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Afrique du Sud: Malgré sa victoire, Ramaphosa risque l'enlisement

reuters.com

Publié le 19 décembre 2017 à 18:03 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:32

Malgre sa victoire, ramaphosa risque l'enlisement

Malgre sa victoire, ramaphosa risque l'enlisement

ROGAN WARD

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Alexander Winning

JOHANNESBURG (Reuters) - En remportant l'élection à la présidence de l'ANC, Cyril Ramaphosa a sans doute fait un pas décisif vers celle de l'Afrique du Sud.

Mais la joie de ses partisans s'est vite évaporée à la lecture de la composition de l'organigramme de la principale formation politique du pays, au pouvoir depuis 1994.

Vice-président du pays depuis 2014, Cyril Ramaphosa a été élu de justesse lundi au détriment de Nkosazana Dlamini-Zuma, plusieurs fois ministre et ex-épouse de l'actuel chef de l'Etat, Jacob Zuma.

Et si la victoire de celui qu'on présente parfois comme le fils préféré de Nelson Mandela a satisfait les investisseurs et les marchés financiers qui espèrent le voir relancer l'économie, la désignation de trois proches de Jacob Zuma parmi les six premiers postes de l'ANC a là encore calmé les ardeurs des uns et des autres.

Dans le camp de Cyril Ramaphosa, on fulmine après la désignation de David Mabuza et d'Ace Magashule aux postes de vice-président et de secrétaire général ainsi que devant le maintien de Nkosazana Dlamini-Zuma au vice-secrétariat général.

Les trois autres membres du "top 6" sont des proches du nouveau chef de l'ANC.

"On a commencé sur une bonne note, mais on est redescendu avec (l'annonce) du 'top 6'. Le problème, c'est que Cyril va devoir travailler avec ce collectif", déplore Sinenhlanhla Xaba, un membre de l'ANC originaire de Soweto.

UNITE PRÉSERVÉE

Cyril Ramaphosa avait une autre idée en tête, espérant notamment que Senzo Mchunu le rejoingne au secrétariat général du mouvement pour y affermir son pouvoir.

Certains analystes estiment que sa courte victoire est de nature à préserver l'unité du parti même si elle risque de compliquer la mise en oeuvre des réformes qu'il entend mener et qui pourraient se heurter au programme de Nkosazana Dlamini-Zuma, axé sur la redistribution de la richesse.

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Avant de s'installer en 2019 à la présidence sud-africaine que tout le monde lui promet, Cyril Ramaphosa devra composer avec Jacob Zuma, 75 ans, et avec les proches de ce dernier.

Malgré la multiplication des scandales financiers et les nombreuses menaces de destitution qu'il a eu à affronter, Jacob Zuma tient fermement les rênes du pouvoir, bien aidé par une popularité alimentée par le clientélisme.

Pour Lukhona Mnguni, analyste politique à l'université du KwaZulu-Natal, le résultat des élections à l'ANC est un "cadeau empoisonné" pour Cyril Ramaphosa.

"L'équipe de Ramaphosa sait qu'il ne s'agit pas d'une victoire. Il n'a pas eu ceux qu'il voulait et les espoirs d'évincer Zuma se sont évanouis", souligne-t-il.

"L'éviction de Zuma ne pourrait intervenir qu'à la faveur d'une alliance de Mabuza et Magashule contre lui, ce que je juge fort peu probable."

IMPASSE

Devant la presse, Cyril Ramaphosa a tenté de faire bonne figure, disant que la composition de l'organigramme de l'ANC reflétait la diversité du parti.

De fait, ce partage du pouvoir devrait éviter à l'ANC la scission que certains promettaient avant la présidentielle de 2019 si Nkosazana Dlamini-Zuma l'avait clairement emporté.

Dans les rangs des investisseurs, on espérait pourtant que l'élection du syndicaliste devenu richissime homme d'affaires le mette dans les meilleures dispositions pour engager les réformes qu'ils jugent indispensables au renouveau d'une économie dont la trajectoire a été sanctionnée par les agences de notation.

Nkosazana Dlamini-Zuma avait au cours de sa campagne mis l'accent sur la lutte contre les inégalités raciales tout en s'efforçant de prendre ses distances avec le bilan de son ex-époux et avec le parfum de scandale qui l'entoure.

"En l'absence de véritable victoire, que ce soit pour les motions de Cyril Ramaphosa ou Nkosazana Dlamini-Zuma, on peut craindre une impasse politique jusqu'à ce qu'un camp 'batte' l'autre", note Geoff Blount, directeur général de BayHill Capital.

Les observateurs de la vie politique sud-africaine ont désormais les yeux tournés vers le comité directeur national de l'ANC, un groupe d'environ 80 cadres chargés de piloter le parti et dont la composition sera connue dans les jours à venir.

Elle pourrait se révéler aussi morcelée que le "top 6".

(Nicolas Delame pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

reuters.com

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