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Les éleveurs d'Ulster accrochés à la "frontière invisible"

reuters.com

Publié le 01 décembre 2017 à 17:27 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:37

Les eleveurs d'ulster accroches a la "frontiere invisible"

Les eleveurs d'ulster accroches a la "frontiere invisible"

CLODAGH KILCOYNE

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Clodagh Kilcoyne et Padraic Halpin

FLORENCECOURT, Irlande du Nord (Reuters) - Tous les jours, un millier de moutons élevés en Irlande du Nord sont conduits en République d'Irlande pour y être abattus et exportés dans toute l'Europe via une "frontière invisible", mais les choses pourraient changer.

Comme beaucoup d'éleveurs nord-irlandais qui craignent pour leur activité, pour l'avenir de leur famille, voire pour les accords de paix qui ont mis fin en 1998 à des années de violences, John Sheridan redoute aujourd'hui que le divorce entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne ne fasse ressurgir de vrais postes de douanes, dont il ne reste que les ruines.

"C'est fou. Il est absolument hors de question que ça arrive ici. Sans même parler de la paix, Il ne peut pas y avoir de frontière", affirme ce protestant de 56 ans élevé dans la tradition unioniste.

Près d'un an et demi après le référendum sur la rupture avec l'Union européenne, le statut de ce qui sera la seule limite terrestre avec l'UE à compter de mars 2019 est l'un des points les plus problématiques des discussions entre Londres et les 27.

Forte de son droit de veto, l'Irlande exige le statu quo à cette frontière, où la libre circulation des biens, des personnes et des moutons de John Sheridan est encore garantie.

"S'il y a une 'hard border', on va partir. Ça va devenir un terrain vague, ici", avertit l'éleveur, désignant son exploitation de Florencecourt, située à trois kilomètres de la frontière. "Vous croyez que je vais les laisser ruiner l'affaire pour laquelle j'ai sué sang et eau, comme l'avenir de ma famille dans le pays où on veut vivre ?", insiste John Sheridan, qui fait partie de l'association des communes frontalières contre le Brexit.

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"LE BREXIT, C'EST LE BREXIT"

Au nord comme au sud, l'économie irlandaise est devenue très dépendante du marché unique et les zones frontalières autrefois négligées, qui vivent essentiellement de l'agriculture et du tourisme, en ont largement tiré parti, surtout depuis les accords de paix du Vendredi Saint.

Selon le syndicat des agriculteurs nord-irlandais, 40% des agneaux élevés dans la province sont envoyés en République d'Irlande. Un quart du lait suit le même mouvement et 60% des capacités de traitement laitières de l'Ulster appartiennent à des coopératives du sud.

Si les normes en termes d'appellation et de traçabilité ne sont plus les mêmes, l'activité nord-sud sera paralysée, a affirmé Mike Johnson, directeur de l'organisation laitière Dairy UK en Irlande du Nord, devant une commission parlementaire.

Le démantèlement des postes de douanes a été l'un des points critiques des accords de paix entre nationalistes catholiques et unionistes protestants. De profondes divergences entre le Parti unioniste démocrate (DUP) et les républicains du Sinn Féin paralysent d'ores et déjà le gouvernement d'union auquel ces accords ont donné naissance et les seconds sont très hostiles au rétablissement des contrôles à la frontière.

A Londres, on assure qu'il n'est pas question de les rétablir, mais une commission parlementaire a jugé que cette position n'était pas compatible avec un retrait de l'union douanière et du marché unique. La marge de manoeuvre du gouvernement britannique est d'autant plus réduite que sa majorité parlementaire dépend du DUP. Or, pour le parti unioniste, il est hors de question que des règles différentes de celles du reste du Royaume uni s'appliquent dans la province.

Malgré les craintes de John Sheridan et de ses collègues, le parti reste très populaire chez les protestants, comme l'a montré le congrès du mois dernier.

"Le Brexit c'est le Brexit, on va donc sortir (de l'UE). Nous faisons partie intégrante du Royaume-Uni et le plus important, c'est que nous soyons traités comme le reste du Royaume uni", a affirmé William Gibson, un entrepreneur de Belfast lors de ce congrès.

(Jean-Philippe Lefief pour le service français)

reuters.com

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