Au Pakistan, les islamistes annulent leur mouvement de protestation
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Pakistan: les islamistes vont annuler leur mouvement de prestation
AKHTAR SOOMRO
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Pakistan: les islamistes vont annuler leur mouvement de prestation
AKHTAR SOOMRO
ISLAMABAD (Reuters) - Des islamistes radicaux qui bloquaient l'accès à la capitale du Pakistan ont suspendu lundi leur mouvement après avoir obtenu du gouvernement l'acceptation de leurs demandes et la démission du ministre de la Justice.
Depuis près de trois semaines, deux à trois mille militants du Tehreek-e-Labaik campaient sur la principale autoroute d'accès à Islamabad pour protester contre la modification de la formulation d'une prestation de serment électoral dans un sens qu'ils jugent blasphématoire.
"Notre réclamation principale a été acceptée", a déclaré Ejaz Ashrafi, porte-parole du Tahreek-e-Labaik. La démission du ministre, Zahid Hamid, a été confirmée par la chaîne de télévision publique PTV.
Sept personnes ont été tuées et 200 blessées samedi lors de l'intervention de milliers d'agents des forces de sécurité qui ont tenté de disperser les manifestants, sans parvenir au bout du compte à les chasser des lieux qu'ils occupaient.
Tout au long de la journée de dimanche, des partisans du Tehreek-e-Labaik, armés de gourdins, ont bloqué plusieurs artères de grandes villes du Pakistan.
A Lahore, dans l'est du pays, des milliers d'islamistes ont campé aux abords du parlement de la province et s'en sont pris à la résidence d'un ministre, la police répliquant par des tirs de gaz lacrymogènes.
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Le projet du ministre de la Justice qui a provoqué l'ire des radicaux prévoyait qu'en proclamant que Mahomet est le dernier prophète de l'islam, il ne serait plus nécessaire de dire "Je jure solennellement" mais simplement "Je crois".
Cet affaiblissement a été considéré par le Tahreek-e-Labaik comme un blasphème. Le gouvernement a mis le changement proposé par le ministre de la Justice sur le compte d'une erreur administrative et a rétabli la formulation originale.
Néanmoins, son recul face aux exigences du Tahreek-e-Labaik pourrait se révéler embarrassant pour le parti au pouvoir, la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PLM-N), dans la perspective des prochaines élections, normalement à la mi-2018.
Cette affaire illustre aussi l'influence croissante que des groupes islamistes, même très minoritaires, peuvent avoir dans un pays de 207 millions d'habitants, doté de l'arme nucléaire.
(Asif Shahzad et Drazen Jorgic, Danielle Rouquié et Gilles Trequesser pour le service français)
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