Kim Jong-un invite le président sud-coréen à une rencontre
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par Hyonhee Shin et James Pearson
SEOUL (Reuters) - Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a invité le président sud-coréen Moon Jae-in à se rendre à Pyongyang pour une rencontre qui serait une première entre les dirigeants des deux pays depuis plus de dix ans, a annoncé la présidence sud-coréenne samedi.
Cette invitation a été transmise par Kim Yo-jong, la soeur cadette de Kim Jong-un, lors d'un déjeuner avec le président Moon à la Maison bleue, la présidence sud-coréenne, a précisé un porte-parole ajoutant que le leader nord-coréen souhaitait que cette rencontre ait lieu "à une date proche".
Un responsable de la Maison bleue a déclaré que le président Moon avait "pratiquement" accepté l'invitation.
En quittant Séoul pour rentrer aux Etats-Unis, le vice-président américain Mike Pence a dit avoir été informé par Moon de la teneur des discussions et a réaffirmé la détermination de Washington à maintenir la pression sur Pyongyang.
"Il n'y a aucune divergence entre les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon sur la nécessité de continuer à isoler économiquement et diplomatiquement la Corée du Nord jusqu'à ce qu'elle renonce à ses programmes nucléaire et balistique", a insisté Mike Pence.
Une visite de Moon en Corée du Nord représenterait un succès diplomatique pour le président sud-coréen car cela constituerait le premier sommet entre les deux Etats depuis 2007.
A Pyeongchang où se déroulent les Jeux, Moon a assisté dans la journée de samedi à un match opposant l'équipe féminine coréenne de hockey sur glace - la première équipe conjointe aux deux Corées aux J.O - affronter la Suisse. Y ont assisté également le président du Nord, Kim Yong-nam, et la soeur cadette de Kim Jong-un.
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Le président Moon a accédé l'an passé à la tête de la Corée du Sud sur sa promesse d'une politique d'ouverture à l'égard de la Corée du Nord.
Premier membre de la dynastie des Kim à se rendre au Sud depuis la guerre de Corée (1950-53), Kim Yo-jong est arrivée vendredi en Corée du Sud où elle a assisté à la cérémonie d'ouverture des Jeux d'hiver. Le vice-président américain, Mike Pence, était également présent mais a évité tout contact avec la délégation nord-coréenne.
DÉFILÉ COMMUN
Les deux Corées ont fait défiler leurs délégations sous la bannière de la réunification lors de la cérémonie à Pyeongchang, à 80 km de la ligne de démarcation séparant les deux Corées, tandis que Moon Jae-in et Kim Yo-jong échangeaient une poignée de mains remarquée.
Elu en mai dernier, Moon Jae-in, qui est favorable à une reprise du dialogue avec le Nord, n'a pas épargné ses efforts pour que les Jeux de Pyeongchang, qui s'achèveront le 25 février, permettent d'atténuer les tensions dans la péninsule coréenne autour des ambitions nucléaires et balistiques de Pyongyang.
A son entrée samedi dans la salle de la Maison bleue à Séoul, où l'attendait Kim Yo-jong et les autres membres de la délégation de Pyongyang, le président sud-coréen leur a dit, devant les caméras de télévision, avoir apprécié qu'ils aient assisté dans le froid à la cérémonie d'ouverture des Jeux. "Vous allez tous bien ?", s'est-il enquis auprès d'eux avant que les journalistes soient évacués de la pièce.
Outre la soeur de Kim, le régime de Pyongyang était également représenté par Kim Yong-nam, le président du présidium de l'Assemblée populaire suprême qui fait office de chef d'Etat protocolaire de la Corée du Nord, a précisé la Maison bleue.
La délégation du Sud comprenait le conseiller à la sécurité nationale de Moon, Chung Eui-yong, son directeur de cabinet Lim Jong-seok et le ministre de l'Unification, Cho Myong-gyon.
UNE ÉMISSAIRE DE CHOIX
Cette rencontre de haut rang marque l'apogée de plusieurs mois d'un travail engagé par l'équipe de Moon depuis son élection tandis que le ton montait entre Pyongyang et Washington et que les tensions s'accumulaient dans la péninsule, où la Corée du Nord a procédé à son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour, en septembre dernier et testé fin novembre un missile balistique intercontinental théoriquement capable de frapper les Etats-Unis.
Même si elle occupe un rang protocolaire inférieur à celui de Kim Yong-nam, la venue de Kim Yo-jong en Corée du Sud est symboliquement plus spectaculaire parce qu'elle est le premier membre de la famille des maîtres de la Corée du Nord à se rendre au Sud depuis la fin de la guerre mais aussi parce que son frère l'a promue au sein des arcanes du pouvoir, la nommant en octobre dernier membre suppléante du Politburo.
Kim Yo-jong, âgée de 28 ans, dirige aussi le département chargé de la propagande et de l'agitation du Parti des travailleurs, le parti unique de la République populaire démocratique de Corée.
Comme Kim Jong-un, sa mère est la quatrième épouse de Kim Jong-il, Ko Yong Hui. Comme son frère aîné, elle a semble-t-il effectué une partie de ses études en Suisse. D'après un ancien cuisinier japonais de leur père, Kenji Fujimoto, qui les avait surnommés "le prince et la princesse", ils étaient tous deux les favoris de Kim Jong-il.
"En vertu de ses liens familiaux, elle est parmi les interlocuteurs les plus crédibles que la Corée du Nord ait envoyés en émissaire. S'il y a un message à transmettre à la Corée du Sud ou aux Etats-Unis, elle est largement bien placée pour le faire", souligne Christopher Green, spécialiste des affaires coréennes au sein de l'International Crisis Group.
Ses attributions lui ont cependant valu d'être placée sur une liste noire du département américain du Trésor pour censure et graves atteintes aux droits de l'homme.
(avec James Pearson à PyeongchangHenri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)
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