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A un an de l'échéance, le Brexit polarise encore les Britanniques

reuters.com

Publié le 28 mars 2018 à 10:23 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:09

A un an de l'echeance, le brexit polarise encore les britanniques

A un an de l'echeance, le brexit polarise encore les britanniques

HANNAH MCKAY

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Elizabeth Burden

GREAT YARMOUTH, Angleterre (Reuters) - Darran Nichols-George vend des fruits de mer à Great Yarmouth, une ville balnéaire sur la mer du Nord à 200 km au nord-est de Londres dans l'une des dix régions britanniques les plus favorables au Brexit.

A un an de la sortie du Royaume-Uni du bloc communautaire, le 29 mars 2019, il ne veut plus entendre se plaindre les partisans du maintien au sein de l'Union européenne.

"En fin de compte, on vit dans une démocratie. On a voté pour sortir, donc on va sortir", tranche ce commerçant de 51 ans.

Darren Nichols-George fait partie des 17,4 millions de Britanniques qui ont voté en faveur du Brexit lors du référendum de juin 2016, contre 16,1 millions ayant choisi de rester.

Depuis cette date, la question du Brexit continue régulièrement de faire les gros titres de la presse, des négociations ardues avec Bruxelles aux fuites de rapports gouvernementaux anticipant une détérioration de la situation économique du Royaume-Uni.

De récentes allégations selon lesquelles la campagne en faveur de la sortie de l'UE aurait été illégalement financée ont ravivé le souvenir de l'âpre bataille du référendum.

Mais en dépit des discussions à la Chambre des communes et des pages d'analyse dans les journaux, l'opinion des électeurs britanniques n'a guère évolué et semble plus enracinée que jamais.

"Les gens se classent en tant que 'Leavers' (pro-Brexit) ou 'Remainers' (pro-UE) et suivent les développements en fonction de cette perspective", relève Sara Hobolt, politologue à la London School of Economics. Elle estime que 80 à 90% des Britanniques n'ont pas changé d'avis depuis 2016.

"QU'ON PARTE TOUT DE SUITE, SANS TRAÎNER"

Certaines personnalités politiques, comme l'ancien Premier ministre Tony Blair, réclament un nouveau référendum sur l'accord définitif que Londres conclura avec l'UE, afin que chacun puisse décider en pleine connaissance du résultat. Mais les sondages et les études suggèrent qu'il n'existe pas un vaste mouvement d'opinion en faveur d'un second vote.

Même si une nouvelle consultation était organisée, les enquêtes montrent que partisans et adversaires du Brexit campent sur leurs positions et qu'un vote pourrait aboutir au même résultat qu'en 2016.

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"Tony Blair ferait mieux de se mêler de ses affaires", estime Michael Cutting, un retraité de 68 ans qui a voté pour la sortie du Royaume-Uni.

Son avis est largement partagé à Great Yarmouth, une ville au fort taux de chômage qui compte le plus faible pourcentage de diplômés de l'université du pays (14,2%).

En 2016, 71,5% des électeurs de la station balnéaire ont voté pour quitter l'UE.

"Je pense qu'on devrait tous partir tout de suite, sans traîner", dit Philip Blake, un boucher de 60 ans. "Ça dure depuis trop longtemps maintenant. Qu'on parte. Hard Brexit, peu importe, je m'en fiche."

A 34 km de là, dans la ville universitaire de Norwich, le sentiment vis-à-vis de l'Europe est à l'opposé mais l'intransigeance est la même.

"Je déteste le Brexit, vraiment", déclare Gaye Sorah, 59 ans, au bord des larmes à la pensée du vote de 2016. "A un an de la sortie, c'est une catastrophe. Je voudrais juste remonter le temps."

"UN TUNNEL DONT ON NE VOIT PAS LE BOUT"

A Norwich, 56% des électeurs ont voté pour le "Remain". Dans leur épicerie, Gareth Butcher, 69 ans, et Jane Wirgman, 66 ans, ont placardé des affiches pro-UE.

"Je ne vois aucun avantage à partir, et sûrement pas en rêvant aux empires passés", souligne Gareth Butcher. "Je n'ai absolument pas changé d'avis et c'est une source d'amusement pour moi de voir qu'au fur et à mesure que les conséquences se précisent (...), beaucoup de gens commencent à réfléchir."

Même s'il fait figure d'exception à Great Yarmouth, Robin Platten juge qu'il a fait une erreur en votant pour le Brexit.

"C'est un énorme tunnel dont on ne voit pas le bout, en ce qui me concerne. Je pense qu'on pourrait nous donner une deuxième chance. Mais je ne crois pas que cela se produira."

Même les partisans du "Remain" préfèrent tourner la page.

"Je crois qu'il faut faire avec", estime ainsi Kathryn Fabian, une étudiante de Norwich. "Nous avons eu notre mot à dire. Une décision a été prise. Il faut qu'on passe à autre chose."

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

reuters.com

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