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Macron exclut toute "amnistie" en Corse

reuters.com

Publié le 06 février 2018 à 12:32 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:21

Macron exclut toute "amnistie" en corse

Macron exclut toute "amnistie" en corse

BENOIT TESSIER

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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AJACCIO (Reuters) - Emmanuel Macron a exclu mardi toute "amnistie" des prisonniers corses et affiché sa volonté de conserver la Corse dans le "giron de la République", lors de la commémoration de l'assassinat du préfet Claude Erignac par un commando nationaliste il y a vingt ans.

"La Corse, terre de fierté et de dignité, a été salie par ce crime", a estimé le chef de l'Etat à Ajaccio, lors de sa première visite officielle dans l'île, estimant que les Corses refusaient qu'on l'habille du "bon nom de résistance".

La "justice de la République a été rendue et elle sera suivie, sans complaisance, sans oubli, sans amnistie", a assuré le chef de l'Etat devant la veuve et les deux enfants du préfet, balayant sous les applaudissements une des revendications majeures des nationalistes au pouvoir.

Rendant hommage à son époux - "un homme de dialogue et de paix" -, Dominique Erignac a elle espéré "que la République ne faiblira jamais en Corse, j'espère que nous n'aurons jamais à dire : 'donner raison aux criminels est un crime'".

Interrogé par Reuters, le président de la collectivité territoriale de Corse, Gilles Simeoni, présent à la cérémonie, s'est refusé à commenter ces déclarations dans l'immédiat.

Le président de l'Assemblée de Corse, l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, qui avait suscité l'ire de Paris à l'époque en condamnant l'assassinat "mais pas les auteurs", n'était lui pas présent à la cérémonie.

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"Ce qui s'est passé ici ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s'explique pas, ce fut un assassinat, un attentat", a souligné Emmanuel Macron, en présence de Gilles Simeoni, l'avocat qui avait défendu devant la justice Yvan Colonna, condamné définitivement pour l'assassinat du préfet Erignac.

"Un tel acte n'a rien à voir avec une prétendue lutte de libération, c'est un de ces actes de terrorisme dont notre nation eut encore récemment à subir la barbarie."

Le 6 février 1998, un commando armé tirait trois balles dans le dos du préfet de Corse Claude Erignac. Yvan Colonna, présenté comme le tireur, -ce qu'il a toujours nié -, qui s'était soustrait à la justice pendant quatre ans a été finalement définitivement condamné en 2011 à la perpétuité.

"ROMPRE AVEC LES FAUX-SEMBLANTS"

Aujourd'hui, trois membres de l'affaire Erignac sont toujours détenus. La question de leur rapprochement au sein du centre de Borgo avait été rejetée par tous les gouvernements.

Dans l'entourage d'Emmanuel Macron, on évoque comme signe d'apaisement le transfèrement de "huit détenus" à l'exclusion du trio, (sans reconnaître qu'ils sont des "prisonniers politiques", ainsi que les qualifient les nationalistes).

Interpellé dans la rue par la femme d'Yvan Colonna, qui souhaite que son fils puisse voir son père détenu à Arles, Emmanuel Macron a assuré que des mesures seraient prises pour que "chaque personne puisse être dans la République traitée de manière humaine" et que "les personnes qui sont détenues dans notre pays puissent voir leur famille."

Le chef de l'Etat, qui est resté relativement discret sur ses intentions pour la Corse depuis son élection, doit rencontrer dans la soirée Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni qui devraient porter une nouvelle fois leurs revendications.

Les nationalistes demandent notamment l'instauration d'un statut de résident pour l'accès à la propriété, d'un statut fiscal dérogatoire, la reconnaissance du peuple corse et l'officialisation de sa langue, ainsi que le rapprochement puis l'amnistie des prisonniers dits politiques.

Le droit à l'expérimentation accordé par la constitution aux collectivités territoriales leur permet actuellement d'expérimenter des processus adaptés pendant plusieurs années avant une éventuelle généralisation et le rapprochement des prisonniers se fera au cas par cas, a dit le gouvernement, qui refuse toutefois la "co-officialité" de la langue corse.

"La République doit conserver cette ambition de ménager à la Corse un avenir qui soit à la hauteur de ses espérances, sans transiger avec les requêtes qui la feraient sortir du giron républicain", a déclaré Emmanuel Macron.

"Je suis ici pour rompre avec les faux-semblants et reprendre le chemin de la franchise, de la responsabilité et la construction de l'avenir, sans non-dits et sans détours."

(Paul Ortoli à Ajaccio, Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey à Paris, édité par Yves Clarisse et Caroline Pailliez)

reuters.com

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