qui constitue la base de son existence".
En France, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a exprimé son "effroi" après cette "attaque ignoble" témoigné de la solidarité de son pays avec l'Egypte. "Nous continuerons à faire front commun dans la lutte contre le terrorisme et le fanatisme", ajoute-t-il dans un communiqué.
Plaque-tournante de la contrebande, d'armes notamment, le Nord-Sinaï, qui s'étend à l'est du canal de Suez vers la bande de Gaza et Israël, est un casse-tête sécuritaire pour les autorités égyptiennes depuis une série d'attentats dans des stations balnéaires du sud de la péninsule au milieu des années 2000.
Sissi y a renforcé la présence militaire et obtenu le ralliement de chefs de tribus bédouines. Mais les islamistes armés résistent. En 2014, l'un de ces groupes, l'Ansar Bayt al Maqdis, a rompu avec Al Qaïda et fait allégeance à l'organisation Etat islamique (EI).
(avec Yousri Mohamed à Ismaïlia; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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