Un rapport sensible sur la SNCF remis jeudi
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Un rapport sensible sur la sncf remis jeudi
Stefano Rellandini
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Un rapport sensible sur la sncf remis jeudi
Stefano Rellandini
PARIS (Reuters) - Le rapport qu'attend le gouvernement pour préparer son ambitieuse mais très sensible réforme de la SNCF sera rendu jeudi, a fait savoir lundi le Premier ministre français.
Edouard Philippe a fait cette annonce à l'issue d'une rencontre à huis clos avec une quinzaine d'agents de la compagnie ferroviaire à Paris, sans rien dévoiler des projets de l'exécutif en la matière.
Le chef du gouvernement ne se prononcera sur le fond qu'après avoir pris connaissance des conclusions de l'ancien PDG d'Air France Jean-Cyril Spinetta, à qui est revenue en septembre la mission de réfléchir à l'avenir de l'entreprise publique.
"La phase qui s'ouvre, qui est importante pour le transport ferroviaire français, est une phase qui va exiger des décisions, il y en aura, qui va exiger un débat, il y en aura", s'est borné à dire le Premier ministre.
Le chantier confié à Jean-Cyril Spinetta consiste à "préparer une stratégie d'ensemble pour refondre le modèle du transport ferroviaire", selon les termes de la lettre de mission qui lui a été adressée en octobre.
Au nombre des défis à surmonter figurent la dette colossale de la SNCF de l'ordre de 45 milliards d'euros aujourd'hui et l'ouverture à la concurrence, susceptible de bouleverser le paysage ferroviaire français à moyen terme.
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La mise en concurrence, telle qu'elle est prévue dans les textes européens, doit commencer dès 2019 et s'achever au plus tard en 2023 pour les lignes subventionnées.
Statut de l'entreprise, sort des cheminots, dessertes à privilégier, fin du monopole : en un peu plus de quatre mois, l'ex-patron d'Air France a dû passer en revue tous les sujets potentiellement explosifs.
La date de remise qui avait été fixée à l'origine "au plus tard" en janvier a été repoussée de quelques semaines.
RIPOSTE "CINGLANTE" DES SYNDICATS ?
L'exécutif s'inspirera de ses conclusions pour rédiger son projet de loi d'orientation des mobilités, annoncé pour le mois d'avril, qui comportera d'autres chapitres tout aussi lourds, comme le devenir des grands projets d'infrastructure.
Emmanuel Macron avait levé à l'été un début de voile sur ses intentions lors d'une rencontre avec des salariés où il avait appelé la SNCF à se "réinventer".
"Je pense que le modèle sur lequel on a vécu, le mythe de la SNCF, n'est pas celui sur lequel on construira la SNCF du XXIe siècle", avait alors déclaré le chef de l'Etat.
Il avait également laissé entendre que l'Etat pourrait reprendre tout ou partie de sa dette en échange d'une modernisation de l'entreprise passant, entre autres, par une suppression des régimes spéciaux de retraite, un point particulièrement épineux.
Ces déclarations ainsi que le contenu de la lettre de mission remise à Jean-Cyril Spinetta ont alimenté l'inquiétude des syndicats.
"Si on attaque tous azimuts les retraites, le statut, l'ouverture à la concurrence, évidemment qu'il y aura une riposte et je pense qu'elle pourra être cinglante", prévient Fabien Dumas, secrétaire fédéral de SUD-Rail, joint par Reuters.
"Le rapport ne laissera pas les cheminots indifférents", a pour sa part estimé Roger Dillenseger, de l'Unsa ferroviaire, à qui Jean-Cyril Spinetta a présenté ses pistes lundi.
La CGT avait prévu d'organiser une première manifestation jeudi dernier à Paris en guise de tir de sommation, une mobilisation finalement reportée pour cause de chutes de neige.
Le dossier ferroviaire est loin d'être anodin pour le gouvernement au moment où montent les mécontentements sur le front social, dans les secteurs de la santé ou de la sécurité.
(Simon Carraud, édité par Julie Carriat)
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