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Thales lance une contre-offre amicale de 4,8 milliards d'euros sur Gemalto

reuters.com

Publié le 17 décembre 2017 à 13:09 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:33

Thales offre 5 euros par action plus pour gemalto qu'atos

Thales offre 5 euros par action plus pour gemalto qu'atos

Charles Platiau

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - L'équipementier Thales a surenchéri dimanche pour prendre le contrôle de Gemalto, avec une offre de 4,8 milliards d'euros, supérieure aux 4,3 milliards proposés par la SSII Atos, illustrant l'abolition des frontières entre les secteurs de l'aérospatiale et de la technologie.

Thales a emporté l'adhésion du conseil d'administration de Gemalto en proposant un prix de 51 euros par action (contre 46 euros pour Atos) et en s'engageant à intégrer ses propres activités dans celles du spécialiste de la sécurité numérique pour concurrencer des géants de la Silicon Valley comme Symantec, Cisco ou IBM.

Gemalto a rejeté mercredi une offre non sollicitée d'Atos présentée le 28 novembre et révélée lundi dernier, son directeur général Philippe Vallée soulignant dans un entretien à Reuters redouter que son groupe soit coupé "en rondelles de saucisson".

L'action Gemalto a terminé à 46,835 euros vendredi à la Bourse de Paris, soit une capitalisation de 4,23 milliards.

En intégrant la reprise de dette de Gemalto, Thales déboursera 5,6 milliards d'euros, a précisé son PDG Patrice Caine à des journalistes lors d'une conférence téléphonique.

Atos, qui essuierait un revers cuisant s'il ne parvenait pas à l'emporter sur Gemalto, n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Bpifrance, deuxième actionnaire de Gemalto avec 8,3% du capital, avait simplement dit mardi à Reuters être favorable à la consolidation de deux acteurs de la technologie française, "dont le secteur a bien besoin".

L'Etat est le premier actionnaire de Thales, avec 26% du capital, devant Dassault Aviation avec 25%.

Ni Bpifrance, ni l'Agence de participations de l'Etat (APE) n'étaient immédiatement disponibles pour commenter la surenchère de Thales.

ENGAGEMENT DE THALES SUR L'EMPLOI

Thales garantit en outre de préserver l'emploi dans les activités françaises de Gemalto au moins jusqu'à fin 2019, une préoccupation clé exprimée mercredi par le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire concernant un éventuel rachat de Gemalto après l'offre d'Atos.

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"La proposition de Thales, je pense qu'elle va dans le bon sens", a dit de son côté sur France 3 Christophe Castaner, délégué général de La République en Marche et secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement.

Les employés concernés par le plan social lancé récemment par Gemalto bénéficient d'un accès aux bourses de l'emploi et au programme de mobilité interne de Thales, aux mêmes conditions que les employés de Thales, précise le groupe.

"On ne pas dire qu'on se réjouisse, on prend acte, mais il y a encore un long chemin", a dit Anthony Vella, délégué syndical central de la CFE-CGC chez Gemalto regrettant le maintien du plan de social portant sur 288 postes en France, annoncé le 30 novembre.

"Je ne vois qu'un seul gagnant identifié dans ce communiqué, ce sont nos dirigeants", a-t-il ajouté. "S'il pouvait y en avoir d'autres, cela reste à démontrer, pour l'instant je ne les vois pas".

Brice Barrier, délégué syndicat de l'UNSA, premier syndicat de Gemalto, a dit à Reuters qu'il comptait demander le retrait du plan social.

Les syndicats, comme la CFDT, pointent également l'absence de mention du pôle historique de Gemalto, celui des cartes à puce.

Interrogé sur ce point, un porte-parole de Thales n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Thales, qui compte boucler l'offre au second semestre 2018, propose d'intégrer les actifs digitaux de Thales au sein de Gemalto, qui deviendra son pôle mondial de sécurité digitale avec 3,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur le marché en forte croissance de la sécurité numérique, et sera dirigé par le directeur général actuel de Gemalto, Philippe Vallée.

"Dans le numérique, nous sommes deux jumeaux, Gemalto et Thales", a fait valoir Patrice Caine.

UNE OPERATION RELUTIVE

L'acquisition de Gemalto permettra à Thales de fournir une solution à l'insertion des drones dans le trafic aérien en leur appliquant les technologies de l'internet des objets et de l'intelligence artificielle.

Dans la défense, les technologies de Gemalto permettront à Thales d'améliorer encore son offre pour la connection d'équipements sur le champ de bataille grâce à un système de "cloud" (stockage de données à distance) spécifique.

Pour s'assurer de son succès, Thales permet à Gemalto de résilier leur accord en cas de nouvelle offre qui serait formulée à un prix supérieur d'au moins 9% et s'engage à s'aligner dans ce cas-là.

"Ce projet est formidable, Philippe (Vallée) et moi avons la volonté avec l'ensemble de notre conseil d'administration de le faire aboutir, une fois que j'ai dit ça j'ai tout dit", a déclaré Patrice Caine comme seule réponse à une question sur la limite que Thales s'était fixée en cas de surenchère.

Thales estime que l'opération génèrera dès la première année une relution du bénéfice net par action ajusté comprise entre 15% et 20%, avant prise en compte des synergies annuelles, significatives en termes de revenus et évaluées à 100-150 millions d'euros en 2021 en termes de coûts.

Patrice Caine n'a pas voulu préciser à quel moment Thales avait commencé à discuter avec Gemalto, se bornant à dire que cette opération était le fruit d'une réflexion menée depuis "de nombreux mois" par Thales pour se développer dans la technologie.

Thales qui dit que son offre comprend un multiple implicite de valeur d'entreprise/bénéfice d'exploitation estimé à 17 fois pour 2018 précise qu'il financera l'offre en utilisant sa trésorerie disponible et utilisera un financement bancaire dédié d'un montant de quatre milliards d'euros, soulignant qu'il ne modifiera pas sa politique de dividende.

Lazard, Messier Maris & Associés et Société Générale sont les conseillers financiers de Thales et Deutsche Bank et J.P. Morgan ceux de Gemalto.

(Cyril Altmeyer avec la contribution de Gus Trompiz et de Caroline Pailliez, édité par Jean-Michel Bélot)

reuters.com

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