Dans son message de Noël, le pape prône une solution à deux Etats en Terre sainte
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Le pape reclame une solution a deux etats en terre sainte
TONY GENTILE
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Le pape reclame une solution a deux etats en terre sainte
TONY GENTILE
par Philip Pullella
CITE DU VATICAN (Reuters) - Le pape François, dans son message de Noël, a déclaré lundi que les "vents de la guerre" soufflaient sur le monde, réclamant notamment une solution à deux Etats dans le conflit israélo-palestinien et "la paix pour Jérusalem".
Sa bénédiction "urbi et orbi" (à la ville et au monde) a permis au chef de l'Eglise catholique de passer en revue conflits et crises qui secouent la planète.
S'exprimant quatre jours aprè le vote d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies demandant aux Etats-Unis de renoncer à leur reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël, il s'est arrêté sur les tensions israélo-palestiniennes que la décision de Donald Trump a ravivées.
"Nous voyons Jésus dans les enfants du Moyen-Orient qui continuent de souffrir à cause de l'aggravation des tensions entre Israéliens et Palestiniens", a-t-il dit du balcon de la basilique Saint-Pierre.
"En ce jour de fête, demandons au Seigneur la paix pour Jérusalem et pour toute la Terre sainte", a-t-il déclaré.
"Prions pour qu'entre les parties la volonté de reprendre le dialogue l'emporte et que l'on puisse finalement parvenir à une solution négociée qui permette la coexistence pacifique de deux Etats à l'intérieur de frontières définies et reconnues internationalement."
C'est la deuxième fois que François s'exprimait en public sur la ville trois fois sainte depuis que Donald Trump, bouleversant des décennies de diplomatie américaine, a annoncé le 6 décembre que les Etats-Unis considéraient désormais Jérusalem comme capitale d'Israël.
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Ce jour-là, le pape avait lancé "du fond du coeur un appel au respect du statu quo, conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies".
DIGNITÉ DES MINORITÉS EN BIRMANIE
Plus globalement, François a appelé le monde à voir l'enfant Jésus "sur les visages des enfants" sans défense.
"Aujourd'hui, alors que soufflent sur le monde des vents de guerre et qu'un modèle de développement déjà dépassé continue d'engendrer de la dégradation humaine, sociale et environnementale, Noël nous renvoie au signe de l'Enfant, et nous appelle à le reconnaître sur les visages des enfants, spécialement de ceux pour qui, comme pour Jésus, 'il n'y a plus de place dans la salle commune'", a-t-il dit, citant un passage des Evangiles.
Le pape, qui célébrait le cinquième Noël de son pontificat, a souligné qu'il "revo(yait) Jésus dans les enfants qu'(il) a rencontrés durant (son) dernier voyage en Birmanie et au Bangladesh", exhortant la communauté internationale à faire en sorte que "la dignité des minorités présentes dans la région soit adéquatement protégée".
François, qui s'est rendu dans ces deux pays fin novembre-début décembre, faisait notamment allusion au sort des Rohingyas, cette communauté musulmane dont 650.000 membres ont fui le nord-ouest de la Birmanie vers le Bangladesh depuis la fin août.
Il a également évoqué les guerres en Syrie et Irak et le conflit au Yémen, "où, a-t-il dit, se déroule un conflit en grande partie oubliée, avec de profondes implications humanitaires sur la population qui subit la faim et la propagation de maladies".
Il a aussi abordé les crises au Soudan-du-Sud, en Somalie, au Burundi, en République démocratique du Congo, en République centrafricaine, en Ukraine et au Venezuela.
François a également prié "pour que dans la péninsule coréenne les oppositions puissent être dépassées et que la confiance réciproque puisse se développer dans l'intérêt du monde entier".
Comme il l'a fait à de multiples reprises par le passé, François a appelé le monde à voir "le drame des migrants forcés qui mettent en danger même leur vie pour affronter des voyages exténuants qui tant de fois finissent en tragédie".
Dimanche soir, durant son homélie de la messe de la nuit de Noël, il avait déjà pris la défense des migrants, les comparant à Marie et Joseph, "jeune couple qui était sur le point d'avoir un enfant" contraints de quitter leur terre et ne trouvant aucune place pour eux à Bethléem.
La foi catholique réclame de faire une place aux étrangers, avait poursuivi le chef de l'Eglise catholique.
"Dans les pas de Joseph et de Marie, se cachent de nombreux pas. Nous voyons les traces de familles entières qui, aujourd'hui, se voient obligées de partir. Nous voyons les traces de millions de personnes qui ne choisissent pas de s'en aller mais qui sont obligées de se séparer de leurs proches, sont expulsées de leur terre", avait lancé le pape François, lui-même descendant d'immigrés italiens installés en Argentine.
(Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
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