Merkel fait pression sur le SPD pour former une grande coalition
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La cdu de merkel pour une grande coalition avec le spd
Eric Vidal
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La cdu de merkel pour une grande coalition avec le spd
Eric Vidal
par Andreas Rinke et Madeline Chambers
BERLIN (Reuters) - Angela Merkel a fait pression lundi sur le Parti social-démocrate (SPD) en vue de la reconduction d'une "grande coalition", soulignant que l'Europe avait besoin de voir un gouvernement stable en place à Berlin rapidement.
Les dirigeants de son parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) ont accepté dimanche de chercher à s'entendre avec le SPD après l'échec des discussions à trois avec les Verts et les libéraux.
Sous la pression du président de la République, Frank-Walter Steinmeier, et des conservateurs qui ont invoqué le besoin de stabilité de l'Allemagne et veulent éviter de nouvelles élections, le SPD a accepté vendredi d'entamer des discussions avec les conservateurs.
Les sociaux-démocrates voulaient au départ reconstituer leurs forces dans l'opposition après quatre ans de cohabitation avec Angela Merkel qui ont débouché sur leur plus mauvais score électoral depuis 1933 aux élections fédérales du 24 septembre.
"Nous avons la ferme intention d'avoir un gouvernement efficace", a déclaré à la presse Daniel Günther, ministre-président du Schleswig-Holstein, à l'issue d'une réunion de quatre heures entre dirigeants de la CDU.
Après s'être au préalable opposé à la reconduction de la "grande coalition", le patron du SPD, Martin Schulz, a changé d'avis. "Aucune option n'est à exclure", a-t-il dit lundi à propos des discussions avec la CDU qui doivent débuter mardi.
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La chancelière Merkel a quant à elle estimé que l'Allemagne avait besoin d'un gouvernement stable le plus vite possible, afin de pouvoir répondre aux projets de réforme de l'UE et faire face à un environnement international incertain.
"Il y aura des élections européennes en 2019 (...) Aussi attend-on beaucoup que nous nous positionnions", a-t-elle dit à la presse, évoquant les projets de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, et d'Emmanuel Macron, le président français, sur la future gouvernance de la zone euro.
Le vote des Etats membres de l'Union européenne en faveur du renouvellement pour cinq ans de l'autorisation du glyphosate a par ailleurs eu une conséquence inattendue sur les négociations.
L'Allemagne, qui s'était abstenu lors du précédent vote, le 9 novembre, a cette fois voté pour, ce qui a provoqué la colère dans les rangs sociaux-démocrates. "Je considère cela comme un abus de confiance", a déclaré Andrea Nahles, présidente du groupe parlementaire, imputant ce revirement au ministre de l'Agriculture, Christian Schmidt, membre de l'Union chrétienne-sociale (CSU), alliée bavaroise de la CDU. A la chancellerie, on confirme qu'il a pris seul la décision, alors qu'il y a d'ordinaire concertation avec la ministre de l'Environnement, Barbara Hendricks, membre du SPD.
UN LONG CHEMIN
La réunion de la CDU a fait suite à une intervention de Horst Seehofer, président de la CSU, en faveur d'une nouvelle coalition droite-gauche.
"Une alliance des conservateurs et du SPD est la meilleure option pour l'Allemagne - meilleure de toute façon qu'une coalition avec les libéraux et les Verts, que de nouvelles élections ou qu'un gouvernement minoritaire", dit-il dans les colonnes du Bild am Sonntag.
Selon un sondage Emnid publié dimanche, 52% des Allemands sont favorables à la formation d'une nouvelle grande coalition. Dans la même enquête, le bloc conservateur gagne deux points en une semaine à 33% d'intentions de vote et le SPD prend un point à 22%.
Les tractations risquent de prendre du temps. C'est sans doute la raison pour laquelle la CDU a décidé dimanche soir de reporter une conférence qui avait été convoquée à la mi-décembre pour se prononcer sur le projet initial de coalition à trois.
Une haute responsable de la CDU, Julia Klöckner, a estimé que les discussions avec le SPD pourraient ne pas débuter avant l'an prochain. "La rigueur passe avant la rapidité", a-t-elle dit sur la chaîne de télévision ARD.
Selon le ministre-président SPD de Base-Saxe, également, il est peu probable qu'un accord de grande coalition soit arrêté cette année. "C'est un long chemin pour le SPD", a déclaré Stephan Weil à la chaîne de télévision ARD.
A ce stade, l'idée d'un gouvernement minoritaire n'est pas retenue par Angela Merkel en raison de la fragilité intrinsèque de ce genre de gouvernement.
Mais certains commentateurs évoquent tout de même la possibilité d'un tel gouvernement formé des conservateurs et des Verts, avec le soutien du SPD sur le vote de certains textes.
Les écologistes se sont dits ouverts samedi à l'idée de rejoindre un gouvernement minoritaire.
(Avec Thomas Escritt et Gernot Heller, Jean-Stéphane Brosse, Danielle Rouquié, Guy Kerivel, Eric Faye, Gilles Trequesser et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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