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Trump insinue qu'il n'a pas parlé de "pays de merde"

reuters.com

Publié le 12 janvier 2018 à 05:46 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:28

Trump ne veut pas des migrants venant de "pays de merde"

Trump ne veut pas des migrants venant de "pays de merde"

JONATHAN ERNST

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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WASHINGTON (Reuters) - Accusé de propos racistes, Donald Trump a reconnu vendredi avoir eu un discours musclé mais sans parler de l'immigration en provenance de "pays de merde", comme il a été rapporté.

Le sénateur démocrate Dick Durbin, qui participait jeudi soir à une réunion sur l'immigration durant laquelle le président américain, dit-il, a tenu ces propos, a certifié que Donald Trump avait bien employé l'expression.

Ce que Donald Trump n'a pas admis.

"La formulation que j'ai utilisée lors cette réunion sur le DACA était rude, mais ce n'était pas la formulation utilisée. Ce qui était vraiment rude, c'était la proposition exotique qui était faite, un revers majeur pour le DACA !", a-t-il tweeté.

Il évoquait le programme permettant à des jeunes migrants entrés illégalement sur le territoire américain avec leurs parents alors qu'ils étaient mineurs de bénéficier d'un statut protégé.

Sur le fond, il a précisé avoir rejeté le projet de réforme de ce Deferred Action for Childhood Arrivals que lui avait présenté un groupe de sénateurs démocrates et républicains à l'occasion de cette réunion à la Maison blanche.

Cette proposition aurait "forcé" les Etats-Unis à "accueillir un grand nombre de personnes venant de pays à la criminalité élevée qui ne s'en sortent pas".

Les six sénateurs - trois républicains, trois démocrates - à l'origine de ce projet travaillent depuis des semaines pour mettre au point une législation permettant d'éviter l'expulsion de quelque 700.000 jeunes "Dreamers" protégés par le statut DACA, que Donald Trump a décidé en septembre d'abroger à terme.

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Ils expliquaient avoir "conclu un accord de principe qui traite de la sécurité des frontières, de la 'loterie de la carte verte', du regroupement familial et du Dream Act".

PROPOS "RACISTES, CHOQUANTS ET HONTEUX"

Mais au-delà de l'opposition de Donald Trump à ce projet porté notamment par le républicain Lindsey Graham et le démocrate Dick Durbin, ce qui a filtré d'abord de cette réunion, ce sont les propos prêtés au président.

Il se serait demandé à voix haute si les Etats-Unis devaient accueillir des migrants en provenance de "pays de merde", visant notamment Haïti et des pays d'Afrique.

"(Le président) a fait des commentaires vulgaires et a qualifié les pays d'origine (des migrants venus d'Afrique) de 'pays de merde'. Ce sont les mots exacts du président, et il les a employés à plusieurs reprises", a dit Dick Durbin à la presse dans une vidéo diffusée par la chaîne MSNBC.

Il a ainsi confirmé ce que révélait un peu plus tôt une source proche de l'entourage de Donald Trump.

"Pourquoi voulons-nous tous ces gens d'Afrique ici ? Ce sont des pays de merde ('shithole countries')... Il nous faudrait plus de gens venant de Norvège", a déclaré le chef de la Maison blanche selon cette source.

Une seconde source a ajouté qu'il s'était aussi interrogé sur la nécessité de laisser entrer des Haïtiens aux Etats-Unis.

Après les critiques soulevées au sein même de sa famille politique, Donald Trump a été accusé par le porte-parole du Haut Commissaire de l'Onu aux droits de l'homme Rupert Colville, d'avoir tenu des propos "racistes", "choquants" et "honteux".

L'ambassadeur de Haïti à Washington, Paul Altidor, a rapporté que le président Jovénel Moïse était "choqué" et a assuré que "les Haïtiens ne méritent pas un tel traitement".

En Afrique du Sud, une responsable du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, a jugé "extrêmement insultantes" les déclarations du président américain.

"Notre pays n'est pas un pays de merde, pas plus qu'Haïti ou aucun autre pays en souffrance", a dit Jessie Duarte, secrétaire général adjointe de l'ANC.

Le Botswana et le Sénégal ont émis des protestations.

Le ministre salvadorien des Affaires étrangères a annoncé avoir envoyé aux Etats-Unis un courrier formel de protestation.

Via plusieurs messages sur Twitter, Hugo Martinez a demandé le respect de son peuple et souligné l'aide apportée par les Salvadoriens aux Américains après l'ouragan Katrina et pour reconstruire le Pentagone après les attentats du 11-Septembre.

(Susan Heavey, avec Richard Cowan et Steve Holland à Washington, Stephanie Nebehay à Genève et Ed Stoddard à Johannesburg, Danielle Rouquié, Guy Kerivel, Henri-Pierre André et Jean Terzian pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

reuters.com

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