Le pape lance un nouvel appel à la réconciliation en Birmanie
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Le pape appelle le peuple birman a la paix
Max Rossi
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Le pape appelle le peuple birman a la paix
Max Rossi
par Philip Pullella et Yimou Lee
RANGOUN (Reuters) - Au troisième jour de sa visite en Birmanie, le pape François a invité mercredi la hiérarchie bouddhiste à oeuvrer à la paix et à la réconciliation entre ethnies et communautés religieuses dans un pays toujours profondément divisé par des décennies de dictature militaire et d'insurrections à caractère ethnique.
Cet appel, formulé devant le Conseil suprême des moines bouddhistes à Rangoun, faisait écho aux propos que le chef de l'Eglise catholique avait tenus un peu plus tôt pendant une messe en plein air dans l'ex-capitale birmane.
Devant les fidèles, le pape a invité le peuple birman à "consacrer par l'onction chaque souffrance et chaque souvenir douloureux", et à promouvoir "la réconciliation et la paix voulue par Dieu dans tous les coeurs et dans toutes les communautés".
Comme lors de ses précédentes prises de parole depuis son arrivée en Birmanie, il a évité de prononcer le mot "Rohingya", la minorité musulmane persécutée de l'ouest du pays dont quelque 620.000 membres ont fui les violences de l'armée birmane depuis la fin août.
"Je sais que de nombreuses personnes en Birmanie portent les marques de la violence, des marques à la fois visibles et invisibles", a-t-il dit, en incitant ces personnes à bannir la colère et la vengeance dans leur quête de guérison.
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Le pape François est apparu détendu et souriant à bord de sa camionnette blanche pour saluer la foule sur le chemin de l'estrade depuis laquelle il s'est exprimé.
De nombreux fidèles venus de toute la Birmanie, qui compte environ 700.000 catholiques sur 51 millions d'habitants, s'étaient retrouvés sur un grand terrain qui servait auparavant de champ de course.
Parmi ces fidèles, des prêtres, des nonnes, des diplomates, des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti au pouvoir, ainsi que des représentants des communautés ethniques en habits traditionnels, pour accueillir le pape au son de chansons et en agitant des drapeaux de la Birmanie et du Vatican.
RESPECT DE LA DIGNITÉ HUMAINE
"Nous n'aurons peut-être plus jamais une pareille occasion. Le pape vit à Rome et nous n'avons pas les moyens d'aller là-bas", a expliqué Bo Khin, un enseignant de 45 ans qui a fait le voyage en camion avec 15 proches depuis Mandalay.
"Nous nous sentons très heureux qu'il soit venu nous rendre visite en Birmanie", a-t-il ajouté.
Des prières ont été lues dans les langues de différentes communautés ethniques reconnues en Birmanie (Shan, Chin, Karen, Kachin et Kayan).
L'une des prières appelait les dirigeants birmans à "encourager toujours la paix et la réconciliation à travers le dialogue et la compréhension, pour ainsi mettre fin au conflit dans les Etats de Kachin, Rakhine (ndlr, Arakan) et Shan".
Il a répété son credo un peu plus tard devant le conseil bouddhiste, déplorant la persistance des "blessures des conflits, de la pauvreté et de l'oppression".
"Si nous devons être unis, comme nous le souhaitons, nous devons surmonter toute forme d'incompréhension, d'intolérance, de discrimination et de haine", a-t-il insisté, invitant chacun à "proclamer son attachement à la paix, au respect de la dignité humaine et à la justice pour chaque homme et femme".
Durant sa rencontre mardi avec la dirigeante birmane Aung Suu Kyi, le pape François s'était déjà gardé de prononcer le nom de la minorité rohingya. Il avait cependant invité les dirigeants birmans à respecter "tous les groupes ethniques et leur identité", un discours considéré comme applicable aux Rohingyas qui ne sont reconnus ni comme citoyens ni comme membres d'une communauté ethnique spécifique.
Le pape doit se rendre jeudi au Bangladesh où il rencontrera à Dacca, la capitale, un groupe de réfugiés Rohingyas.
(Jean Terzian et Tangi Salaün pour le service français, édité par Henri-Pierre André)
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