Bangladesh: Le pape réclame des mesures décisives pour les réfugiés
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Apres la birmanie, le pape entame sa visite au bangladesh
DAMIR SAGOLJ
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Apres la birmanie, le pape entame sa visite au bangladesh
DAMIR SAGOLJ
par Philip Pullella et Krishna N. Das
DACCA (Reuters) - Le pape François, qui a entamé jeudi une visite au Bangladesh, a réclamé des mesures décisives pour résoudre la crise des réfugiés Rohingyas, qui ont été 625.000 à fuir les violences en Birmanie depuis trois mois.
Le chef de l'Eglise catholique, qui rencontrera vendredi à Dacca un groupe de ces réfugiés musulmans, arrivait de Birmanie, où pendant sa visite de quatre jours et suivant les recommandations de ses conseillers, il n'a pas prononcé une seule fois en public le mot Rohingya afin de ne pas heurter les autorités birmanes.
La Birmanie est accusée de mener une politique de "nettoyage ethnique" visant les Rohingyas après une tentative d'insurrection armée à la fin août dans l'Etat de Rakhine (Arakan).
A Dacca jeudi, le pape n'a pas non plus prononcé le terme Rohingya dans son discours devant le président bangladais Abdul Hamid. Il a salué "l'esprit de générosité et de solidarité" du Bangladesh qui apporte son aide "aux réfugiés arrivés en masse de l'Etat de Rakhine", dans l'ouest de la Birmanie.
"Il est impératif que la communauté internationale prenne des mesures décisives pour répondre à cette grave crise, non seulement en cherchant à régler les problèmes politiques qui ont conduit à ce déplacement massif de population, mais aussi en offrant une assistance matérielle immédiate au Bangladesh pour l'aider à répondre aux besoins les plus urgents", a souligné François.
Le président bangladais, lui, a utilisé plusieurs fois dans son discours le terme Rohingya et a accusé l'armée birmane d'"atrocités".
APATRIDES
Le Bangladesh et la Birmanie ont signé jeudi dernier un accord qui doit permettre à terme le retour dans l'Etat de Rakhine de centaines de milliers de Rohingyas.
Lors d'une conférence de presse avant de quitter la Birmanie, le porte-parole du Vatican, Greg Burke, a déclaré que la visite du pape avait permis d'attirer encore plus l'attention du monde sur le sort des réfugiés, François ayant invité les dirigeants birmans à respecter "tous les groupes ethniques et leur identité".
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"Les différences religieuses ne doivent pas être une source de division et de méfiance mais plutôt une force", a dit le pape, plaidant pour "l'unité, le pardon et la tolérance".
"L'avenir de la Birmanie doit être la paix, une paix fondée sur le respect de la dignité et des droits de chaque membre de la société, le respect de chaque groupe ethnique et de son identité, le respect de la loi et d'un ordre démocratique qui permet à chaque individu et à chaque groupe, sans en exclure aucun, d'apporter sa contribution légitime au bien commun", a souligné le chef de l'Eglise catholique.
L'armée birmane rejette les accusations portées contre elle depuis août - meurtres, viols, tortures et déplacements forcés de population.
Une grande majorité de Birmans voit les Rohingyas comme des immigrés vivant illégalement dans l'Etat de Rakhine, dans l'ouest du pays. Ils sont apatrides et sont plus volontiers qualifiés en Birmanie de "Bengalis" que de "Rohingyas" pour insister sur leur origine étrangère.
(Guy Kerivel pour le service français)
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