Les Equatoriens ferment la porte à un retour au pouvoir de Correa
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par Alexandra Valencia
QUITO (Reuters) - Consultés dimanche par référendum, les électeurs équatoriens ont largement approuvé une proposition empêchant la réélection illimitée dans le temps de leur chef de l'Etat, fermant la porte à un éventuel retour au pouvoir de Rafael Correa, selon un premier décompte du Conseil national électoral.
La proposition soumise à leur vote consistait à annuler la réforme constitutionnelle votée en 2015, sous Correa, qui permettait aux élus de se présenter indéfiniment. Elle a été approuvée à 64,3% des suffrages exprimés, a précisé devant la presse la présidente du CNE, Nubia Villacís.
Les résultats définitifs sont attendus dans la journée de lundi.
Elu en mai dernier à la présidence, Lenin Moreno, ex-allié de Rafael Correa, avait proposé cette révision constitutionnelle, estimant qu'elle consoliderait la démocratie dans le pays andin.
"La victoire du 'oui' nous ouvre la voie à un travail en commun, la confrontation est une chose du passé", a-t-il commenté dans les minutes ayant suivi l'annonce de la victoire du "oui".
"Les vieux politiciens ne reviendront pas, ils ont l'obligation de se renouveler", a-t-il poursuivi dans une allocution télévisée.
Durant la campagne, Moreno avait expliqué que "la corruption s'installe quand il n'existe qu'un seul gouvernement qui pense pouvoir rester éternellement".
Président de 2007 à 2017, Rafael Correa, qui envisageait de se représenter en 2021, a jugé pour sa part que ce référendum avait pour seul but de détruire son héritage.
"La lutte continue", a-t-il tweeté. "Nous ne pouvons accepter une telle rupture constitutionnelle."
Correa reste en partie populaire grâce à sa politique de redistribution des richesses en faveur des plus pauvres.
Depuis qu'il a quitté le pouvoir, l'ancien chef d'Etat vit à Bruxelles avec son épouse belge. Il est retourné plusieurs fois en janvier à Quito pour faire campagne en faveur du "non", qualifiant son successeur de "traître" cherchant à le détruire politiquement.
Six autres mesures étaient soumises à l'approbation des Equatoriens, parmi lesquelles de nouvelles mesures anti-corruption et une limitation de l'exploitation minière et pétrolière pour préserver l'environnement. Elles ont également été approuvées, selon le premier décompte du CNE.
(Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)
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