Zimbabwe: Mnangagwa investi, les regards se tournent vers le gouvernement
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Zimbabwe: mnangagwa investi, les regards se tournent vers le gouvernement
PHILIMON BULAWAYO
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Zimbabwe: mnangagwa investi, les regards se tournent vers le gouvernement
PHILIMON BULAWAYO
HARARE (Reuters) - L'annonce de la composition du premier gouvernement d'Emmerson Mnangagwa, attendue cette semaine, donnera une indication plus claire du degré de volonté de rupture du nouveau président zimbabwéen avec l'ère Mugabe.
Depuis que Robert Mugabe, 93 ans, s'est résigné mardi dernier à démissionner, une semaine après l'intervention de l'armée, son ancien vice-président, homme à poigne du régime sortant, a promis d'apporter au Zimbabwe la démocratie et de relancer une économie à l'agonie.
Ce discours n'a pour l'instant pas convaincu nombre de Zimbabwéens, qui voient dans le "Crocodile", âgé de 75 ans, l'artisan des politiques répressives menées pendant des décennies.
Pour rompre avec 37 années de monopole du pouvoir, lancer des réformes crédibles et organiser des élections libres l'an prochain, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition, a appelé à la création d'une "autorité de transition" inclusive.
"Le Zimbabwe a besoin de toutes les bonnes volontés. Nous ne pouvons pas continuer à reproduire ces cycles d'instabilité", a déclaré à Reuters Tendai Biti, ministre des Finances respecté du gouvernement d'union nationale, entre 2009 et 2013.
"La composition du nouveau gouvernement montrera clairement si le statu quo se poursuit ou s'il y a la rupture avec le passé dont nous avons besoin pour construire un Etat viable. C'est un choix simple", a-t-il ajouté.
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LUTTER CONTRE LA CORRUPTION
Le nom du prochain ministre des Finances est l'un des plus attendus, d'une part parce que l'attraction des investissements étrangers sera l'une des grandes priorités du gouvernement, mais aussi parce que le poste était détenu jusqu'alors par Ignatius Chombo, un proche de la première dame déchue Grace Mugabe, aujourd'hui poursuivi pour corruption.
Reste que l'ampleur de la recomposition politique à venir pose question.
La semaine dernière, le ministre de la Cybersécurité, Patrick Chinamasa, un proche d'Emmerson Mnangagwa, a estimé qu'il n'y avait aucun besoin de former un gouvernement de coalition, le parti au pouvoir, la Zanu-PF, disposant d'une confortable majorité au Parlement.
L'opposition elle-même pourrait ne pas avoir grand chose à gagner sur le plan politique à une participation au gouvernement à seulement huit mois des élections, dont le nouveau chef de l'Etat a confirmé vendredi, lors de son investiture, qu'elles se tiendraient comme prévu l'an prochain.
"Il (Mnangagwa) pourrait nommer des technocrates venant du monde du commerce et cela enverrait une espèce de signal... Pour la communauté internationale, la question de la légitimité (du nouveau pouvoir) est importante. C'est une situation très délicate et il a très peu de marge de manoeuvre", souligne Anthony Hawkins, professeur d'études économiques à l'Université du Zimbabwe.
Pour le journal Standard, souvent critique du régime Mugabe par le passé, Mnangagwa sera jugé sur sa capacité à tenir les promesses qu'il a faites dans son discours d'inauguration, dont celle de débarrasser le Zimbabwe d'une corruption rampante qui a accentué le déclin économique d'un des pays d'Afrique autrefois les plus prometteurs.
(Emelia Sithole-Matarise; Tangi Salaün pour le service français)
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