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La majorité au défi d'assumer le "reniement" de NDDL

reuters.com

Publié le 17 janvier 2018 à 13:59 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:27

La majorite au defi d'assumer le "reniement" de nddl

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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - En abandonnant le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes au profit d'un réaménagement de celui de Nantes, le gouvernement est mis au défi d'assumer un arbitrage qualifié par ses détracteurs de "premier reniement" du quinquennat Macron.

Le verdict "d'apaisement" annoncé par le Premier ministre met fin à des décennies d'incertitudes émaillées de recours en justice, votes des collectivités locales et autre référendum sur fond de manque de courage politique de gouvernements de tous bords politiques.

"Cette décision que nous prenons aujourd'hui est une décision de raison et d'apaisement dans un contexte local tendu. Une décision exceptionnelle pour une situation locale exceptionnelle", a dit Edouard Philippe.

Le chef du gouvernement a entamé son discours en mettant en avant son choix de dénouer cet écheveau.

"Nous aurions pu faire comme les autres, comme ceux qui ne manqueront pas aujourd'hui de nous interpeller, c'est-à-dire de laisser le soin à nos successeurs de trancher le noeud gordien", a-t-il dit. Mais "nous avons décidé de trancher la question en sachant pertinemment que si la décision avait été facile, elle aurait été prise depuis longtemps, et en sachant qu'elle suscitera des oppositions tranchées et des commentaires définitifs".

La maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, a dénoncé devant la presse un "mauvais coup porté au Grand Ouest" et "un déni de démocratie", alors qu'un référendum local avait approuvé la construction de l'aéroport en juin 2016.

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Premier à exprimer sa colère, avant même l'annonce officielle de l'abandon, le président socialiste du Conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, a lui aussi eu des mots durs pour l'exécutif, accusé de "trahison".

RETAILLEAU (LR) DÉNONCE UNE "CAPITULATION"

Celui qui est aussi président du Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest, soutien de longue date de l'aéroport, y voit le "premier grand reniement" de l'ère Emmanuel Macron, entamée au printemps dernier.

Avec cette décision qui ne fait à ses yeux "que des perdants", le chef de l'Etat "piétine le suffrage universel qui est le socle de notre République et de notre démocratie."

Pour Bruno Retailleau, sénateur Les Républicains de Vendée, "c'est une décision qui va marquer un tournant dans le quinquennat d'Emmanuel Macron".

"Il cède à la violence, c'est une capitulation en rase campagne, c'est la victoire de la violence sur la démocratie", a-t-il déclaré à Reuters.

La présidence s'est défendue de tout "reniement", expliquant que la consultation populaire avait eu lieu "quand il n'y avait pas l'alternative du développement de l'aéroport de Nantes et encore moins de celui de Rennes".

En tant que candidat, Emmanuel Macron "avait dit qu'il faudrait remettre les choses à plat et prendre le temps de la décision", affirme l'entourage d'Emmanuel Macron à ceux qui accusent le président de revirement dans ce dossier.

Ce territoire qualifié de "zone de non-droit" par Edouard Philippe sera en partie évacué par les forces de l'ordre, arrivées par centaines sur place, au risque de violences.

"Les éléments les plus radicaux" seront évacués, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, confronté au spectre de l'affaire Rémi Fraisse, du nom du jeune militant écologiste opposé à la construction du barrage de Sivens, dans le Tarn, tué par la grenade d'un gendarme lors d'une intervention des forces de l'ordre en octobre 2014.

A l'image du pays, le dossier Notre-Dame-des-Landes divise la majorité.

Président du groupe La République en marche (LaRem) à l'Assemblée nationale, le député breton Richard Ferrand était favorable au projet, auquel était en revanche opposé le ministre de la Transition écologique et des Solidarités, Nicolas Hulot.

Ce dernier, qui a participé aux 107 heures d'ultimes consultations conduites sous la houlette d'Edouard Philippe, a démenti avoir mis sa démission dans la balance dans ce dossier.

Mais le militant écologiste, personnalité politique préférée des Français, se serait retrouvé dans une situation très inconfortable si le gouvernement avait décidé de construire l'équipement de Notre-Dame-des-Landes, devenu le symbole du gâchis écologique pour toute la planète "verte".

Le président de l'Assemblée nationale, député LaRem de Loire-Atlantique issu des écologistes, François de Rugy, a salué dans un communiqué une décision "claire" et "sage".

Sous couvert d'anonymat, une autre députée de la majorité opposée au projet dit regretter ce qui "aura été de toutes façons un fiasco depuis le début". A ses yeux, le choix d'Edouard Philippe met fin "à quelque chose qui n'aurait jamais dû prendre cette ampleur-là".

(Avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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