Argentine: Perpétuité pour des crimes commis sous la dictature
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Argentine: perpetuite pour des crimes commis sous la dictature
MARCOS BRINDICCI
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Argentine: perpetuite pour des crimes commis sous la dictature
MARCOS BRINDICCI
BUENOS AIRES (Reuters) - Un tribunal argentin a prononcé mercredi des peines de prison à perpétuité à l'encontre de 29 personnes impliquées dans 800 cas d'enlèvements, de torture et d'assassinats sous la dictature militaire entre 1976 et 1983.
De nombreux accusés, parmi lesquels l'ancien capitaine de marine Alfredo Astiz et l'ancien capitaine Jorge Acosta, purgeaient déjà des peines d'emprisonnement à vie pour des crimes commis à l'Ecole supérieure de mécanique de la marine (ESMA), le centre clandestin de détention le plus connu.
Astiz, surnommé "l'Angle blond de la mort", a également été condamné par contumace en France en 1990 pour l'enlèvement et la disparition des deux religieuses Alice Domon et Léonie Duquet qui avaient été détenues à l'ESMA.
Pour la première fois, cependant, dans l'histoire des procès de l'ESMA, des condamnations liées aux "vols de la mort" ont été prononcées.
Cette pratique, qui aurait été utilisée contre plusieurs milliers de personnes, consistait à droguer les détenus et à les jeter vivants dans le Rio de la Plata depuis des avions.
"Faire ça à nos proches est incroyable, lamentable", a déclaré Lita Boitano, président de l'association Familles des disparus et prisonniers pour raisons politiques.
Boitano, qui a perdu deux enfants sous la dictature, se trouvait parmi les centaines de personnes présentes à l'entrée du tribunal fédéral de Buenos Aires pour écouter la lecture des verdicts, qui a duré plus de trois heures.
En plus des condamnations à perpétuité, 19 personnes ont reçu des peines allant de huit à 25 ans d'emprisonnement.
Six personnes ont été acquittées parmi lesquelles Juan Alemann, ministre des Finances sous la dictature et qui était l'un des rares civils inculpés pour planification de violations des droits.
D'après des organisations de défense des droits de l'homme, le gouvernement militaire argentin a tué plus de 30.000 personnes pendant la dictature.
Les corps des victimes n'ont en majorité pas été retrouvés.
Environ 5.000 opposants ont été détenus à l'ESMA. Seuls environ 200 d'entre eux ont survécu.
Parmi les 68 inculpés, certains sont décédés pendant le procès qui a débuté en 2012.
L'ESMA est devenue un musée commémoratif ouvert au public depuis 2007.
L'an dernier, 15 anciens militaires ont été condamnés pour complicité d'enlèvements et d'assassinats d'opposants de gauche dans le cadre de l'Opération Condor, un vaste programme d'assassinats mené dans les années 1970 avec cinq autres pays sud-américains (Chili, Paraguay, Bolivie, Uruguay et Brésil), avec le soutien tacite des Etats-Unis.
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(Maximiliano Rizzi et Miguel Lobianco; Jean Terzian pour le service français)
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