L'accord entre Londres et Bruxelles sur le Brexit se fait attendre
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L'accord entre londres et bruxelles sur le brexit se fait attendre
Simon Dawson
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L'accord entre londres et bruxelles sur le brexit se fait attendre
Simon Dawson
par Alastair Macdonald et Jan Strupczewski
BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne n'a pas encore accepté la somme proposée par le Royaume-Uni pour régler la facture du Brexit, ni réglé les autres questions en suspens pour pouvoir passer dès le prochain Conseil européen à la phase deux des négociations, ont déclaré mercredi des responsables européens.
"Nous n'y sommes pas encore", a dit à Reuters le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier, interrogé à Berlin sur des informations de la presse britannique selon lesquelles Londres aurait accepté de verser environ 50 milliards d'euros pour solder le divorce.
Les discussions se poursuivent sur les trois sujets clés - la facture du Brexit, les droits des expatriés et la frontière irlandaise -, a poursuivi Michel Barnier, exprimant l'espoir de pouvoir informer "dans les prochains jours" les Vingt-Sept d'un accord avec Londres.
Les Européens ont prévenu Theresa May qu'ils ne donneraient pas leur feu vert à l'ouverture des négociations sur les futures relations commerciales entre Bruxelles et Londres dès le Conseil européen des 14-15 décembre si une réponse satisfaisante n'a pas été apportée à ces trois questions d'ici lundi prochain.
La Première ministre britannique se rendra ce jour-là à Bruxelles pour s'entretenir avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
Plusieurs diplomates européens ont confirmé à Reuters que Londres s'était engagé verbalement, ces derniers jours, à verser après le Brexit, en mars 2019, une contribution au budget de l'Union européenne d'un montant proche de celui que réclame Bruxelles.
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Mais ils se sont gardé de parler d'accord, comme l'a fait la presse britannique.
"Les termes 'accord' ou 'règlement' ne sont pas ceux que j'utiliserais", a commenté un ambassadeur, jugeant un échec des discussions toujours possible.
"Le Royaume-Uni avance", a dit un autre. "Il semble que nous ayons finalement, à la dernière minute, une dynamique et des échanges positifs sur la question financière. Mais nous discutons toujours sur chaque mot pour voir quelle est notre marge de manoeuvre."
A Abidjan, où il participe à un sommet entre l'Union africaine et l'Union européenne, le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson a dit mercredi espérer qu'il serait possible de réaliser des "progrès suffisants" pour débloquer la situation lors du prochain Conseil européen.
"C'EST À PLEURER"
Mais les ultimes tractations financières font grincer des dents en Grande-Bretagne, notamment celles des partisans du Brexit qui s'insurgent du montant de la facture qui leur est présentée par Bruxelles.
"S'il faut payer 55 milliards, c'est à pleurer", peste Andrew Bridgen, un député conservateur. "Mais comme chacun sait, il n'y a pas d'accord tant qu'il n'est pas signé. Tout dépend de ce que nous obtiendrons en retour sur le plan commercial."
Pour l'ancien chef du Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (Ukip) Nigel Farage, Theresa May devrait faire preuve de bien plus de fermeté envers l'Union européenne si celle-ci persiste à lui réclamer pareille somme.
"Ce serait une capitulation qui n'est pas dans l'intérêt de notre pays", a déclaré à Reuters l'un des grands animateurs du référendum de juin 2016, en mettant en garde contre un mauvais accord qui serait autant dû, selon lui, à l'incompétence du gouvernement britannique qu'à la fermeté des Européens.
"La Première ministre britannique doit dire: 'Écoutez, soit vous commencez à vous comporter raisonnablement et vous agissez en adulte, soit vous pouvez aller vous faire voir et nous mettons fin aux discussions", estime-t-il.
Du côté des Européens, d'aucuns craignent que Londres ne tente de faire passer la pilule de la facture financière par une intransigeance plus grande lors des discussions sur les futurs droits des expatriés et sur la frontière irlandaise.
"Alors qu'on semble avancer sur la question financière, les autres sujets deviennent plus compliqués qu'avant", déplore un troisième diplomate européen.
En cause, notamment, le refus de Londres de reconnaître à la justice européenne un droit de regard sur les résidents des Vingt-Sept en Grande-Bretagne, ou le flou entourant la frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande.
Pour le diplomate européen, il n'est pas impossible que le gouvernement britannique ait choisi de "lâcher du lest sur la question financière pour marginaliser les inquiétudes exprimées par l'Irlande".
Mercredi, le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a fait état de "progrès" à ce sujet, mais encore "insuffisants".
"Nous n'en sommes pas encore au moment décisif. Les choses changent tous les jours et évoluent rapidement", a-t-il dit.
(Avec Andrea Shalal et Reinhard Becker à Berlin, Elizabeth Piper, Guy Faulconbridge et Andrew MacAskill à Londres, Conor Humphries à Dublin, Joe Bavier à Abidjan; Tangi Salaün pour le service français)
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